WtlttOIRES COURONNtS
ET
MtMOIRES DES SAVANTS fiTRANGERS,
I'l I,I.M\ PAR
L'ACADEMIE ROYALE
DBS SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQCE.
MMOIRES COURONNES
ET
MEMOIRES DES SAVANTS ETRAINGERS,
rulings I
L'ACADEMIE ROYALE
DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE.
TOME XXIV. 1850-1851.
BRUXELLES,
M. HAYEZ, IMPR1MEUR DE L'ACAD^MIE ROYALE.
1852.
TABLE
DBS MI MOII-.I s CONTENUS DANS LE TOME XXIV.
CLASSE DES SCIENCES.
MI Mumrs UES SAVANTS ETRANCERS.
l'lininmiMic< de persistance des impressions de la lumiere sur la ratine; par M. Ch. Montigny.
Melanges paleontologiques; par M. le baron P. dcRyckholt.
Description des Entomostrace's fossiles des terrains lertiaires de la France et de la Belgique ; par
M. J. Bosquet.
CLASSE DES LETTRES.
MLMOIUES COURONNtS.
M&noire sur Demetrius de Phalere, considerc comme orateur, homme d'Elat, 6rudit et philoso-
phe; par MM. S.-J. Legrand et F. Tychon.
MMOIRES DES SAVANTS STRANGERS.
Histoirc des compagnies militaires de Namur; pnr M. Jules Borgnet.
PHENOMfcNES
PERSISTANCE DES IMPRESSIONS
LA LIMIERE SUR LA RETINE;
M. CH. MONTIGNY,
I'hOI hSSEI H DC PHYSIQUE I l.'lTULMKK DE NAILK.
TOMK XXIV.
PHENOMENA
in
PERSISTANCE DES IMPRESSIONS
LA LUMIERE SUR LA RETINK.
Si Ton fait tourner rapidement autour de son centre un cercle, partage
en secteurs proportionnels aux espaces occupes par les sept couleurs du
spectre , les secteurs etant revetus de ces couleurs disposees dans le mSme
ordre; quand la vitesse de rotation est suffisante, les couleurs particulie-
res des secteurs s'evanouissent, et le cercle se rev6t d'une teinte grisatre
uniforme. Cette experience prouve tout a la fois la persistance des sen-
sations lumineuses sur la retine, et la reproduction de la lumiere blanche
par la superposition des impressions des couleurs qui composent le spec-
tre solaire.
La teinte dont le cercle se revet n'est pas absolument blanche, attendu
que les couleurs artiflcielles des secteurs ne peuvent offrir ni 1'homoge-
neite, ni la degradation, ni 1'e'clat relalif des couleurs du spectre. Mais,
si ces conditions etaient remplies, la reproduction de la lumiere blanche
serait parfaite. Ce resultat s'obtient en faisant tourner un prisme refrin-
gent, traverse par un rayon solaire, autour d'un axe perpendiculaire a
ses bases triangulaires : quand le mouvement est assez rapide , le spectre
laisse une trace parfaitement incolore a son passage sur un ecran. Cetle
experience reussissant aussi bien par la rotation du prisme a la main qu'en
4 IMPRESSIONS DE LA LUMIERE
le faisant tourner a 1'aide d'un mouvement d'horlogerie, elle pourrait
remplacer celle du disque colore.
Lorsque la vitesse de rotation du prisme n'atteint pas une valeur deter-
minee, la trace du spectre mobile sur 1'ecran n'est plus incolore; elle est
revetue de ses couleurs naturelles. Cette apparition depend des conditions
de persistance des impressions des differentes couleurs que nous devons
chercher a etablir. Quand la vitesse de rotation est faible, il est evident
qu'il s'ecoule un intervalle de temps plus long entre les passages de deux
rayons differents du spectre au meme point de 1'ecran, et, par consequent,
au meme lieu de la retine; il doit done y avoir une limite de vitesse ou
1'impression, produite par le premier rayon, est entierement effacee a
1'instant ou celle du second rayon est excitee egalement au meme point.
Avec cette condition de vitesse ces impressions sont percues separement ,
et 1'ceil n'eprouve pas la sensation qui resulterait de leur superposition, de
sorte que chacune d'elles est percue distinctement des autres. Si cet effet
a lieu pour les impressions de toutes les couleurs, le spectre, quoique
mobile, accusera necessairement toutes celles-ci. Nous ferons une obser-
vation importante : le phenomene ne doit pas dependre seulement du temps
pendant lequel chaque impression dure en totalite , c'est-a-dire de 1'in-
tervalle qui s'ecoule depuis son excitation jusqu'a son extinction com-
plete, mais aussi de 1'intervalle de temps pendant lequel 1'impression de
chaque couleur se conserve sans perte notable. En effet, supposons pour
fixer les idees, que le spectre marche 1'extremite violette en avant; cette
couleur sera la premiere a exciter une impression en un lieu quelconque
de son passage sur la retine; or, si le prisme tourne avec une faible vi-
tesse, il peut arriver qu'au moment ou le rayon rouge, par exemple,
atteindra le meme lieu de la retine , 1'impression du rayon violet s'y trouve
notablement affaiblie, sans cependant qu'elle soil eteinte. Dans cet etat
d'affaiblissement , 1'impression violette ne se melera plus avec celle du
rayon rouge, plus recente, dans le meme rapport d'intensite que si la su-
perposition de ces deux impressions avail lieu, apres un intervalle de
temps beaucoup plus court, a partir de 1'origine de la premiere de ces
impressions. Les impressions des autres couleurs eprouvant des affaiblis-
SUR LA RETINE. 5
sements de mdrne espece que celui de 1'impression violette, avant que toute
la longueur du spectre ait passe au m&me point de la retine , il est evi-
dent que ces aflaiblissements partiels, resultats d'une vitesse de rotation
du prisme trop faible, contribueront a la perception distincte des couleurs
du spectre dans les conditions on la trace de celui-ci en parait revenue.
Nous devons nous deraander si, dans cette experience, les impressions
des differents rayons du spectre se conservent sans perte sensible pendant
le me'me intervalle de temps pour toutes. Des experiences de M. Plateau
sur les couleurs artificielles 1'ont conduit a admettre des valeurs de eel
intervalle variant selon la nature des couleurs : ainsi, il a reconnu que,
pour un papier de couleur jaune, ce temps est un peu plus grand que
pour un blanc, qu'il est plus grand encore pour un papier rouge, et plus
encore pour un bleu. L'extension de ce resultat aux impressions des cou-
leurs du spectre est d'autant plus permise que, d'une part, M. Plateau a
e'galement etabli en principe que I'intervalle de temps pendant lequel une im-
pression se conserve sans perle sensible, est d'autant plus grand que 1'impression est
moins intense; et que, d'autre part, il resulte des experiences de M. Ed.
Becquerel sur les pouvoirs eclairants des rayons du spectre, qu'ils sont
tres-difte rents 1'un de 1'autre (Traite de physique de Becquerel, t. II, p. 515).
Ces resultats conduisent a cette consequence que I'intervalle de temps
pendant lequel les impressions des couleurs du spectre se conservent sans
perte sensible, varie de 1'une a 1'autre. J'aurai occasion deciter un moyen
qui pourrait etre employe pour la determination de ces diflerentes va-
leurs.
Des 1'instant ou la vitesse de rotation du prisme atteint la limite minima
pour laquelle la trace du spectre est incolore, la duree du passage du spec-
tre suivant sa longueur, en un meme point de 1'ecran, est une limite
maxima t de temps que ne peut surpasser toute autre duree de passage
des rayons, sans donner lieu a une perception distincte des couleurs; car
a une duree de passage superieure a /, doit correspondre une vitesse de
rotation moindre, et, par consequent, une apparition des couleurs du
spectre sur 1'e'cran.
La determination de la valeur i serait utile a 1'etude de certains
IMPRESSIONS DE LA LUMIERE
phenomenes de la lumiere, par exemple, celui de la scintillation des
etoiles ; en effet , quelle que soit la cause du changement de couleur
instantane des etoiles dans les circonstances ou cette particularite du
phenomene se manifesto, la couleur dont 1'etoile se revet instantanement
ne peut etre percue par 1'oeil que pour le cas ou les couleurs, comple-
mentaires de cette teinte, font defaut pendant un intervalle de temps plus
long que 1'intervalle maxima t, approprie en valeur aux conditions d' eclat
ou le phenomene est percu par 1'oeil. Si les impressions des couleurs com-
pleraentaires succedaient a celles de la teinte particuliere apres un in-
tervalle de temps moindre que f, il est evident que la superposition de
toutes ces impressions reproduirait la lumiere blanche, ou plutot la cou-
leur naturelle de 1'etoile.
Quoique le dispositif des premieres experiences que j'ai faites pour
determiner t, laisse a desirer, je crois devoir exposer succinctement le
principe de cette determination. Soient A B C la sec-
tion principale d'un prisme refringent, tournant au-
tour d'un axe dont la trace est D; m i un rayon de
lumiere blanche, tres-mince, penetrant dans 1'inte-
rieur du prisme en i, et s'y refractant suivant i o. Du
point o ou le rayon emerge, celui-ci se disperse sur
1'ecran E F ou il etale le spectre r v. Supposons que
le prisme tourne dans le sens G A avec la vitesse mi-
nima pour laquelle I'image r v reste parfaitement in-
colore; en designant par e la longueur r v du spectre
sur 1'ecran, il est facile de voir qu'un espace r v sera
parcouru uniformement par 1'extremite d'un rayon
quelconque avec la vitesse V sur 1'ecran , pendant
1'intervalle de temps maxima , et qu'ainsi on aura 1'equation :
e-=\.t.
Si le rayon o i passe dans I'interieur du prisme par le prolongement D
de 1'axe de rotation, il peut etre considere comme tournant autour de ce
point pris pour centre. Si , de plus, le rayon emergent D r, de longueur
SUR LA RETINE. 7
egale a R , se trouve de direction perpendiculaire au plan E F de 1'ecran ,
la circonference n2R, decrite pendant un temps T, avec la vitesse V, a
la distance R, a pour expression :
T2R = V.T.
De cette expression et de la precedente, on deduil :
L
= IT T*'
Cette expression serait rigoureusement exacte, si la vitesse V etait absolu-
ment celle du rayon emergent a la distance R sur 1'ecran , comme elle est
reellement la vitesse de rotation du prisme , mesuree a la meme distance
R. Mais il est facile de voir que le mouvement angulaire du rayon lumi-
neux Emergent est moindre que celui du prisme; et que, si sur une des
faces de celui-ci on eleve une normale de longueur R a partir de 1'axe
de rotation , son extremite decrira un arc z de longueur plus grande que
Tare e, decrit, dans le meme temps, sur 1'ecran par le rayon emergent.
a Pour reconnaitre cette difference de mouvement,
designons par Tangle d'incidence du rayon lu-
mineux m I, mesure par son ecarlement de la nor-
male m n; par y Tangle d' emergence q o E du rayon
o E; 5 et n exprimant, respectivement, Tangle re-
fringent B et Tindice de refraction de la substance du prisme. Les gran-
deurs des angles a et
> varient en sens
contraires ; ainsi, quand Tangle augmente, par suite de Tecartement du
rayon incident de la normale m n, le rayon o E, au contraire, se rap-
proche de la normale o ' Tangle d' emergence,
correspondant a a et diminue relativement a y; Texces de la valeur sin. a
sur celle de sin. , quantite's respectivement exprimees en fonction de cos. B,
?i, sin. y, sin. y', cos. y, cos. v>r-i II.IIMI. D'tRTILlERIF. , i IIM.lI.IhH DK t'llRDBC LEOPOLD.
\ PARTIE.
\ < DIX P L A .1 C H K .
N'y auralt-il pas aim! pour 1'honime quelque gloire -i
MTolr franchir les li mites du tempi el A rctrourer, uu
moyen de quelqucs obstrralions , 1'bittuire de ec monde
el UDC sueccMloo d'evttaemeou qui oot premie 1'bomnir
SUP la Mrre?... C'est encore par 1 fussilo que nous avons
rcconnu le pea que QOU* savoai sur ta oalurc de* revo-
lutions du (tlobe. (i;tvir i
TOME XXIV.
INTRODUCTION.
La pal&mtologie , si intimement liee a la geologie que, sans son con-
cours, Ton ne saurait preciser 1'age relatif des terrains, s'est enrichie,
depnis quelques annees, d'une somme d'observations telles que, sans
craindre d'etre taxe d'exageration, 1'on peut avancer qu'elle est passee a
1'etat de science exacte; cependant, malgre les principes rigoureux qui la
regissent, nous avons vu frequemment, dans les derniers temps, des sa-
vants de grand merite, auxquels la science doit d'incontestables services,
deroger a ces principes , au risque de la ramener a 1'etat d'enfance d'ou
elle sort a peine, apres avoir eu a lutter, pendant des siecles, contre de
nombreux prejuges. Des observations consciencieuses , faites sur une
grande echelle, ont demontre, presque mathematiquement, que chaque
e'tage renferme dans son sein une animalisation distincte de celle qui
vecut, soil dans la couche sur laquelle il repose, soit dans celle qui
lui est geologiquement superposee. Tout tend done a prouver qu'i la
suite de chacun des nombreux bouleversements, qui ont tant de fois
change la face de notre globe, la race animale entiere a etc detruite, soit
que les mers aient change de lit, soit que les conditions d'existence aient
ete modiflees par Talteration chimique ou physique des eaux.
Penetre de cette certitude, je me suis demande d'ou pouvait, dans
4 INTRODUCTION.
1'elat actuel de nos connaissances , provenir la confusion qui regne encore
dans la determination des especes et la persistance de certains geo-zoolo-
gues a assimiler des etres qui ont vecu sous deux epoques geologiques
consecutives , ou sous plusieurs epoques tres-eloignees. J'ai cherche, en
reunissant le plus grand nombre possible de ces etres privilegies , a m'as-
surer, par une comparaison severe, si cette identite etait fondee sur des
donnees irrecusables. II en est resulte pour moi la profonde conviction
que cette identite n'existait jamais, dans la rigoureuse acception du mot;
j'ai toujours reconnu que souvent des caracteres tres-tranches et d'autres
fois plus legers , mais constants , separaient nettement les especes preten-
dues identiques.
Parmi les causes nombreuses qui ont le plus particulierement con-
tribue a engendrer la perturbation que nous venons de signaler, en dehors
des causes systematiques, nous avons reconnu les suivantes : Absorbes
dans le travail du cabinet, les savants se sont souvent bornes a acquerir
des fossiles , sans s'enquerir, auprealable, si les terrains dans lesquels
ils avaient ete recueillis n'avaient pas subi quelque remaniement; ainsi,
pour n'en citer qu'un exemple, celui qui voudrait decrire les fossiles
cretaces de Tournay, sans savoir que la craie repose sur le calcaire car-
bonifere, s'exposerait a signaler comme telles des especes eminemment
carboniferes. L'on conceit, en effet, que les coquilles deposees dans 1'ar-
gile laissee a sec, apres que les mers carboniferes se furent retirees,
aient du se meler a celles des couches inferieures du terrain turonien,
lorsque les mers, a la suite des siecles, ont repris possession du meme
terrain et detrempe 1'argile qui les empatait. Nous avons deja eu occasion
de signaler le singulier melange de fossiles carboniferes et devoniens ren-
contre, depuis deux ans, a Vise, et nous y reviendrons encore plus
tard , en trailant brievement de la geognosie de cette localite. Celui qui
explore un depot fossilifere doit done, avant tout, s'assurer si les
INTRODUCTION. 5
fossiles il'iin terrain ne se sont pas m6les a ceux de la couche inferieure
du terrain superposant. Souvent aussi, n'appreciant les fossiles que
d'apres des figures incorrectes ou des descriptions inexactes et tron-
quees, les savants ont assimile des especes dont ils ne pouvaient suili-
samment comparer entre eux les angles spiral, sutural et apicial, ni
saisir les legeres differences dans les ornements, dans la forme des tours
spiraux,et surtout des lignes d'accroissement 1 , que 1'expression , ni le
burin ne sauraient loujours rendre et que Ton doit necessairement ap-
precier, quelque minimes qu'elles soient d'ailleurs, lorsqu'il s'agit de
comparer entre eux des fossiles d'ages differents; parce que, dans ce cas,
il importe moins de faire ressortir 1'affinite plus ou moins grande qui
peut exister entre les especes, que les differences saisissables. Nous in-
sistons d'autant plus sur ce principe fondamental, qu'il est generale-
ment reconnu qu'il existe une certaine analogic entre les etres compris
dans la creation de deux epoques geologiques consecutives , dont cha-
cune, tout en ayant sa faune distincte, conserve des reminiscences de la
creation anterieure et prepare, en quelque sorte, les types de celle qui
doitlui succeder; au surplus, qui n'a pas ete frappe de 1'analogie typique
qui existe entre les coquilles tertiaires et celles dont les animaux vivent
dans les mers actuelles?
D'autres fois, n'ayant egard qu'a 1'aspect mineralogique des couches,
les auteurs n'ont pas rapporte a leur age veritable les fossiles qui y etaient
ensevelis; la Belgique, 1'Allemagne, la France nous en fournissent de
nombreux exemples , et il suffira de lire quelques-uns des memoires qui
1 Les lignes d'accroissement fournissent souvent un excellent moyen dedistinguer deux especes.
d'ailleurs fort voisines, mais appartenant a des terrains diffirents; nous ne citerons que les sui-
vantcs: Spirifer cheiroplerix et Euomphalus serpula de MM. d'Archiac et de Verneuil, especes
riiiiiiriiiiin'Mi de'voniennes qui ont rir assimile^s a tort & des coquilles carboniferes tres-voisines
par leur facies ext^rieur, mais fort distinctes par Icur mode d'accroissement. Kilos seront decrites
par moi sous le nom de Pseudo-cheiropterix et Pseudo-serpula.
6 INTRODUCTION.
out e"te ecrits naguere sur la constitution geologique de ces pays * , pour
6tre frappe des erreurs qui ont ete commises et qui souvent sont telles ,
qu'on serait tente de croire que le hasard, plus que la reflexion, a pre-
side a la determination des terrains d'abord et ensuite des fossiles qui
y sont disposes.
Nous bornerons nos reflexions a ce peu de mots. Nous avons cru utile
d'exposer nos vues en paleontologie et par suite les principes qui nous
guideront dans le cours de cette publication, dont le but est de faire
connaitre le fruit d' actives recherches faites sur divers points du pays et
qui m'ont mis en possession de bon nombre de fossiles rares et precieux ,
dont quelques-uns sont destines a combler, dans la science, des lacunes
qui ne peuvent exister dans la nature.
Nous decrirons done les fossiles de tous les terrains que nous croirons
nouveaux pour la faune generate ou celle du pays, sans nous astreindre
a 1'ordre methodique, nous reservant de terminer notre travail par les
considerations geologiques et hydrographiques qui en decouleront tout
naturellement.
II nous reste encore quelques mots a dire sur 1'emploi des designations
franchises que nous avons souvent adoptees pour preciser 1'age des ter-
rains, afln d'eviter le reproche de gallomanie.
Les etages cretaces moyens et superieurs sont fort nombreux dans les
provinces de Hainaut, de Liege et de Limbourg et y offrent, comme
dans tous les pays, un aspect mineralogique tres-varie qui rend les de-
nominations de craie blanche et de craie Moritee d'une application peu
precise; car les depots de ces ages sont representes , en Belgique, par des
roches blanches, jaunes, oranges, vertes, noires, ferrugineuses , etc.,
1 N'a-t-on pas d6crit, en Belgique, comme calcaire grossier Triage sup6rieur cr6tac6 de Ciply et,
plus encore, cit6 dans ce terrain une foule de fossiles tertiaires dont personne n'a jamais eu con-
naissance, par la raison qu'ils ne pouvaient s'y trouver!
INTRODUCTION. 7
leur consistance varie autant que la couleur; Ics bruyeres de la Campine
sont couvertes de cailloux erratiques qui appartiennenl a ces etages par
les fossiles qui y sont empales ; le lit de la Meuse et celui de bon nombre
de ruisseaux, qui y versent leurs eaux, sont en grande partie formes de
cailloux du mme age, ainsi que les amas que 1'on exploite pour la
construction de nos votes de communication; le silex pyromaque, si
varie dans ses formes et dans sa coloration, les gres rouges, verda-
tres, les conglomerate du Hainaut, les marnes de toutes les nuances, les
sables verts et noirs, font encore partie de ces m6mes etages : Voilu
pour la logique.
Un autre motif, qui n'est pas sans importance pour justifier cet em-
prunt aux Francais , resulte des considerations suivantes : Les frontieres
meridionales du pays sont politiques et non geologiques; aussi la plupart
de nos dep6ts s'etendent-ils au dela de ces frontieres et bien souvent,
pour les etudier a fond, nous serons oblige de les franchir; d'un autre
c6te , quoiqu'il soit a peu pres certain que le sol actuel de la Belgique
n'a, a aucune epoque, fait partie de ce que Ton est convenu d'appeler
bassin parisien, il y a toutefois entre les deux pays de si nombreux
points de contact, qu'il me parait necessaire de marcher d'accord avec
les geologues frangais, si Ton veut arriver a des conclusions hydrogra-
phiques de quelque porlee. Une nomenclature commune aux deux pays
et fondee sur la paleontologie me semble le moyen le plus propre a
atteindre ce but.
11 est a regretter que les savants paleontologues allemands qui , depuis
quelques annees , se sont occupes des terrains cretaces de leur pays, aient
admis une nomenclature irrationnelle basee sur 1'aspect et la consistance
mineralogique des roches; il en est resulte que leurs travaux, si peni-
bles d'ailleurs, n'ont que peu profile a la science et 1'ont meine souvent
embrouillee.
8 INTRODUCTION.
\
Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, a combien de determinations
vicieuses n'a pas donne lieu leur malencontreux Hilston? les depots,
connus sous ce nom, et rapportes en 1856, par M. F.-A. Roemer, a
1'etage superieur du terrain jurassique, deviennent, en 1841 , pour le meme
auteur, le neocomien des Francais, tandis que 1'etude des fossiles semble
demontrer a la derniere evidence , que les uns , en petit nombre , sont
reellement neocomiens, et que les autres appartiennent a 1'age du turonien
inferieur.
Gand, le 20 septembre 1847.
EXPLICATION
DE QUELQCES ABBEVIATIONS EMPLOYEES U BAS UES PLANCHES.
P. 2, ou 2 e 6tage pal^ozoique, ou d^vonien.
P. 3, ou 3 e 6tage pal^ozoique, ou carbonifere.
J. 1, ou I 1 tage jurassique, ou sine'murien.
C. \, ou l r 6tage cr6tac6, ou ne'ocomien.
C. 4, ou 4 e (Uage cr6tac6, ou c^nomanien.
G. 6, ou 6" 6tage cretace, on senonien.
T. 1, ou 1 r dtage tertiaire, ou suessonien.
T. 2, ou 2 e 6tage tertiaire, ou parisien.
APER^U GEOGNOSTIQUE
M -
ENVIRONS DE TOURNAY.
Dans Tangle forme par les chaussees qui se dirigent de Tournay vers
Bruxelles et vers Valenciennes, et a partir de Bruyelles et d'Antoing, est
comprise une etendue de terrain aussi remarquable par les produits va-
ries que 1'industrie retire deson sein, que par le grand nombre de fossiles
dont il a enrichi la faune universelle ; il serait difficile de rencontrer sur
aucun point du globe une semblable accumulation de debris organises
d'une conservation aussi parfaite. L'aspect general du pays parcouru du
sud au nord par 1'Escaut canalise est plutot accidente que montueux; les
nombreux mamelons qui pointent a sa surface ont le sommet arrondi la
ou la terre vegetale repose sur le calcaire carbonifere, c'est-a-dire la ou la
craie ne s'interpose pas entre les deux etages que nous venons de nom-
iner; ils sont moins frequents, lorsque le contraire a lieu.
Le grand nombre de carrieres ouvertes depuis quelques annees permet-
TOME XXIV. 2
10 MELANGES PALEOISTOLOGIQUES.
tent d'eludier facilement la constitution intime du sol, qui ' se compose
des e'tages suivants :
Calcaire carbonifere alternant parfois avec de fargile noirdtre.
Phtanite ne se rencontre qu'accidentellement en couche unique fort mince.
Mineral de fer.
Gres verddlre, dont 1'ageest incertain; neocomien?
Terrain turonieninfe'rieur, represente par des conglomerats plus oumoinsferrugineux.
Marne grisdtre ou bleudtre, de 1'age du terrain luronien superieur.
Argile noirdlre du meme age que la marne, ne renfermant que des terebratules et des
echinodermes.
Diluvium a ossements.
CALCAIRE CARBONIFfcRE.
Cecalcaire fait partie du depot du meme age, que Ton voit, a partir de
la, traverser la Belgique de 1'ouest a Test jusqu'aux frontieres de laPrusse
et qui a son tour n'est qu'une minime partie de cette longue ceinture dont
les ondulations paraissent envelopper le globe a la latitude approximative
de 50 nord, en detachant quelques fils vers le nord et le midi. L'existence
de ce calcaire est connue dans les Etats-Unis, en Irlande, en Angleterre,
en Belgique, en Prusse, en Russie, sur le versant oriental des monts
Ourals, en Tartarie et au Kamtchatka. C'est contre cette digue que sont
principalement accumulees les luxuriantes forets contemporaines qui , par
leur decomposition, fournissent aux generations actuelles 1'une de ses plus
puissantes ressources; il me parait assez probable que la solution de con-
tinuite, qui semble separer ce terrain en Belgique de celui de 1' Angleterre ,
est plus apparente que reelle ; car il plonge visiblement vers 1'ouest et a
une demi-lieue de Tournay, dans cette direction il a ete retrouve a une pro-
fondeur de 25-30 pieds. II ne serait pas impossible non plus que, de'truit
en grande partie par les mers subsequentes , sa place fut occupee par les
1 Les travaux d'extraction ont ete pousses jusqu'aux dernieres limites verticales dans une seule
carriere, celle deM. le senateur Dumont; on s'est arrfite a une espece de gres grisatre parfaitement
azoi'que; 1'absencedu terrain devonien parait d'autant plus extraordinaire, que Ton sail qu'au cou-
chant de Mons, il est superpos6 par le charbon mineral; aussi y a-t-il lieu de supposer que le gres
reconvre le calcaire ddvonien.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. M
sables des mers terliaires, ou que, faiblement developpe dans un vallon
sous-marin , il fut a jamais cache par les sables dont nous venons dc par-
ler et dont la puissance verticale est bien connue dans les Flandres. Des
recherches multipliers a la sonde agissant a une grande profoadeur pour-
raienl peut-elre jeter quelque lumiere sur cette importante question.
Nous admettons done que le terrain carbonifere de Tournay se relie ou se
reliait jadis plus ou moius coinpletement avec celui d'Angleterre. Les m6mes
considerations nous portent a croire que le calcaire carbonifere d'Irlande
et celui des Etats-Unis, quoique separes par une grande etendue de mer,
ne sont que des chainons isoles de la meme chaine violemment rompue.
Pour comprendre la continuite relative de cet etage, Ton ne doit pas
perdre de vue que le charbon mineral, la terre-houille , le psammite, le
phtanite, le schiste houiller, 1'anthracite sont des dep6ts qui datent de la
nii'im epoque.
Nous nous ecarterions trop de la forme d'un simple apercu, si nous
insistions davantage sur des considerations qui seront malheureusement
encore longtemps hypothetiques ; notre opinion est basee sur une serie
d'observations et de raisonnements qui ne seraient peut-4tre pas goutes par
tous nos lecteurs.
S'il y a eu , comme nous le pensons , dislocation ou destruction du cal-
caire carbonifere a 1'ouest de Tournay, ou plut6t dans une direction qui
ondule de la vers le sud-est de I'Angleterre, on poorrait se demander a
quelle epoque il faut la rapporter; quoique celte question, a ma connais-
sance du moins, n'ait pas ete traitee, il ne me parait pas impossible d'ar-
river a sa solution, en examinant la constitution geologique du littoral de
la France et de I'Angleterre, de chaque cote de la Manche.
Get examen nous conduira a conclure que 1'Augleterre , jusqu'a 1'epoque
ou parurent les mers tertiaires, faisait partie du continent actuel; que,
pour se frayer le passage qui constitue actuellement le canal de la Manche,
1'Ocean a du renverser et balayer devant lui le puissant obstacle que lui
opposaient les roches siluriennes, devoniennes, jurassiques et cretacees;
que le m6me courant a pu et du detruire les roches carboniferes qu'il a
rencontrees sur son chemin.
12 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
En s'attachant uniquement au bassin parisien, 1'on voit que le neoco-
mien existe dans le sud-est de 1'Angleterre et dans plusieurs localites de la
Haute-Marne; que le gault se montre a Folkstone (Angleterre) , Wissant,
S'-Pol (Pas-de-Calais), ensuite a Macheromenil, Sauce-aux-Bois, Novion (Ar-
dennes) et Varennes (Meuse); que le terrain turonien s' observe dans le sud-
est de 1'Angleterre, au cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais), au Havre, a Rouen
(Seine-Inferieure), et ensuite de Tournay a Mont-Blainville (Meuse), presque
sans interruption et sans avoir subi de remaniement perceptible. Les divers
depots sont, a mon avis, autant de jalons restes debout pour nous tracer
les limites du bassin tertiaire. La fureur de la mer, apres avoir brise la
barriere qui s'opposait a ses envahissements , semble s'etre repandue avec
calme au dela de la ligne qui se dirige en ondulant de Rouen a Tournay,
pour prendre possession de la Champagne et des environs de Paris, et oc-
cuper les Flandres, le nord du Hainaut, le Brabant, Anvers, le Limbourg,
la Hollande, enfin une partie de la Westphalie et du Hanovre; les cartes
de Cassini et de Ferraris sous les yeux, Ton peut sans peine suivre les con-
tours du bassin, voir les parties submergees et emergees et determiner
assez exactement les golfes et les caps qu'engendrerent ces nouvelles mers.
Car, au nord de la ligne qui joint Tournay a Maestricht, en passant par
Nivelles, la craie est generalement inconnue. Quoi qu'il en soit, c'est de cette
epoque que date la distribution actuelle du nord de 1'Europe el la confi-
guration de la majeure partie du globe. C'est a cette epoque de bouleverse-
ment et de destruction que sont dus les blocs erratiques que 1'on rencontre
dans la province de Groningue, de Liege *, dans le Marck-Brandebourg
et sur une multitude d'autres points du globe; c'est a cette catastrophe qu'il
faut rapporter 1'existence de ces cailloux siliceux arraches aux montagnes
cretacees , si repandus dans la Campine , qui obstruent les orgues geologi-
ques de la montagne S*-Pierre et qui se sont accumules dans les bas-fonds et
1 Les traces d'un courant venant de 1'ouest sont tres-reconnaissables en plusieurs endroits, sur
les flancs des montagnes qui bordent la rive gauche de la Meuse dans la province de Lie'ge; on y
de'couvre sans peine le lit creuse par des eaux tombant torrentiellement; les pierres qui y ont e'te'
amenees sont etrangeres au pays. Les blocs erratiques siluriens et cretaces qu'on rencontre dans le
Marck-Brandebourg proviennent de la Suede, tandis que ceux qui reraontent a 1'epoqiie devonienne
paraissent y avoir ete entralneesde 1'ouest.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 13
contre les flancs des montagnes; c'est a son action qu'il faut faire remonter
1'existence de nos grands fleuves ; quelques grands lacs sales peu norabreux ,
perdant et reprenant successivement a plusieurs reprises leur salure,
semblent seuls avoir existe anterieurement a la craie et avoir donne nais-
sance au weald-clay en Angleterre , dans le nord et le centre de I'Alleniagne
et sur quelques points de la France.
La stratification des roches dont nous nous occupons est tres-irreguliere :
horizontale sur un point, elle incline faiblement tant6t vers Test, tant6t
vers 1'ouest; parfois aussi les banes se trouvent souleves et dresses par
1'actioa de quelque travail souterrain ou sous-marin; nullepart le calcaire
ne pointe a la surface: il est toujours recouvert au moins de quelques pieds
de terre ; sa puissance de bas en haul ou dans le sens de la profondeur est
de 45 metres ; il se compose d'une serie de banes d'epaisseur et de struc-
ture tres-variees , coupes jointivement dans le sens vertical et horizontal;
c'est dans les joints qui separent les divers banes, dans les breches ou
aflbuillements que Ton rencontre cette argile noiratre que Ton peut consi-
derer comme de veritables nids de fossiles.
On y rencontre encore assez abondamment le minerai de fer reposant
sur le dernier bane. En vertu des lois de la pesanteur, il s'est accumule
dans les nombreuses cavites et anfractuosites de la surface des roches,
qu'il a remplies, en versant le trop plein dans les parties basses du sol que
j'appellerai le bassin de 1'Escaut.
Le minerai est assez riche pour avoir donne lieu , a plusieurs epoques , a
des exploitations, qui ont etc reprises naguere sur une grande echelle.
Quoique la date precise du dep6t ferrugineux ne puisse etre fixee, toujours
est-il certain qu'il est posterieur aux mers carboniferes et anterieur aux
mers turoniennes. La presence dans son sein de fossiles carboniferes ne
saurait rien faire prejuger sur son age; car il a simplement empale les fos-
siles qui se trouvaient a la surface du calcaire qu'il superpose.
Les premiers banes ont recu des carriers des noms qu'il impoiie de
connaitre au geologue qui se propose de faire des recherches sur les lieux,
quoique leur signification ne soit pas toujours bien claire.
A parti r de la surface, ils portent les noms ci-apres :
14 MELANGES PALEOINTOLOGIQUES.
1 Charbonneaux ; contient de 1'anthracite; sert a confectionner des
paves.
2 De croutes; est encroute sur les deux faces a une epaisseur de 2 pouces;
sert a faire la chaux.
5 Des os ou ossiaux (dur comme des os); sert a la cuisson et a la taille.
4 De deux pieds; sert a la taille.
5 De grebes (creches); sert a la cuisson et a la taille.
6 Nave bane (nain); sert a la cuisson.
7 Bane d'or (de l re qualite); sert a la cuisson, a la taille et a la confec-
tion des paves.
8 De trois pieds; sert aux memes usages que le precedent.
9 De qualre pieds; sert id.
On rencontre dans cette localite les principales varietes de calcaire men-
tionnees par les mineralogistes ; une seule cependant me parait d'autant
plus digne de notre attention, qu'elle n'a peut-etre pas encore ete signalee
jusqu'a ce jour *.
Les cinq premiers banes denommes ci-dessus deviennent brusquement,
tant dans le sens de la profondeur que dans celui de 1'etendue , argilo-schis-
teux, d'aspect psammitique, de couleur noiratre , pour reprendre ensuite
leur structure, leur couleur et la compacite ordinaires; ils se divisent en
feuillets irreguliers, impregnes d'humidite, d'une densite bien superieure
acelle du calcaire ordinaire, et contenant une grande quantite de depouilles
d'animaux mollusques aplaties ; ils portent le nom bien merite de calcaire
pourri. Quoique les causes de ce phenomene ne soient pas d'une apprecia-
tion bien positive, il me semble qu'on peutle mettre sur le compte d'une
infiltration ferrugineuse qui a empeche les particules calcaires de s'a-
greger. La couleur et la presence incontestable de molecules ferrugineuses
1 Le passage ci-apres, extrait d'un memoire de M. Robert James Hay Cuningham, intitule : On
tlie geology of the lothiam, s'applique peut-elre a cette varietd.
The mountain limestone in thone quarters where it is in extensively worked , exhibiting several
alternations of a compact rock, wilh one having a more or If ss perfect slaty structure, and contai-
ning a larger quantity of argilaceous matter; it is in the imperfect limestone that vegetable and
animal remains are found in the greatest abondance, and in certain districts it is characterized
by particular fossil bodies, etc.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. IS
semblcnt confirmer cette opinion; dans cecas, il faudrait admettre que le
mineral de fer se soil depose avant que les banes eussent atteint un cer-
tain degre de durete', c'est-a-dire peu de temps apres la retraite des mers
carboniferes.
J'ai observe, entre Vaux et Antoing un bane d'environ deux metres d'e-
paisseur a cassure concho'ide , de couleur bleue avec une legere teinte de
rose, paraissant uniquement forme de tiges et de cupules de crinoides.
Dans la m&ne carriere, j'ai reconnu un autre bane, de peu d'epaisseur, de
grande durete et s'exfoliant tres-irregulierement; il est compose de la
reunion de grands cephalopodes , tels que Nautilus, Orthoceras, Cyrthocerax,
Aganides, et de quelques gasteropodes a 1'etat de moules fortement corn-
primes.
Dans ses aflleurements, le calcaire perd presque toujours de sa compa-
cite et devient plus ou moins friable; quelquefois cependant, il se divise en
plaques qui fournissent les plus beaux exemplaires de Fenestrella, de Rete-
jwra, de Peclen, d'Avicula et d'autres coquilles bivalves de mediocre epais-
seur.
Les produits de tous ces banes sont impropres a la cuisson et a la taille ;
leur exploitation entraine de grands frais: heureusement ils ne se montrent
qu'exceptionnellement.
Fossiles.
Vertebres.
Les vertebres sont representes , dans le calcaire compacte et dans 1'ar-
gile qui lui est subordonnee, par des vertebres, des aretes, des dents et
des excrements de poissons ; des vertebres caudales semblent avoir appar-
tenu a de puissants nageurs. J'y ai recueilli , non-seulement la plupart des
coprolithes figures par M. Buckland *, mais encore d'autres beaucoup plus
gros.
1 On the Discovery of coprolilhes or fossil focces intheline at tyme-regit and in other formations ,
pi. 30. fig. 31-41.
16 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Crustaces.
Les depouilles des animaux de cette division sont nombreuses et gene-
ralement bien conservees; ce sont des Pygidium et des tetes de Phillipsia
Portl., des Cyclus Dek., quelques Cyproides et deux Pollicipes. J'ai rencon-
tre des pattes qui paraissent avoir appartenu a des Phillipsia, et une pince
qui semble provenir de quelque pagurien *, dont le corps, faiblement
crustace, n'a pu re'sister a la fossilisation.
Annelides.
Cinq especes des genres Serpula, Spirorbis, Ditrupa et Filiyrana y ontlaisse
de nombreuses traces de leur existence.
Radiaires.
Trois especes de Cidaris Kl., une multitude de Dichocrinus Miinst. , des
Platycrimis Mil., Poteriocrinus Mil., Cyatliocrinus Mil., Aclinocnnus Mil., Syn-
batocrinus Phil. , Peniremites Say, te'moignent du prodigieux developpement
de cette classe d'animaux. Cinquante especes appartenant a ces divers genres
ont e'te abondamment rencontrees par moi. Les individus reunis en groupe
sont fixes, soit par la cupule, soit par le tube oral, contre les faces des
banes. On les rencontre encore isole'ment dans 1'argile.
Mollusques.
i. Cephalopodes.
Les restes des animaux de cette famille sont aussi remarquables par
leur abondance que par leur taille; nous citerons en premiere ligne le Nau-
tilus ingens^, Mart. Pelrif., Derbiensia, pi. 41, fig. 5, dont le plus grand dia-
metre mesure 50 centimetres et le N. mullicarinalus Sow., qui atteint des pro-
1 M. Phillips Geol. of Yorck., pi. 22, fig. 21 et 22, a fait figurer une portion de bras de crustac6.
2 Conchyolithus N., Ammonites (Ingens).
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 17
portions un peu inferieures a celles de ce dernier; les lielcmniiidae y appa-
raissent pour la premiere fois; de gigantesques Orthoceras, d'autres a co-
quille filiforme, des Nautiloceras, Aploccras, Melia, Subclymenia, Cryptoceras
et Ayanides complement la serie.
2.
Les genres Conularia et Bellerophon sont les seuls dont j'aie rencontre des
debris.
5. Gasteropodes.
Les genres Loxonema, Eulima, Nerinen, Acleonina, i\aticu, Nalicodon ,
Euomphalus, Serpularia, Trochus, Turbo, Pleurolomaria, Porcelia, Poly tremor ia,
Cirrhus, Murchisxonia , Macrochettus , Capulus, Metoploma, Hclcion, Chiton, Chi-
lonellus et Dentalium y comptent de nombreux representants ; les genres
Nerinea et Emargimila s'y montrent pour la premiere fois.
4. Lamellihranclies.
Les genres Pkoladomya, Panopcea, Solen, Soleiiella, Solemya, Dorsomya, Leda,
Scaldia, Megalodon, Cypricardui, Conocardium, Lucina, Cardiomorpha, Nucula,
Area, Mytilus, Avicula, Pecten et Anomianclla atteignent deja une grande im-
portance specifique.
8. Bracliiopodes.
Parmi les brachiopodes, le genre Orbiculoidea y acquiert un develop pe-
ment bien remarquable; les genres Lingula et Thccidea n'y comptent qu'un
representant , tandis que les Productus, Clionetes, Leptwna, Strophomena ,
Orthis, Atrypa, Spirifer, Spirigera et Tcrebratula y ont laisse de nombreuses
depouilles.
Polypiers.
Les polypiers tlexibles et pierreux sont deja nombreux ; les genres Get-
lepora, Ketepora, Favosites, Alvcolites, Mortiera, Harmodites, Caryophyllia, Cya-
TOME XXIV. 5
18 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
thophyllum, Columnaria, Amplexus, Michelinia, etc., sont represenles par de
nombreuses et belles especes ; aucune d'elles n'a vecu dans 1'etage infe-
rieur, ni survecu aux mers carboniferes.
Amorphozoaires.
Les spongiaires sont peu nombreux; je n'en connais que quelques
especes, remarquables par leur texture.
Corps de dasse incertaine.
Une multitude de petits corps ovoi'des groupes autour d'un axe, sem-
blent avoir appartenu a quelque sertulaire carbonifere; cela est neanmoins
douteux.
Observations. Les insectes, les foraminiferes et les infusoires n'ont pas
laisse des traces bien positives de leur existence ; les vegetaux, si nombreux
dans le schiste houiller et dans les depots psammitiques du meme age,
n'ont pas , a ma connaissance , ete observes a Tournay.
Parmi les nombreux animaux qui ont vecu dans cette partie des mers
carboniferes, les uns se montrent des les premieres couches, et parcou-
rent toute la serie de banes; d'autres s'eteignent beaucoup plus tot, on
n'y apparaissent que plus tard, soil pour s'aneantir de suite, soil pour
atteindre la fin des mers carboniferes, epoque a laquelle la faune entiere
disparait a jamais du globe.
Beaucoup de ces fossiles ont ete decrits par MM. Sowerby, Phillips,
Cumberland, Lister, Martin, Goldfuss, Fischer, de Verneuil, d'Archiac,
De Koninck, Michelin, Austen, etc. Si les circonstances me le permettent,
je ferai connaitre ceux qui ne 1'ont pas encore ete : il en reste environ 200.
Phtanite.
Le phtanite, qui n'acquiert qu'un developpement fort restreint, ne
renferme que des Productus et des Orbiculoidea d'une conservation parfaite.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 19
GRES VERDATRE OH NEOCOMIEN?
Ce gres superpose le calcaire carbonifere a Chercq, a Calonne et a
Vaux, c'est-a-dire le long des deux rives de 1'Escaut. Sur la rive droite,
toutefois, le developpement en est fort restrcint; il ne se montre dans les
carrieres ouvertes le long de la route de Valenciennes que sur un seul
point, et la il repose sur la marne de 1'age du turonien superieur. II suffit
cependant d'un peu d'attention et d'un coup d'ail jete sur la topographic
des environs, pour acquerir la certitude que sa presence y est acciden-
telle, qu'elle est le resultat d'un remaniement ou plut6t d'un nivellement
opere par les mers tertiaires, qui ont, pendant une longue periode de sie-
cles, submerge cette contree, car il est completement desagrege : il est
devenu un sable verdatre, mele de limon, dont 1'identite d'age et 1'origine
sont attestes par les fossiles qui ont ete entraines avec lui.
Sa puissance verticale est de 2 metres a 5 m ,50 sur la rive gauche de
1'Escaut; elle n'est que d'un demi-metre sur 1'autre rive; il s'etend, avec
des interruptions plus ou moins prolongees, jusqu'aux frontieres de France;
il apparait, en outre, en Belgique, dans le Borinage, a Angres, pres Mon-
tignies-sur-Roc, dans le Brabant et dans la province de Liege. Nous le
retrouvons ensuite en Westphalie, pres Quedlinbourg (Hanovre), a Kies-
lingswalda (Silesie), en Scanie et en Boheme.
En Belgique, ce depot a ete qualifie de tufau, de glauconie crayeuse et
sableuse, et meme de terrain tertiaire; en Suede, en Saxe et en Boheme,
de neocomien; a Quedlinbourg, de senonien. Hatons-nous toutefois de faire
observer que cette derniere determination d'age, parfaitement juste pour les
parties superieures du dep6t cretace de cette localite, n'a ete etablie
qu'avec la reserve, que les parties inferieures pourraient bien constituer
un etage plus ancien. En suivant attentivement ce qui a ete ecrit sur la geo-
gnosie des environs de cette localite, on est tente de croire qu'il s'y est
passe un fait analogue a celui que nous venons de signaler a Tournay,
c'est-a-dire que sur un ou plusieurs points, le gres superpose des etages
moins anciens.
II suffit de lire le memoire que M. Geinitz a consacre a la description
20 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
des fossiles de Kieslingswalda, pour etre convaincu que, dans cette loca-
lite, outre le depot du meme age que celui dont nous nous occupons, on
y rencontre encore le turonien.
Les fossiles du gres de Tournay se presentent pourvus du test, a 1'etat
de moule sableux, quartzeux, ou ayant subi une demi-silification ; souvent
le nucleus seul ou les deux ou trois premiers tours spiraux des gastero-
podes a spire effilee sont changes en calcedoine.
Par 1'absence, presque complete, de cephalopodes , il devient difficile
de preciser 1'age de ce terrain; nous allons, pour y parvenir, enumerer
les fossiles que nous avons pu recueillir soit a Tournay, soit a Angres.
Nautilus ? Moule pyriteux ayant le labre margine.
neocomiensis? d'Orbigny.
Turritella granulata? Sow. , cite par M. Renss, dans le neocomien de Boheme; notre co-
quille differe de celle de Blackdovvn.
Scalaria ? Par ses ornements et son angle apicial, c'est le Dupiniana, mais il
est ombilique".
? Inconnu.
Natica canaliculala Sow., du gaull en France, du gault et du turonien en Angleterre, du
neocomien et du gault en Boheme. Ces assimilations faites sur des
moules sont plus que douteuses.
Acteon albensis? d'Orb., du neocomien en France.
Pleurotomaria gigantea Sow. des auteurs allemands, dans le neocomien d'Angleterre et
d'Allemagne.
Fusus nodosus Reuss., neocomien de Boheme.
Trois autres fusus inconnus.
Dentalium bicostale de Ryckh., est peut-etre le moule de YElliplicum Sow., du gault d'An-
gleterre et de France.
Cardium ? Le moule en est decrit, en Saxe et en Boheme, sous le nom de Hillanum,
dont il se rapproche par la forme; il en differe par les stries trans-
versales dont la surface entiere est couverte. Ces stries sont granu-
leuses et ne persistent, dans le moule, que sur la region anale; il a
de grands rapports avec le semigranosum Sow. du London clay.
Le moule figure par Sowerby, sous le nom de Dissimile, pourrait
bien etre voisin du notre.
Cardium ottonis Geinitz, Kieslingswalda.
Venericardia tenuicosta Sow., apud Reuss., du gault anglais et francais; du neocomien en
Boheme. Notre moule est identique avec celui figure par M. Reuss,
mais est-ce bien le Tenuicosta?
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 21
Cypricardia arcacea Roem., du neocomieu, d'apres Keuss, de Quedlinbourg, Koem.
irii-nrinniii Roem., de Quedlinbourg.
Cyprina rostrata Sow. Bien figure par Geinitz; du neocomien, d'apres M. d'Orbigny.
Mytilus lineatm'f Sow. Differe du Lineatus d'Orb. Le dernier est le Myt. cottae Roem.; le
premier est du neocomien d'Angleterre.
l 1 ' nun tetrayona Sow. non Brocclu ; P. decussata Goldf'., du neocomien anglais , francais
et allemand.
Area decussata Sow., du neocomien anglais?
uiuiuliitii Reuss., du neocomien de Boheme.
furcifera Munst. apud Reuss., du neocomien de Roheme.
Nucula semilutiaris Reuss., du neocomien de Boheme.
? Ornee comme le Pectiiiata du gault, mais plus etroite.
? Indetermine.
Panopaea plicata? Sow., du gault en Anglelerreet en France; du neocomien en Boheme.
Ewaldi Reuss., du neocomien de Boheme.
arcuala? d'Orb., du neocomien de France.
? Voisine du recta d'Orb.
Pholadomya Esmarkii Nils., du neocomien de Suede, de Saxe, de Boheme; se Irouve
encore a Quedlinbourg.
Tellina strigata Goldf., de Quedlinbourg; du neocomien de Boheme.
Venus plana Sow. apud Reuss., du neocomien de Boheme.
- immersa Sow. apud Reuss., du neocomien de Boheme.
- Elliptica Roemer, de Quedlinbourg.
Corbula carinata? d'Orb., du neocomien francais.
elegans'f d'Orb., du gault en France.
Pecten indelermine. Voisin de celui cite sous le nom de Orbicularis dans le neocomien
d'Allemagne et de Boheme; mais les oreillettes sont striees.
Lima ? Plus grand que \emaxima Desh.
Oslrea Leymerii? d'Orb., du ueocomien de France.
canaliculata Sow. Espece mal limitee; estcitee dans tous Jes etages crelaces; en
Belgique , on la rencontre particulierement dans le senonien supe-
rieur de Ciply et de Maeslricht ; par la laille , par tout le facies exte-
rieur, il est impossible de coufondre les exemplaires du senonien,
du turonien et du neocomien? du pays.
Terebratula moutoniana d'Orb., du neocomien de France.
Un AiHini-liiiti's indetermine, un Serpula et deux polypiers tlexibles, ainsi que quelques
dents de poissons, completent la faune dont les debris sont deposes
dans le gres en question.
II resulte de cette enumeration que, provisoirement et aussi longtemps
que mes determinations n'auront pas etc invalidees, il faut assigner Tage
22 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
neocomien au gres verdatre de Tournay et aux autres depots des pays qui
possedent la meme faune. II est possible qu'il y ait la, en outre, quelque
lambeau de gault, mais je ne le pense pas. M. Fitton, en pretendant avoir
reconnu le gault aux environs de Liege, a ete probablement induit en er-
reur par la couleur noiratre de 1'argile que 1'on y rencontre sur quelques
points.
La stratification de ce terrain est subordonnee a celle du calcaire car-
bonifere ; elle est generalement horizontale et se montre en couche unique ,
ne formant qu'un bane , et avec une consistance et une coloration qui va-
rient d'une carriere a 1'autre.
Parcourons-en quelques-unes, pour etudier plus a fond les variations
si multipliers et surtout si brusques que ce terrain subit dans sa compo-
sition intime et dans son aspect exterieur.
Dans 1'une d'elles, celle qui est la plus rapprochee de la campagne de
M. le baron Lefevre, il presente une masse sableuse d'un vert un peu bru-
natre, avec de nombreux nodules et rognons. Les fossiles, s'il y en a,
je le crois, sont meconnaissables.
A quelques pas plus loin, on reconnait, mineralogiquement parlant, la
craie de Blackdown; comme elle, cette couche est petrie de fossiles, mais
ils sont a 1'etat de moule. Cette carriere n'etant plus exploitee, on est re-
duit, pour s'en procurer quelques-uns, a fouiller les rares restes de deblais
repandus sur le sol; travail des plus ingrats, parce que les moules, moins
dures que le gres, se brisent au coup du marteau.
Le long de la rive gauche de 1'Escaut, il apparait ensuite, sous forme
de roche grisatre, avec une consistance mediocre et un aspect sableux;
les fossiles y sont peu nombreux; mes recherches sont restees sans resul-
tat. Feu E. Wicard y a rencontre un superbe nautile, qui doit se trouver
dans la collection de Mons.
Pres de la, dans une autre carriere, il offre les petits points microsco-
piques verdatres qui lui ont valu le nom de gres ou de sable vert sous lequel
il est connu aux environs; sa compacile, quoique superieure a celle de la
roche precedente, est encore mediocre. Expose longtemps a 1'air, il s'ex-
folie , se decompose et prend exterieurement une legere teinte rubigineuse.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 23
La pesanteur specif ique, par suite de sa porosite, en est peu considerable;
les fossiles y sont assez souvent bien conserves.
Non loin de cette carriere, on en observe une autre, oil le ineme gres
est doue d'une durete desesperante ; les fossiles, quoique pourvus de leur
test , n'en soul generalement retires qu'a 1'etat de moule ; les grains ver-
datres y deviennent plus gros et sont accompagnes de petits fragments de
quartz noir, qui lui donnent un aspect oolitique. Bon nombre de ces grains
vus a la loupe, deviennent des crustaces, des gasteropodes , des lamelli-
brancbes et des foraminiferes, ofTrant un riche butin a la micrographie.
Si ensuite nous passons 1'Escaut, nous retrouvons notre terrain a Vaux,
inais considerablement modifie; sa pesanteur specifique diminue par 1'ab-
sence de grains quarlzeux, et sa coloration devient moins intense par le
manque de grains verdatres; les fossiles aussi y sont moins abondants.
Get expose est peut-elre trop peu detaille pour resoudre une question
si interessante pour la geologic du pays; mais les circonstances ne m'ayant
pas permis de revoir les lieux que j'ai quittes, il y a plusieurs annees et
a une epoque ou ce terrain me paraissait se rapporter au senonien infe-
rieur, je n'ai a ma disposition que des souvenirs et quelques notes peu
detaillees, prises saus but bien determine; je me propose, aussitot que mes
occupations me le permettront, de faire executer sous mes yeux les fouilles
necessaires pour vider une bonne fois cette question. Si je reconnais alors
qu'il y a lieu de modifier mon opinion, j'en ferai humbleinent 1'aveu; car
je ne cherche que la verite *.
TERRAIN TURONIEN INFERIEUR 2 .
Nous repoussons, comme trop vague, le nom de tourlia employe par
les ouvriers du pays et adopte par M. d'Archiac , pour designer le terrain
1 M. Geinitz, dans un ouvrage sur les terrains Cretan's d'AHemagne, public en 1849, n'admet
1'existence du neocomien que sur quelques points du nord de cette con trie, et nullementen Saxe, en
I '.i ilii'iu.-. etc. Le dep6t qui nous occupe ne pent des lors etre neocomien ; il correspond probablement a
I'oberer Quadcrsandstein de ce g^ologue, qui forme, 4 Quedlinbourg et a Kieslingswalda, 1'etage cr6-
tace Mipn iriir pour lequel le nora de Danien vient d'etre inlroduit dans la science. (L'auleur, 1851.)
* Est I'e'tage cfnomanien de M. d'Orbigny.
24 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
turonieu infe'rieur de Tournay ; nous donnons la preference a celui de
conglomerats turoniens, comme reproduisant , en meme temps, la constitu-
tion mineralogique et 1'age de ce depot. Cette denomination a, en outre,
1'avantage d'etre employee en Angleterre et en Allemagne.
Ce terrain qui, depuis quelques annees, a attire avec raison 1'attention
des geologues , repose sur le calcaire carbonifere ou sur le minerai de
fer; il se compose de gres quartzeux rougeatre et de conglomerats, dont
la teinte ferrugineuse diminue souvent de has en haul et de 1'exterieur a
1'inte'rieur; ces conglomerats sont formes de fragments de calcaire, de
minerai de fer et d'autres corps pierreux de forme et de couleur tres-
variees, cimentes par du carbonate de chaux.
Entre ces poudingues, sont parfois intercales de rares fragments de
craie faiblement teinte de vert, comme certaines parties de la montagne
S te -Catherine pres Rouen; ils n'enveloppent que des fossiles de cette
localite; leur origine ne peut etre contestee, et leur presence doit y etre
considered comme accidentelle.
II est evident que la couleur ferrugineuse qui domine dans le depot
lui vient du minerai de fer qu'il superpose et qui a ete en quelque sorte
lave par les iners turoniennes, apres une longue exposition au contact
de 1'air.
Sa puissance verticale varie de deux centimetres a un metre cinquante
centimetres; dans les breches, elle atteint une epaisseur de deux a trois
metres; sa puissance horizontale, au contraire, s'etend sur une grande
partie du Ilainaut et du departement du Nord. II faut cependant ajouter
que son aspect mineralogique change frequemment, c'est-a-dire qu'il
perd et reprend successivement sa teinte rubigineuse; a Montignies-sur-
Roc, il pre'sente les memes conditions mineralogiques qu'a Tournay.
Sur la rive gauche de 1'Escaut, il s'arrete a peu pres aux portes de la
ville , sans toutefois se montrer dans toutes les carrieres; sur la rive
droite, Vaux, village situe a trois quarts de lieuede Tournay, est le point
le plus septentrional ou il m'a ete donne de 1'observer; son de'veloppe-
ment y est fort restreint, et il subit, dans son gisement, de brusques et
continuelles interruptions; ausud de ce village, il n'apparait pas dans les
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 25
carrieres; seulement des traces s'observent a Crevecceur, pres d'Antoing;
on le signale encore dans les talus du canal de Pommerceul jusqu'a Blaton,
ou il est traverse par les bures construites pour 1'exploitation du charbon.
En parcourant les lieux, on est tout d'abord frappe des interruptions que
subit ce dep6t, et Ton se demande comment il se fait que , bien developpe
sur un point, il cesse de se montrer a cinquante pas de la ; je suis d'avis
qu'il n'a pu s'eflectuer sur les parties inclinees des roches; car j'ai remar-
que qu'il ne se montre bien qu'avec 1'horizontalisme des banes calcaires.
Cette hypothese, conforme d'ailleurs aux lois de la pesanteur, acquiert,
de 1'observation, un haul degre de probabilite.
Les recherches que j'ai faites m'ont donne la certitude que le terrain
luronien se presente sur plusieurs points du globe sous les memes condi-
tions mineralogiques et souvent geologiques 1 .
Le grand nombre de gasteropodes que j"ai recueillis dans ce terrain ,
me donne la conviction que cette partie formait littoral a 1'epoque ou elle
etait occupee par la mer turonienne; car ces animaux ne sauraient vivre
a quelque distance des c6tes; les cephalopodes , au contraire, y sont peu
nombreux et appartiennent exclusivement a des especes de Rouen ( Seine-
Inferieure); il y a done lieu de croire que ces habitants des hautes mers
ont ete chasses par les vents sur ces cotes si peu hospitalieres.
1 SAXE. Conglomerat Sc/icftf,imraediatenient inferieur a la marne; voyez Geinitz , Charact. der
Schichtenund Petref. ( Geognostigclt Beschaffenheil det Tunnel GebiryesbeiOberan.)
SctoE. Calx glareosaet dura; Calx arenosa et glareosa; voyez Nilson, Petref. Suecanae format,
cret. , et Hizinger, Lelhcea Suecica.
HONCRIE. Gros Kornige Conglomerat; il se rencontre pres Tlumatschau , au Schalkenberg , et
contient des fragments de gneiss et de granit; voyez Cloker, Uber der March Sandstein.
RUSSIE. Voyez Strangways , On the Geology of Russia.
SRHE. Conglomerats et marne; voyez Strickland, On the Geology of Neigbourhood of Smyrna.
\M.I i M I.KI . a EXETEB. Conglomerat puddingstone et red Sandstone having an argilo-ferru-
gineous ciment first succeded chalk and flint; voyez docteur Berger, On the physical structure of
Ikvonshire and Cornwal; il ajoutc : this Conglomerat is in nearly horizontal strata.
\ WEYSIOUTH. Irregular calcareous concretions; voyez Buckland et de la Beche.
A BADE. Quartzous Conglomerat superpos par la marne ; voyez Lonsdale, In tlte oolitic districts
of Bade.
Suo DE L'ANCLETEBBE. New red conglomerat, compact nodules, cow-stones; voyez de la Bche, On
the south coast of Ingeland.
TOME XXIV. 4
26 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Si, a cette epoque, il y avail eu communication directe entre Rouen et
Tournay, il est bien certain que les depouilles de ces animaux y seraient
plus abondantes; car la distance qui separe les deux localites esl insigni-
fiante; il n'en etait done pas ainsi, et les deux localites voisines a vol
d'oiseau, etaient, hydrographiquement parlant, a une distance telle, que ces
intrepides nageurs ne la franchissaient que bien rarement : cet obstacle
etait probablement un cap s'etendant fort au loin dans la mer vers le nord.
De tous les depots turoniens connus, celui de Blackdown (Angleterre)
a, par ses fossiles, le plus de rapports avec le terrain qui nous occupe;
aussi est-il a presumer que tous deux ont fait partie du meme golfe.
J'ai deja dit ailleurs que, dans notre opinion, le territoire actuel de
la Belgique, pendant cette epoque, ne faisait pas partie du bassin pari-
sien ; voici les considerations sur lesquelles je fonde mon opinion : j'ai
remarque qu'un grand nombre de mollusques qui ont vecu simultanement
a Blackdown , Tournay, Montignies-sur-Roc,Vise, Aix-la-Ghapelle, en Saxe
et en Boheme, ne sont pas connus dans le terrain du meme age en France,
quoique ces contrees et ces localites possedent en commun , avec les divers
bassins francais, assez de fossiles pour atlester la contemporaneite des
divers depots dans lesquels ils sont ensevelis ; cela est trop simple pour
avoir besoin de developpement. Je pense qu'il en a ete de meme a toutes
les epoques geologiques.
Fossiles.
1. Vertebres.
L'existence des animaux vertebres dans ce terrain est encore proble-
tique. Le sejour de la mer turonienne, dans laquelle il s'est depose,
parait avoir ete trop court pour permettre a un ordre d'animaux si com-
pliques de prendre naissance ; leur apparition parait s'y preparer, car ils
ont existe en nombre dans la meme mer, mais suffisamment modifie'e
dans ses conditions physiques et chimiques pour devenir favorable a leur
existence. La grande quantite de sels ferrugineux en dissolution ou en sus-
pension dans les eaux a probablement contribue l.-i in-Ill- . fig. 20.
II est probable que des decouvertes ulterieures permettront un jour de
reunir les trois especes: en ce moment, cela est encore impossible.
38 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Explication des figures. PI. I, fig. 9. Exemplaire dc grandeur naturelle, vu de profil.
10. Le meme, vu sur le dos, un peu obliquement du cote de
1'cnroulcment.
Localite. J'ai recueilli cette coquille dans 1'argile carbonifere de Tournay ;
elle y est peu commune.
N 6. CAPULUS CORPURATUS de Ryckholt, 1850.
(PI. I, fig. II, M.)
C. Testa solidd, arcuatim corned, ventricosd longitrorsum plicatd, plicis eras-
sis media exorientibus ; apice brevi, mucronato, inflexo; aperturd subor-
biculari, fimbriatd.
Coquille epaisse , arquee , formant un cone a base suborbiculaire et large ,
se terminant en pointe faiblement recourbee; sa surface, a partir du milieu
de la longueur, renseigne de gros plis irreguliers qui se continuent jusqu'au
peristome; ce dernier parait ainsi grossierement frange; on observe, en outre,
quelques lignes d'accroissement , qui suivent exactement les accidents des
plis longitudinaux.
Observations. Le grand developpement du peristome, compare a la
hauteur de cette coquille, lui donne un aspect trapu; ce caractere joint a
la petitesse du sommet, qui est, en outre, recourbe, le rend fort remarquable
et permettra toujours de le reconnaitre.
Explication des figures. PL I, fig. 11. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
12. Le meme, au trait, vu sur le dos.
Localite. Jusqu'a ce jour, je n'ai rencontre le Capulus corpuratus que
dans 1'argile carbonifere de Tournay.
N 7. CAPULUS LITUUS ' de Ryckholt, 1847.
(PI. I,fy.l3.)
C. Testa crassd, ovato-erectd , dorso convexiusculo , lateribus planulatis, plicis
irrec/ularibus, transversis obtectd; vertice spiraliter convolute; anfractibus 3,
ultimo maxima; aperturd transversim angustiore, postice emarginatd.
1 Lisez elongatus ; les deux especes sont cenomaniennes , 1851.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 39
Coquille epaisse, droitc, ayant le dos faihleinent arrondi et les flancs
aplatis; spire un pcu cnroulec a droitc etcomposee dc trois tours, dont le
dernier forme, a lui seul, presque toute la coquillc; sa surface est couverte
en travers de plis grossiers, disposes tres-irregulierement; louche plus longue
que large, munie posterieurement d'une faible echancrure semi-lunaire.
Observations. Je nc puis me dissimuler qu'il n'existe au premier apercu
uue certaine analogic dans les facies de cette coquille et celui du Pileopsis
elongatus Goldf. , Petref. Germ., div. 5% pag. 12, pi. 168, fig. 12,du neoco-
mien de la Westphalie; je crois cependant devoir la distinguer specifique-
ment, parce quo cet auteur ne mentionne pas la compression des flancs. qui
constitue 1'un des caracteres saillants de 1'espece; en outre, les angles spiraux
sont bien differents , et les tours de 1'espece allemandc sont plus forts.
Explication del fiyurft. PI. I, fig. 13. Exemplairc de grandeur naturclle, vu de profit.
Localite. J'ai decouvert le C. lituus dans les conglomerate ferrugineuv
de I'age du terrain turonien inferieur et moyen, a Tournay.
N 8. CAPULUS FLEXICOSTATUS de Ryckholt, 1850 '.
(PI. I,fy.U, IS.)
C. Testa ovali, oblongd, crassiusculd , corned, antice convexd, postice prope
apicem excavatd, longitudinaliter costulatd, costulis planis, sulcis in-
wqualibus divisis et pliculis quibusdam remotis decussatd; apice acuto.
reflexo; aperturd suborbiculari.
%
Coquille ovale, oblongue, mediocrement epaisse, conique, convexe en
avant, evidee en arriere sous le sommet: sa surface est couverte de cotes
onduleuses, aplaties, parfois bifurquecs, separees par des sillons inegaux et
rayonnants du sommet; on rcmarque, en outre, quelques rares lignes d'ac-
croissement peu marquees et tres-cspacees; sommet recourbe et termine en
pointc ; bouche presque orbiculaire.
Observations. Ce n'est que dans la faune tertiaire ou actuelle, que Ton
pourrait rencontrer un cabochon ayant quelque analogic avec celui qui nous
1 Spec. cfuWn.
40 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
occupe ; encore ces rapports scraient-ils si eloignes , que nous croyons pou-
voir nous dispenser d'y avoir recours; toute confusion nous parait d'ailleurs
impossible.
Explication des figures. PI. I, fig. 14. Excmplaire de grandeur naturclle, vu de profil.
1 5. Le meme , au trait , vu sur le dos.
Localite. J'ai recueilli ce cabochon dans la meme localite et dans le
meme terrain que le precedent.
j\ 9. CAPULUS RYJNCHOIDES de Ryckholt, 1847.
(PI. I, fy. 16-18.)
C. Testa oblique cornea, valde arcuatd; nucleo, plicis raris, notalo; apice
brevi dextrorsum incumbente; aperturd ovali.
Coquille formant un cone tres-arque, replie parfois en quart de cercle; la
surface du moule accuse quelques plis transversaux ; spire formee d'un tour
et demi; sommet recourbe a droite; bouche presque elliptiquc, plus longue
que large.
Observations. - - Jusqu'a ce jour , je n'ai rencontre le C. ryncho'ides qu a
1'etat de moule ; ce dernier sc separe du test lorsqu'on veut le retirer de sa
gangue, qui est extremement poreuse; le Fissurella? Bucchii Gein., Char,
der Schicht, etc., tab. 16. fig. 5 ab, parait toujours moins recourbe et plus
renfle que notre coquille , dont la courbure est fort inconstante , mais tou-
jours tres-forte.
Explication dea fyures. PI. I, fig. 16. Excmplaire de grandeur naturclle, vu dc profil.
17. Le meme, vu sur le dos.
18. Le meme, vu sur le cote posterieur.
Localite. Dans la partie superieure et peu compacte du terrain seno-
nien superieur de Ciply.
Observations. Avant mes recherches , deux especes de ce genre ont ete
signalecs dans les divers etages cretaces d'Europe : les Capulus elonyatus et
arquatus Goldf.; le premier du neocomien allemand, le second du meme ctage
en Suisse; MM. d'Orbigny en France, Roemer dans le nord de l'Allemagne,
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 41
Geinitz en Saxe, Reuss en Boheme, Pusch en Polognc, INilson en Suede,
Sowerby pere et fils, Mantell en Angleterre, ne paraisserit pas 1'avoir ren-
contre dans le terrain de cet age de leur pays; il en resulte que ce genre,
dont la presence n'a etc constatee que dans I'etage le plus inferieur de la
craie , se trouve en Belgique dans les terrains turonien et senonien.
ESPECES DENOMMEES.
Turonlrnnrx.
Devonlenne*.
<: n /ml us Diimiiiiliitniis dc llyck.
Carbonlttreii. Capulus Litunt de Ryck.
Flexicoitatus de Ryek.
I'.apttlut Tubifer Sow.
Adroceras dc Ryck.
Rectm de Ryck.
Caputui Euomphaloides dc Ryck.
Carpuratus de Ryck.
8nonlenne.
Capulus fihynchoides de Ryck.
GENRE INFUNDIBULUM Montfort.
Coquille conique , spirale , dont 1'interieur est pourvu d'une lame sur le
cole, s'enroulant en spirale, d'Orbigny.
Observations. -- Les animaux de ce genre, d'apres les connaissances ac-
quises, se sont montres pour la premiere fois dans les mers turoniennes, ou
Ton en connaitune espece decrite, sous le nom specifique de crelaceum, par
M. d'Orbigny. Deja nombreux dans les mers tertiaires, ils se sont encore spe-
cifiquement multiplies dans celles de nos jours.
N 10. INFUNDIBULUM CIPLYANUM de Ryckholt, 1847.
Nous avons recueilli dans le senonien superieur de Ciply un moule crayeux
qui appartient indubitablement a ce genre; comme il est assez defectueux,
nous nous abstenons de le faire figurer, dans 1'espoir que nous serons assez
heureux pour en rencontrer un jour un exemplaire plus parfait. Voici , en
attendant, les principaux caracteres qui Ic distinguent de 1'espece precitee,
figuree pi. 234, fig. 1-3 de \aPaleontologie francaise. Les tours spiraux sont
TOME XXIV. <>
42 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
fortement deprimes; la surface est ornee en long de stries onduleuses, parfois
rameuses; le sommet est moins regulier, comme s'il avail ete ronge pendant
la vie de 1'animal , ou que celui-ci eut rencontre quelque obstacle dans son
developpement des le debut de la vie. L'on conceit que, ne possedant qu'un
exemplaire , il se pourrait que ce caractere ,. qui se montre du reste parfois
sur les coquilles de notre epoque, ne fut qu'accidentel.
FISSURELLID^ D'ORBIGHY.
GENRE EMARGINULA Lamarck.
PATELLA spec. Linn.
Coquille scutiforme, conique, a sommet excentrique et souvent incline, a
cavite simple, pourvue en avant d'une forte echancrure ou d'une fente plus
ou moins allongee. D'Orbigny.
Observations. L'apparition sur le globe des animaux de ce genre date
des mers carboniferes; dcpuis cette epoque. ils n'ont cesse d'exister, sans tou-
tefois atteindre un developpement specifique bien important; les mers ac-
tuelles en comptent le plus grand nombre d'especes.
La plus ancicnne de celles connucs a ete assimilee a tort, par M. le comte
de Miinster, a 1'espece corallienne, dediee, parM. Roemer, au savant profes-
seur Goldfuss de 1'universite de Bonn ; elle provient des couches de S'-Cassian
dans le Tyrol, dont I'age a ete rapporte, a tort ce nous semble, au muschel-
kalk ou S me etage paleozoique.
Voici quelques considerations que nous croyons devoir invoquer a 1'appui
de notre opinion.
La Providence n'a pas procede a la creation par sauts et par bonds ; sa
marche est reguliere; si nous trouvons parfois des lacunes, si la creation
parait eprouver des interruptions par 1'extinction presumee de quelque genre ,
ou plutot, si son action parait momentanement suspendue pour renaitre a
une ou plusieurs epoques subsequentes , cette mort, cette resurrection ne
sont qu'apparentes; accusons-en le peu d'etendue de nos recherches, ces
lacunes n'existent pas dans la nature.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 43
Je n'exprime peut-etre pas bien mon idee, mais elle sera comprise ; car
il existe bien pen tie paleontologues qui , par leurs rechcrches , n'aient comble
quelque lacune et ressoude ainsi quelque chainon de la grande chaine zoolo-
gique qui paraissait rompue.
Je conclus done que, tant que certains genres bien connus dans le '5 me
etage, et enmcme temps dans le depot de S'-Cassian, n'auront pas etc obser-
ves dans le 5 me , nous devons classer ce depot dans le 4 me etage.
En efiet les genres Orthoceras, Cyrtoceras, Porcelia ' Murchissonia , Pro-
ductus, etc., signales a S'-Cassian, sont eminemmcnt carboniferes et ne se
montrent plus dans le miischlkalk ou S me etage.
On ne saurait non plus pretendre avec quelque fondement que le depot
qui nous occupe corresponde au 3 me etage; car il sera facile de comparer,
coin 1 1 ic jc I'ai fait, les quelques fossiles tyroliens decrits comme especes car-
boniferes de Belgique, et Ton constatera, non-sculemcnt que les assimila-
tions sont fausscs , mais encore que les fossiles assimiles n'appartiennent pas
tous au genre auquel ils ont etc rapportes ; d'ailleurs si ce depot conserve
des types carboniferes, il en exhibe d'autres qui lui sont propres, qui y ap-
paraissent pour la premiere fois, et se continuent ensuite dans les etages sub-
sequents.
N il. EMARGI.MJLA CARBONIFERA de Ryckholt, 1847.
(PI. /, fig. 19, 20.)
E. Testa parabolo'ided , canali longitudinali, e apice ad marginem anticum
latescente instructd, striisque tenuibus, con fertis concentrice obtectd ; apice
% mucronato, subcentrali; aperturd orbiculari; fissurd arcnatd.
Coquille formant un paraboloi'de presque droit, marquee d'une depression
en forme de canal qui se dirige en s'elargissant du sommet vers le peri-
stome; sa surface est couverte de fines stries concentriques tres-rapprochees .
1 II est a observer que le Porcelia cingulata Munst. cst un Euoniplutliis, tandis que son Schitzostoma
Hue/lit est un veritable Porcelia ; les figures 4 a, b et 5 o, 6, c, de la planche XI du meraoire de cc savant
sur les fossiles de S'-Cassian , suffisent pour constater 1'crrcur dans laquelle il cst tombe.
Comme VEmarginala Goldfiusii Room. Munster, pag. 92, tab. 9, fig. 15, n'a en partage avec cclui qui a
I'd' 1 ilcvrii sous Ic nn' me- 110111 par M. Roemer (Nord-deutsche Ool. Gibergei, pag. 56 , tab. 9, fig. 23), que le
facics commun :'i prcsqne toutes les especes du genre , nous lui donnons le nom dc Milmleriana , afin
d'eviter toutc confusion ii 1'avenir.
44 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
qui s'arquent en passant sur la depression, et produisent ainsi sur le labre
une petite echancrure ; sommet termine en pointe et faiblement posterieur :
bouche circulaire; surface obliteree marquee de stries transverses arquees;
fissure incompletement semi-circulaire.
Observations. - - Cette coquille ne pouvant etre placee convenablement
dans 1'un des genres Capulus ou Acmea, il ne restait qu'a en faire une emar-
ginule et a la considerer comme une premiere ebauche du genre , qui appa-
rait en effet dans 1'etage suivant sous la forme qu'il a conservee jusqu'a
nos jours.
Explication des figures. PI. I, fig. 19. Exemplaire dc grandeur naturelle, vu en dessus.
20. Le meme , vu sur le dos.
Localite. J'ai decouvert cette rare coquille dans 1'argile carbonifere de
Tournay.
N 12. EMARGINULA LOCULATA de Ryckholt, 1847.
(PI. I, fig. 23-24"'.)
E. Testa ovali, conicd, convexd; costis cequalibus, lamellosis decussatd; apice
excentrico, hamoso ; fissurd superne Imbricatd, lateraliter costatd.
Coquille ovale, conique, convexe en avant, evidee en arriere; la surface
est couverte d'un reseau dont les mailles sont formees par des cotes lamel-
leuses d'egale grosseur; leur intersection donne naissance, sur les cotes lon-
gitudinales, a une petite ecaille concave en dessous; sommet tres-posterieur,
fort recourbe ; fissure limitee par deux cotes tres-saillantes ; surface oblite-
ree, couverte de plis arques, transverses et imbriques.
Observations. L'Emarginula loculata se distingue de ses congeneres de
la meme epoque par 1'egalite de ses coles et par la delimitation de la surface
obliteree.
Explication des figures. PI. I, fig. 24. Exemplaire grossi, vu de profil.
23. Le meme , vu en dessus.
24 bis . Grandeur naturelle, au trait.
Localite. J'ai recueilli cette emarginule dans le turonien de Tournay et
de Montignies-sur-Roc (Hainaut).
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 4S
N 13. EMARGIMJLA JVUDA de Ryckholt, 1850.
(PI. I, fig. 21, 22.)
E. Testd conicd, depressd antice convexd, postice sub apice excavatd, plicitt
tenuibus, undulatis transverstm omatd; apice crasso, recurvo; fissurd
triyond, exstante, superne convexd et lateraliter sulcatd; aperturd ellipticd.
Coquille formant un cone peu eleve, convexe en avant, evide en arriert
sous Ic sommet; sa surface ne renseigne que des plis concentriques, ondu-
leux; ils ne sont ni tout a fait equidistants, ni egalement prononces dans
toate leur etendue; sommet cpais, recourbe; surface obliteree triangulaire .
saillante, latescente, convexe et bordee de deux sillons; fissure concave,
assez grande; bouche elliptique.
Observations. - - L'Emaryinula nuda a en commun avec celui figure par
M. Reuss, Bohm., Kreide geb., pi. 2, fig. 6, sous le nom de Carinata, line
grande simplicite dans les ornements; caractere fort rare dans les coquillcs
de ce genre; il en differe toutefois par sa surface obliteree convexe et non
concave, par la fissure et par sa forme plus elliptique.
Explication des figure*. PI. I, fig. 21. Excmplairc de grandeur naturelle, vu en dessus.
22. Le mdme au trait, vu de profil.
Localite. J'ai decouvert cette emarginule dans le turonien de Tournay ;
elle s'y trouve a 1'etat de moule crayeux.
N 14. EMARGINULA -MUM i \ de Ryckholt, 1850.
(PI. I, fig. 25-27.)
E. Testd tenui, antice et postice convexd, conicd, lateribus subcompressis .
costulis radiantibus et transversis carinatis clathratd; cellulis graniferi* ;
apice brevi, excenlrico, vix inflexo; fissurd superne convexd, hand exstante .
lateraliter depressd; aperturd ellipticd.
Coquille mince, convexe en avant et en arriere , un peu comprimee late'rale-
ment, conique ; sa surface est couverte dc petites cellules formees par environ
46 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
30 cotes longitudinales et iO-12 cotes transversales, qui se croisent sans se
couper ; les premieres sont plus marquees sur les flancs que sur les surfaces
anterieure et posterieure; toutes sont carenees ; chaque cellule est ornee d'une
fine granulation composee de cinq series regulieres, chacune de 5 grains a
peine visibles , sans le concours de la loupe , y compris ceux qui se montrent
sur ses bords; les cellules tendent a disparaitre sur les cotes; sommet petit, a
peine inflechi un peu posterieur; surface obliteree convexe sans etre sail-
lante et limitee lateralement par deux depressions; bouche elliptique.
Explication des figures. PI. I, fig. 25. Exemplaire de grandeur naturelle, vu en dessus.
26. Le meme au trait, vu de profil.
27. Portion grossie de test.
Localite. J'ai rencontre cette coquille a Montignies-sur-Roc, dans le ter-
rain turonien ; elle s'y trouve a 1'etat de moule ayant conserve partiellement
le test.
N 15. EMARGINULA FLEXUOSA de Ryckholt, 1850.
(PI. I, fig. 28-29 bis .)
E. Testa tenui, inflatd, arcuatd, conicd longitudinaliter costulis tenuibus,
confertis et transversim costulis similibus, sed undulatis reticulatd; apice
brevi, excentrico ; fissurd angustd, exstante, convexd, superne imbricatd.
Coquille mince , bombee en avant et en arriere, arquee, conique, ornee en
long de fines cotes a peine saillantes, tres-serrees; on remarque en travers
d'autres cotes aussi fines et aussi serrees que les premieres, onduleuses, qui
se croisent avec elles en les coupant; sommet petit, un peu posterieur; sur-
face obliteree convexe , etroite , saillante , imbriquee et bordee de deux bour-
relets.
Explication des figures. PI. I , fig. 28. Exemplaire de grandeur naturelle , vu en dessus.
29. Le memo au trait, vu de profil.
29 bis . Portion de test grossie.
Localite. J'ai recueilli cette emarginule dans le terrain turonien de Tour-
nay et de Montignies-sur-Roc; elle s'y montre avec le test.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 47
N 16. EMARGINULA STENOSOMA de Ryckholt, 1850.
(PI. I, fig. 30-32.)
E. Testa tenui ovatd, conicd, lateribus compressis decussatim lamdlosd; apice
brevi, acuto, excentrico, recurvo; fissurd angusld, superne imbricatd, ln~
teraliter sulcis parallelis distinctd.
Coquille mince, convexe en avant, faiblement evidee en arriere sous le cro-
chet, conique, fortement comprimee sur Ics cotes, qui presentent une surface
presque plane; surface ornee en long de 36 cotes fines, lamelleuses et assez
serrees, coupees par 16 cotes de memo forme, mais beaucoup plus espacees:
chaque intersection donne naissance a un petit tubercule ; sommet tres-pos-
terieur et recourbe; surface obliteree etroite, imbriquee, plane, non saillantc
et bordee de deux sillons; bouche plus longue que large.
Observations. L'Emarginula stenosoma se distingue des especes cretacees
connues par sa forme plus elancee, par son reseau a mailles allongees, par
sa surface obliteree plus etroite et le parallelisme des sillons qui bordent cette
meme surface.
Explication des figures. PL I, fig. 30. Exemplaire de grandeur naturelle, vu en dcssus.
31. Le meme au trait, vu de profil.
32. Portion de test grossie.
Localite. Cette emarginule est celle que Ton rencontre le plus frequem-
dans le turonien de Montignies-sur-Roc et de Tournay.
N 17. EMARGINULA IMPRESSA de Ryckholt, 18SO.
(PL II, fig. 1-3.)
E. Testa soliduld, orbiculato-conicd ; costis alternis majoribus et minoribus
SQlongitudinaliter ornatd, interstitiis impresso-punctatis ; apice subcentrali
minuto, punctiformi , affixo; fissurd trigond, carinulatd, imbricatd, la~
terali.
Coquille assez epaisse, presque orbiculairc conique, ornee en long de 50
48 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
cotes arrondies, un peu imbriquees, alternant avec le meme nombre de cotes
moins prononcees: ces cotes sont moins espacees en arriere qu'en avant; 1'in-
tervalle qui les separe renseigne des impressions punctiformes qui , sur la re-
gion apiciale, alternent avec de fins grains et sur la region paleale avec de
petites barres, souvent un peu obliques; sommet presque median, petit et
non detache; surface obliteree triangulaire , saillante, un peu carenee, imbri-
quee et laterale, c'est-a-dire situee a droite du plan vertical qui passe par le
sommet et le grand axe de la base ; la fissure parait petite.
Observations. Independamment des ornements si distincts de ceux que
Ion remarque sur les especes cretacees decrites jusqu'a ce jour, VEmarginula
impressa nous fournit encore un caractere bien rare dans les coquilles de ce
genre , le laterisme ou 1'obliquite de la surface obliteree ; je ne 1'ai meme ob-
serve que sur YEmarginula neocomiensis d'Orb. (Paleont. franc.,, Terr, cret.,
2 e vol., pi. 234, fig. 4) et sur nos Emarginula gibbosula et galericulus.
Explication des figures. PI. II, fig. d. Exemplaire de grandeur naturelle, vu en dessus.
2. Le meme au trait, vu de profil.
5. Portion de test grossie.
Localite. J'ai decouvert cette rare emarginule dans le turonien de Mon-
tignies-sur-Roc.
N 18. EMARGIMJLA GALERICULUS de Ryckholt, 18SO.
(PI. II, fy. 4, 8.)
E. Testa tenui, semi-globosd , subcrenulatd vel subyranulatd . costulis I4ma-
joribus carinatis et inter binas tribus aliis tenuioribus , quarum intermedia
scepe crassior, rotundatis longitudinaliter ornatd; apice minuto, acuto,
affixo, mediano; fissurd exstante, trigond, canaliculatd , imbricatd, latera-
liter carinulatd , subarcuatd.
Coquille hemispherique, mince; sa surface est ornee d'environ 14 cotes
carenees, entre lesquelles, prises deux a deux, on observe trois autres cotes
arrondies, dont celle du milieu est souvent la plus forte; vue a la loupe, elle
parait couverte, tantot d'une fine granulation, tantot de crenelures produites
probablement par de fines lignes d'accroissement tres-rapprochees et tres-
faiblement exprimees; sommet court, en pointe, et non detache; surface obli-
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 49
/tree triangulaire, sailluntc, creusee en gouttiere, imbriquee. bordee dc deux
fail>les carenes et deviant un pen a droite en s'arquant.
s. L'Emarginula galericulus possede plusicurs caracleres qui
ini sont propres; chacun d'eux, pris isolcrncnt, etablit une notable distinc-
tion ni ire cllf et ses congu'nurcs; c'est, a ma connaissance du rnoins. le soul
<|ui .ilVn-ic la forme hemisphe'rique.
Explication da figures. PI. II , fig. 4. Excmplairc de grandeur naturullc , vu en dessus.
5. Lc mcmc, au trait, vu dc profil.
Localite. - - J'ai recueilli YEmarginula galericulus dans le turonien de
Montignies-sur-Roc; il y parait peu frequent.
N 19. EMARGINULA GIBBOSULA de Ryckholt, <8oO.
(Pi. 1 1, fig. 0-8.)
E. Testa tenui, orbiculari, conicd, regione apiciati antice yibbosd, posl'icv
excavatd, yranosd; costulis radiantibus 16 subcarinatis remotis, ettotidem
filiformibus interpositis radiatlm ornatd et costulis tenuissimis, transver-
sis, confertis decussatd; apice postico , acuto, affixo; fisstird exslante, con-
cavd, imbricatd, later aliter carinulatd.
Coquille mince, orbiculaire, conique, marquee en avant, sur la region api-
ciale, d'une gibbosite trcs-prononceci sa surface est ornee en long de 16 coles
fort espacees, faiblement carenees, d'e'paisseur presque uniforme dans toute
' leur e'tendue, alternant avec le memc nombrc de cotes filiformes; on remar-
que, en outre, de tres-fines cotes transverses, tres-rapproche'es qui. par leur
intersection avec les premieres, produisent de pctits tubercules graniformes:
sommet petit, posterieur, non de'tache, termine en pointer surface obliteree
saillante. dextre, unpeu concave, imbriquec, bordee par deux faibles carenes.
Observations. La forte gibbosite apicialc, ainsi que les ornements de la
surface, sont les caracteres distinctifs decette emarginule, que Ton no saurait
confondre avec aucune des especes connues.
Explication des pgvrtt. PI. II, fig. 6. Excmplairc dc grandeur naturcllc, vu en dessus.
7. Lc mcinc, vu dc profil, au trail.
8. Portion grossic dc test.
TOME XXIV. 7
50 MELANGES PALEONTOLOG1QUES.
Localite. J'ai rencontre YEmarginulagibbosula dans le turonien de Mon-
tignies-sur-Roc.
N 20. EMARGIMJLA PUNCTICEPHALA de Ryckholt, 1850.
(PI. I, fa. 35,34.)
E. Testa crassd, ellipticd conicd, ubique convexd; costulis interdiim carinatis.
scepiiis planulalis, sulculo divisis, longitudinaliter ornatd; apice subme-
diano, punctiformi ; fissurd trigond, levigatd et carinatd.
Coquille epaisse , elliptique , re'gulierement conique ; sa surface est ornee
de cotes inegales , dont quelques-unes sont carenees , tandis que la grande ma-
jorite en est aplatie; toutes sont separees entre elles par un fin sillon ; on ne
remarque aucune trace de lignes d'accroissement; sommet punctiforme, a
peine posterieur; surface obliteree, triangulaire, carenee, lisse et saitlante.
Observations. Le bombement uniforme de YEmarginula puncticephala ,
la petitesse de son sommet et la simplicite des ornements de sa surface con-
stituent des signcs distinctifs qui ne permettent pas de le confondro avec au-
cune autre espeee decrite.
Explication des figures. PI. I, fig. 53. Exemplairc dc grandeur naturelle, vu en dessus.
54. Le meme, vu dc profil, au trait.
Localite. Cette emarginule a etc recueillie par moi dans le terrain turo-
nien de Tournay.
N 2i. EMARGINULA GRAVIDA de Ryckholt, 1850.
(PI. II, fig. 9,10.)
E. Testa crassd, conicd, antice valde convexd, postice excavatd; costulis 50-
ffiradiantibus et fere totidem tenuioribus transversis cancellatd; apice brevi,
postico, recurvo; fissurd angustissimd , vix latescente et exstante, superne
imbricatd; aperturd ellipticd.
Coquille epaisse, conique, moins haute que large, bombe'e en avant, forte-
ment evidee en arriere^ ornee en long de 30-32 fines cotes saillantes, assez
MELANGES PALEOISTOLOG1QUES. 51
espacees , avec lesquelles vicnncnt se croiser,sanslescouper, Ic meme nombrv
de cotes moins fortes encore et plus rapprochees; sommet court, recourbe.
tres-posterieur; surface obliteree tres-etroite, ne s'elargissant que faiblement .
mi pen saillante, imbriquee ; bouche elliptique.
Observations. -- Cello coquille, par son fort bombcment anterieur, par
I'epaisseur uniforme de ses cotes longitudinales , par la place qu'occupe le
sommet, enfin par le peu de largeur de la surface obliteree, est parfaitcment
distinctc de ses congeneres que je viens de faire connaitre.
Explication des figures. PI. II, fig. 9. Excmplairc de grandeur naturcllc, vu en dessus.
10. Lc mi' mi- au trait, vu de profll.
Localite. -- L'Emarginula yravida a ete decouvert par moi dans le terrain
turonien de Montignies-sur-Roc et de Tournay.
N 22. EMARGINULA SUPRACRETACEA dc Ryckholt. 1850.
(PI. II, fig. 11,12.)
E. Testa ellipticd, conicd, pariim data, antice convexd, postici; subexcavatd;
costulis radiantibus, confertis et plicis raris, incequi-remotis decussatd;
apice valde postico, fere marginali, brevi, recurvo; fissurd superne convexd,
hand exstante, sulco lateral! distinctd, in feme eminentiore ; labro nuclei
serrato.
Coquille elliptique, conique, peu elevee , tres-convexe en avant, faiblement
evidee en arriere, ornee en longde cotes arrondies tres-rapprochees, coupees
par quelques plis d'accroissement int'galement exprimes et espaces; sommet
court, recourbe, tres-postericur , presquc marginal: surface obliteree con-
vexe sans etre saillantc, bordee de deux sillons ; fissure saillante: fabre den-
ticule sur le moule.
Observations. Je ne connais que le moule de I'Emarginula suprdcreta-
cea; comme il appartient a un ctage dans lequel ce genre n'a pas encore ete
rencontre, il constituc bien certainemcnt une espece nouvelle; je n'ai pu re-
connaitre sur le moule, qui est d'ailleurs de la plus parfaite conservation,
outre les cotes longitudinales, que quelques plis transverses fortement mar-
ques.
52 MELANGES PALEOJNTOLOGIQUES.
Parmi les espcces dc ce genre que j'ai decrites. c'est celle dont le sommet
surplombe de plus pres le labre.
Explication des figures. PI. II, fig. II. Excmplairc de grandeur naturelle, vu en dessus.
12. Lc meme, au trait, vu dc proiil.
Localite. Cette precieuse coquille qui relie, generiquement parlant, le
terrain turonien au terrain tertiaire , a etc rencontree par moi dans 1'etage su-
perieur du terrain senonien a Ciply.
N 23. EMARGIMJLA CELLULOSA de Ryckholt.
(PI. II, fy.to, 14.)
V.MIA CELLUI.OSA de Ryckh., n IS, 1847.
E. Testa tenui, ellipticd, depressd, oblique corned, ubique similiter convexd,
lamellis erectis radiantibus et transversis favosd; apice brevi, obtuso ; fissurd
superne angustd, convexd, imbricatd, lateraliter bilamellatd . in feme
prcelongd.
Coquille mince, elliptique, formant un cone peu eleve, oblique, unifor-
mement convexe, couverte de petites cellules profondes, formees par des
cotes lamelleuses , qui se croisent, en les coupant, avec des cotes concentri-
ques de mcme forme et egalement espacees^ chaque intersection engendre
une petite squamosite; sommet court, emousse, place a peu pres au tiers
posterieur; surface obliteree allant en s'elargissant faiblement. convexe,
bordee de deux lamelles, imbriquee; fissure allongee.
Explication des figures. PI. II, fig. 13. Exemplaire grossi, vu en dessus.
14. Le meme dc grandeur naturellc, vu de prolif.
Localite. J'ai recucilli cette emarginulc dans le terrain turonien de
Tournay; elle y est peu commune et conserve une partie de son test.
Observations. L'on ne connaissait jusqu'ici que cinq representants de ce
genre, dont qua tre en France et un en Boheme, dans les divers etages cretaces
d'Europe; on en compte actuellement douze de plus, que j'ai pu decrire avec
les seules ressources de ma collection; il est probable que, si j'avais pu dis-
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 55
poser .ur.
N 44. DENTAJLIUM GEIMTZIANUM de Ryckholt, 1847.
DENTALIUM MEDIUM Sow. apud Fitton, p. 343, pi. 18, fig. 4.
Sow. apud Geinitz, loco oil., pi. 18, fig. 25, 26.
Sow. apud Reuss , loco tit., pi. 1 1 , fig. 4.
Nous donnons le nom de Geinitzianum a la dentale confondue, comme
nous 1'avons fait remarquer au n precedent, par J. de C. Sowerby avec le
medium de J. Sowerby.
La surface de cette coquille est ornee en long d'un grand nombre de cotes
tranchantes lorsqu'elle est parfaitement intacte ; ces cotes alternent avec d'au-
tres moins fortes , sans cependant que ce caractere soit appreciable au meme
degre sur tous les exemplaires; on observe une multitude de fines lignes
d'accroissement tres-rapprochees : bouche orbiculaire ou a peu pres; angle
apicial 5.
Localite. Cette dentale a ete rencontree par moi a Tournay et a Mon-
tignies-sur-Roc , dans 1'etage turonien. Les auteurs cites a la synonymic Font
rencontree dans le terrain du meme age de leur pays.
N 45. DENTALIUM REUSSIAMJM De Ryckholt, 1847.
DENTALIUM STRIATUM Sow. apud Mantell., Geol. ofsassex, etc., p. 87, pi. 19, fig. 28 et 4 e .
Sow. apud Geinitz, loco cit., p. 76, pi. 18, fig. 27.
Sow. apud Reuss, loco cit., p. 41, pi. 11, fig. 18.
Non DENTALIUM STRIATUM Sow. Mineral. Conchy liol., pi. 70, fig. 4.
Non Lamk. apud Deshayes, Monog. du genre Dentale, pi. 4, fig. 4, 5.
Non Lamk. apud Deshayes, Memoires de la Socitte, etc., pi. 18, fig. 4, 5.
Cette dentale a ete rapportee a tort , par M. Mantell , a 1'espece lertiaire
decrite par M. Sowerby sous le nom de Striatum ' ; le meme nom specifique
a encore ete applique par M. de Lamarck a une espece vivant actuellement
1 M. Deshayes a fait du Dent, strialum Sow. son Dent, aculicosta.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. , 71
dans Ic go lie dc Tarcnte; elle n'oxistc dans le turonicn do Vise qu'a 1'etat de
motile, et encore ne la rencontre-t-on pas frequemment.
N 46. DEISTALIUM BICOSTALE de Kyckholt, 1847.
(PI. II, fig. 43, 44.)
Ill MM M M UECUSSATUM? SOW. .)///(. < 'illlrll I/I i figures. PI. II, fig. 47. Excmplairc Ac grandeur naturcllr, vu de profil.
48. Contour dc lu bouclic.
Localite. J'ai rccucilli ccttc dcntalc dans le luronien des environs de
Liege.
ESPECES DENOMMEES.
lll-llllli.-IIIK s
Dtnlalium antiquum Goldf.
ii i...nif. i c-
Dentalium perarmatnm de Ryckh.
inii-ifiiiili- de Ryckh.
priicam Miinst.
Iti uliiliiii'ili'iiiii I'liill.
Xeoromlenne.
Dentalium bicoitate dc Ryckli.
decuisalum? Sow.
I in imlriiin--
Denlalium medium Sow.
Geinitziantim dc Ryckh.
Reussiannm de Ryckh.
alternant de Ryckh.
Michauxianum de Rvckh.
NATICID& D'ORBIGNY.
GENRE NARICA d'Orbigny.
NATICA Auctor.
Coquille globuleuse plus longue que haute et generalement striee en tra-
vers; spire courte; bouche semilunaire, toujours coupee carrement du cote de
I'oinbilic; ombilic toujours Ires-large et sans encroutement. D'Orbigny.
Observations. Ce genre a ete cree en 1839, par M. d'Orbigny. dans sa
Fatme des Antilles , aux depens du genre Natica. A aucune epoque ce genre
n'a acquis un bien grand developpement specifique, comme on le voit par le
releve ei-apres. Dans 1'elagc carbonifere ou, d'apres nos connaissances
acluelles, ses depouillcs se rencontrent pour la premiere fois, on ne connail
encore que deux especes, Tune, le Narica lyrata Phill., loco cit., pi. 14, fig. 22.
a etc observee simultanement en Belgique et en Angleterre; 1'autre, dont la
description suit, a etc recueillie par moi a Vise. Dans 1'etage permeen de
TOME XXIV. 10
74 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
S'-Cassian , M. le comte de Miinstcr a signale plusieurs Natica, dont une au
inoins,le Natica semistriata, figurtie Beitr. zur Petref., 4 e partie, pi. 10.
fig. 6 , me semble devoir passer dans le genre qui nous occupe. Ce meme
auteur a assimile au Narica lyrala une Naticella qui , par le manque d'om-
bilic, ne pcut etre une Narica (voyez meme pi., fig. 25); je n'en connais pas
dans les divers etages jurassiques et tertiaires; une espece en a etc observee
dans le luronien de Cassis, parM. Malheron et decrite sous le nom deCrelacea
par M. d'Orbigny; vivantes on les rencontre sur le littoral des mers chaudes.
N 49. NARICA srii\EscE!xs de Ryckholt , 1847.
(PI. Ill ,/ig. 1,5.)
N. Testa tenui, arcuatd, longitudinaliter costatd, costis latis, sulco distinctis
et transversim lamellosd., lamellis erectis, remotis, spinosis , et striis undu-
latis interpositis; anfractibus convexis , ultimo superne depressinscwlo ;
aperturd ovali , postice angustald; umbiiico rugoso.
Coquille mince, arquee: tours de spire convexes, legerement deprimes pres
la suture; sa surface est ornee en long de larges cotes peu proeminentes,
separees par un sillon, et en travers de cotes minces en forme de lamelles,
tres-saillantcs, un peu convergentes vers les exlremites, tandis qu'elles sont
fort espacees vers le milieu des tours; ces cotes, de distance en distance, for-
ment des expansions epineuses , larges a la base , mais peu elevees : 1'intervalle
qui les separe est ride par un grand nombre de stries tres-apparentes. com-
posees d'un nombre de demi-cercles egal a celui des cotes longitudinales
qu'elles traversent; leur concavite est tournee vers la bouche: cette derniere
est oblique et serait elliptique, si elle n'etaitun peu retrecie en arriere: ombi-
lic plisse.
Observations. Le Narica spinescens differe du Narica lyrala Phill., par
sa forme moins globuleuse , ses sillons longitudinaux , ses stries onduleuses et
surtout par ses epines.
Explication des figures. PI. HI, fig. 1. Excmplairc du grandeur uaturullc, vu SUJ' le dos.
2. Le meme, vu dc profil.
5. Lc mfimc, vu sur la bouche.
Localite. Cette coquille a etc decouverte par moi dans le calcaire carbo-
nifere de Vise.
MELANGES PALEONTOLOGJQUES. 75
GENRE NATICODON dc Ryckholt, 18i7.
NATI&E ET NERITA: Spec. auct.
Coquille nacticoidc, munic a tout age sur le retour dc la spire, au-dcssous
du bord interne dc la columelle, d'une dent variable dans sa forme scion 1'age
et Ics especes; surface columellaire encroutee on callcuse, generalement ca-
naliculec sur une assez grandc etendue, lisse ou orrice en travers dc plis, de
slries, de sillons ou dc granulations; ombilic masque.
Observations. - - Lorsqu'on observe attentivement les coquilles carboni-
feres et devoniennes rangces, par Ics uns, dans le genre Natica, par d'autres.
dans Ic genre Nerita, Ton nc tarde pas a remarquer que ces fossiles echap-
pent en quclquc sorte a la diagnose des deux genres, et Ton eprouve quelque
hesitation a les classcr dans un genre plutot que dans I'autre.
En effct, procedons par voie d'analysc et prcnons d'abord le Natica variata
Phill., Nerita variata de Kon., et etudions-le dans ses details; il se rapprochc
des Natica par sa forme globuleuse, par sa bouchc ct par sa columelle cal-
leuse, qui ne se fond pas avcc le corps de la coquille et laisse toujours subsis-
ter un soupcon d'ombilic, qu'on trouve des mieux constitues, lorsqu'a 1'aide
d'un instrument pointu on enleve une partie de la callosite; on remarquc
aussi une depression situee presque entierement en avant dc la surface cal-
leuse; cc dernier caractere se rencontre, quoique rarement, surquelques na-
tices vivantcs.
Si on recherche ensuite quels motifs ont pu engager certains auteurs a en
faire une ncritc, on eprouve quelque cmbarras a en trouver un qui ait une
apparcncc de fondement; car sa structure intime s'oppose a tout rapproche-
ment de 1'espece; si alors on vient a decouvrir que cette coquille, dont le clas-
sement nous preoccupc, est pourvue d'une grosse dent au-dessous du bord
interne dc la columelle, on ne cherche plus a en faire soil une natice, soil
une neritc.
Si on precede dc la memc maniere a 1'egard du Nerita spirala Sow., Natica
spirata Phill., on rcconnaitra la bouchc des natices, un ombilic masque, une
depression a la columelle, mais sa surface columellaire, regulierement plissee
en travcrs, repousse tout rapprochement avec les natices; d'un autre cote,
la forte depression qui caracterise la columelle de cette coquille , la forme de
la bouche, etc. , ne permettent pas dc la reunir aux nerites; une dent analogue
a cellc de 1'espece prccedente et placee dc la meme maniere, coupe court a
76 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
toute hesitation, et Ton est encore une fois force de convenir que ce n'est ni
une natice, ni une nerite.
Passons .111 Natica plicistria Phill. , Nerita plicistria de Kon. . analysons
ses caracteres, comme nous 1'avons fait pour les especes precedentes, et nous
arriverons au meme resultat. Cette coquille doit, en passant dans le genre
Naticodon , reprendre le nom specifiquc de Globosum, qui lui a etc donne des
1830 par M. Hoeninghaus.
Quant an Natica ampliata Phill., Nerita ampliata de Kon., Capulus am-
pliatus Goldf., nous avons de bonnes raisons pour en faire un Cardiomorpha ;
cette assimilation nous parait incontestable, a moins qu'on ne nous prouve
qu'il existe a Vise et a Tournay un Cardiomorpha dont chaque valve est iden-
tique avec la coquille en question.
DC ces observations decoule la nccessite de combler, dans la science, une
lacune, en creant un genre dans lequel viendront se ranger ces coquilles equi-
voques, dont 1'interieur ne nous est pas parfaitement connu et qui, sans ap-
partenir aux natices et aux ne'rites, onl en commun, dans leur facie exte-
rieur, quelque chose des deux genres.
II paraitra peut-etre etonnant aux pcrsonnes peu familiarisees avec I'etude
des fossiles paleozoi'ques, que cette dent, souvent si bien developpee. soil
rcstee inapercue jusqu'a ce jour; en reflechissant cependant que la durete
des rochcs qui recelcnt ces fossiles , ne permet que bicn rarement d'en dega-
ger completement la bouche, et que meme, lorsqu'on y parvient. 1'emploi
d'un outil tranchant a prcsque toujours detruit cette dent, le fait paraitra
moins extraordinaire; il a fallu un hasard presquc providentiel pour parvenir
a cette decouverte, dont 1'honneur revient de plein droit a M. le professeur
Cantraine.
Je ne connais 1'existence du genre Naticodon que dans le 2 me et le 3 me elage
paleozoique; cependant, a en juger d'apres le facies de certaines coquilles de-
crites en Angleterre et en AHemagne, il y a lieu de croire qu'il se montre
aussi dans le premier etage. Ainsi, pour n'cn citer qu'un exemple, le Natica
gregaria Barrande du silurien de Jarrow (Boheme), ne devrait-il pas devoir
etre compris dans cc nouveau genre ?
N 50. NATICODON PYRULA de Ryckholt. d847.
(PI. i/r,fy.i,v.)
N. Testa tenm, oblong a , ventricosd, anfractibiis quinque rotundatis, ultimo
MELANGES PALEOINTOLOGIQUES. 77
maxima, dilalato, plicis obliqui* , transversis, evanescentibus ornatd; aper-
lurd xuborbiculari ; columelld fere nudd, levi, sulco longitudinali exaratd ;
apicf. mucronato.
(loquille mince, renflee, elargie en avant, acuminee en arriere. composee
de cinq tours spiraux arrondis, dont le dernier comprend a peu pres les '/
do la longueur totale: dans 1'etat ordinaire de conservation, sa surface est or-
nee, pres la suture, de plis arques, transverses, qui disparaissent a une petite
distance de leur point de depart; cependant, lorsqu'on consulte les retours
de spire que les causes destructives de la fossilisation n'ont pu entamer. on
remarque a la loupe de fines stries longitudinales coupees en long par de
lines hachures: bouche incompletement circulaire; columelle faiblement si-
uueusc, prcsque concave, a peinc recouverte d'une legere callosite, sans orne-
nients bien distincts ; en arriere et a hauteur du milieu de cette derniere part .
mi M I Ion qui sc prolonge en avant jusqu'au bout de la columelle: sommet
tormine en pointe.
Observations. Le Naticodon pyrula differe des especes connues par la te-
nuile du test, du Natica inflata Roem., Perstein. des hartzg., p. 27, pi. 7 3 fig. 8.
par sa forme plus globuleuse, plus ramassee, par sa spire moins elevee. etc.,
du Natica protogcea Goldf., par les memes motifs, par sa columelle moins cal-
leuse, par le contour plus arrondi de la bouche, etc.
Explication des figures. PI. Ill, fig. 4. Excmplaire. dc grandeur naturclle , vu sur le dos.
5. Lc IIH'IIIC , vu sur la bouche.
Locatite. J'ai decouvert ce Naticodon dans le devonien de Vise.
N 51. NATICODO OTAROIOE de Ryckholt, 1847.
(PI. Ill, fig. 6, 7.)
N. Testa ovali, crasser, explanald, depressd, levi, anfractibus 3 convexis,
ultimo maximo; aperturd subsemi-circulari , dente acuto instructd; colu-
melld callosd, levi, antice depressd; labro arcuato; apice laterali. ma-
in illari.
(loquilte e'paisse. presque aussi longue que large, deprimee. lisse. composee
78 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
de trois tours spiraux convexes, dont les deux premiers sont a peu pres en-
roules dans le meme plan, tandis que le dernier forme a lui seul presque
toute la longueur de la coquille ; bouche plus longue que large , pourvue d'une
dent terminee en pointe et limitec lateralement par un arc de cercle ; colu-
melle legerement concave, calleuse, lisse et deprimee en avant; labre tres-
arque; ombilic marque par une forte depression; sommet lateral, emousse.
Observations. Je ne connais, dans le terrain paleozoique, aucun Natico-
don qui ait des rapports un peu marques avec celui-ci, persuade -que nous
sornmes, qu'il est bien adulte par suite du fort epaississement de la columelle ;
il parait avoir etc richement colorie pendant la vie de Fanimal; il subsiste
encore de cette coloration des traces, mais trop fugitives pour etre rendues
par le pinceau; je crois etre parvenu a en isoler la dent, mais je ne pourrais
I'aflirmer positivement.
Explication des figures. PI. Ill , fig. 6. Excmplairc de grandeur naturellc , vu sur la Louche.
7. Le meme , vu sur le dos.
Localite. Ce Naticodon se rencontre dans les memes circonstances que
le precedent.
N 52. NATICODON BREVISPIRA de Ryckholt, 1847.
(Pi. in, fy. 8, 9.)
E. Testa crassd, ovali, levi, anfractibus 4, ultimo maxima, convexo; aper-
turd oblongd; columelld callosd, granulis partlm confluxis obsitd,, antice
depressd; labro arcualo, acuto; spird brevi, apice laterali, mamillari.
Coquille epaisse, elliptique, lisse, composee de quatre tours spiraux, dont
les trois premiers sont a peu pres enroules dans le meme plan , tandis que
le dernier forme les 4 / 5 de la longueur tolale; bouche oblongue; columelle
epaissie par une callosite couverte d'une fine granulation dont les elements les
plus rapproches confluent deux a deux, e), donnent ainsi naissance a de petits
plis; la depression anterieure esl fortement marquee; labre arque et tran-
cliant; sommet mamillaire.
Observations. Cette coquille conserve de larges traces de sa coloration
premiere ; ce sont des fascies irregulieres , transverses et noires : 1'extreme
MELANGES PALEONTOLOGIQl'ES. 79
cpaissciir du test et la coluiaelle chagrinee nc permettcnt pas de la confondrt-
aver aucun dc ses congeneres cunnus.
Explication da figures. PI. Ill, fig. 8. Excmplairc dc grandeur naturcllc, vu sur Ic dos.
9. Lc mime , vu sur la bouchc.
Localite. Lc Naticodon brevispira a etc rccucilli par moi dans le caluaire
(.arbonifere dc Vise.
.M ,Cl .yt\ ,\U .V\f
JN 53. NATICODOIV VARIATUM Phillips.
(PI. ill, fig. 10, H.)
N.VTICA VARIATA. Phill., lllutt., of the Geol. of Yorck, p. 226, pi. 14, fig. 26, 27.
NEIUTA de Kon., Descript. des anim. foss., etc., p. 481, pi. 22, fig. 8, a, 6.
La dent dc cc Naticodon, dans le jcunc age, cst fort superficielle; la base en
cst large, mi peu orbiculairc, ct clle se lermine en pointe; adulte. elle devicnl
t-onique.
Nous renvoyons, pour la description dc cette coquille et celle dcs deux
especes suivantes, aux auteurs cites a la synonymic; elle conserve asscz fre-
< 1 1 1 r 1 1 1 1 1 1 r 1 1 1 scs ornciuents primitifs ; nous possedons de Vise des exemplaires
unifascies et bifascies; on voit, pi. Ill, fig. 9, un exemplaire de Tournay. orne
dc quatre fascies noires sur un fond chamois, et, fig. iO b ", un autre de Vise
colorie de rouge ct de pourpre sur un fond clair; la fig. \\ en reprodnit la
dent isolee, vue de profit.
Localite. On rencontre ce Naticodon dans le calcairc carboniferc de Vise.
de Bcrneau , Chocquier, Lives , etc.; les exemplaires de Tournay correspondent
parfaitement aux figures de 1'auteur anglais; il parait aussi fort repandu en
Angleterre.
N 54. NATICODON GLOBOSUM Hoeninghaus.
(PI. ///, fig. 12.)
GLOBOSA Horn.. Jalirbuch fur Geol. und Min. von Leonh. untl Bronn 1850.
Dumont, Constit. gtol. (le laprov. de Liege, p. 550.
Davreux, Constit. geol. de la prov. de Liege, p. 271, pi. 8 , fig. I.
NATICA PLICISTKIA Phill., loco cit., p. 22o, pi. 14, fig. 2o.
NERITA Phill., apud de Kon., loco cit., pi. 42, fig. 5, a, 6, c.
Non NATICELLA PLICISTRIA Phill., apud Munst. , BeUrdge, Heft 4, p. 95, pi. 10, fig. 8.
La dent dc ce Naticodon est conique.
80 MELANGES PALEOISTOLOGIQUES.
Explication des fynrcs. PI. Ill, fig. 12. Jcune excraplaire, vu sur la bouche, au trait.
Localite. On rencontre frequemment cette coquille dans le calaire car-
bonifere de Vise et de Tournay.
N 55. NATICODON SPIRATUM Sowerby.
(Pi. in, fig. 15, 14.)
NEBITA SPIRATA Sow., Conch, miner., p. 475, pi. 463, fig. i, 2, 3.
Sow., apud Dumont,/oco cit., p. 354.
NATICA Phill., apud de Kon., loco cit. , p. 481 , pi. 42, fig. 5 d.
La dent de cette coquille est pyramidale, a base etalee, un peu radicante.
Explication des figures. PI. Ill, fig. 15. Excmplaire de grandeur naturclle, vu sur la Louche.
14. Dent isolee de jcune exemplaire, vue en face du cote dc la
columelle.
Localite. On rencontre ce Naticodon dans le calcaire carbonifere de Vise.
Observations. Je crois pouvoir affirmer que la dent dont sont pourvues
les coquilles de ce genre, subit de grandes modifications par 1'age, et que,
malgre les differences apparentes qu'elles montrent dans le jeune age , elles
finissent generalement, plus lard, par affecter la forme conique.
ESPECES DENOMMEES.
Dcvonlennea.
Naticodon pyrula de Ryckh.
otaroide de Ryckh.
Carbonlfcrea.
Naticodon brcvispira de Uyckh.
Naticodon variation Phill.
globosum Hocn.
spiralum Sow.
MELANGES PALEONTOLOG1QUES. 81
D'ORBIGNY.
GENRE NERITA Linne.
NERITA el NERITINA Lamk. et cset. auct.; PELERONTA Ocken; CLITHON el VELATES Monif.
Coquille spiralc, scmi-globulcuse, aplatic en dessous et sans ombilic: bouche
semi-lunaire: columelle entiere, pourvue de dents ou de crenelures; labre
tranchant, dente ou non dente a 1'interieur; sommet generalement emousse et
lateral.
Observations. Les nerites ont etc signalees dans tous les etages ; nous avons
demontre quo les coquillcs dcs divers etages paleozoiques , decrites comme
telles, devaient faire partie de mon genre Naticodon. M. A.d'Orbigny n'admet.
IIM . leur existence que posterieurement a la craie. Cette maniere de voir esl
par trop exclusive, attendu que je possede au moins deux especes de cette
derniere formation : le vrai est que la plupart des auteurs ont classe dans ce
genre des coquilles dont les caracteres interieurs leur etaient inconnus, et
seulement sur le facies exterieur qui , par ses rapports avec les Natica et
les Neritopsis, a pu les induire en erreur; cependant, d'apres les connaissances
acquises sur ce genre , je crois que nous pouvons admettre que les animaux
se sont montres avec les terrains jarassiques et que, depuis lors, ils n'ont cesse
de vivre dans les mers qui se sont succede, pour acquerir, dans les mers,
les fleuves et les rivieres de nos jours, le maximum de leur developpement
specifique.
N 56. NERITA GLEBOSA de Ryckholt, 1847.
(PI. Ill, /ty.18,16.)
N. Testa ovali, angulald, spird brevi, angulo 80, anfractibus tribus convexis ,
ultimo maximo, langitudinaliter squamoso-costatd , squamalis, brevibus,
irregularibus , fomicatis vel plenis et transversim oblique plicald; apice
obtuso; aperturd semi-orbiculari, coarctatd; columelld incrassatd, trans-
versd, quadridentatd ; labro acuto, supeme incrassato.
Coquille ovale, anguleuse; spire composee d'un angle regulier de 80:
TOME XXIV. ii
82 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
tours spiraux au nombre de trois; le dernier, fort convexe, forme a lui seul
la presque totalite de la longueur de la coquille; sa surface est ornee en long
de cotes, dont deux, celles qui sont le plus rapprochees dc la suture et celle qui
limite la depression, sont les plus fortes ; ces cotes sont couvertes d'ecailles,
courtes,irregulieres, relevees en voute, pleinesou creuses, isolees ou reunies,
formees par le passage de plis Iransverses, obliques, onduleux et tres-rappro-
ches; ces plis rident en outre les interstices des cotes et s'accumulent dans
le voisinage du labre; ces ornements ne sont qu'ebauches sur les surfaces an-
guleuses; somtnet emousse et lisse; bouche scmi-circulaire et retrecie par un
fort epaississement paletal plus developpe, vers la gauche, a la jonction du
labre a la columelle, que partout ailleurs; columelle calleuse transversale,
sans inflexion et pourvue de quatre petites dents.
Explication des figures. PI. Ill , fig. 15. Excmplairc dc grandeur nnlurdta , vu sur le dos.
16. Le mcmc, vu sur la bouche, au trait.
Localite. J'ai recueilli abondamment cette nerite dans le turonien dc
Tournay et de Montignies-sur-Roc.
N 57. NERITA CESTOPHORA de Ryckholt. 1847.
(PI. HI, fig. 17.)
N. Testa ovali, conoided, postice subacuminatd, spird angulo 107; anfracti-
bus convexis. ultimo maxima, angulato, superne plicato, plicis transversis.
obliquis, lamellosis, erectis, denticulatis et concentrice triplicate, plicis mi-
noribus; infra carinam, medio unicostato, costd laid rotundatd, crispatd ;
et antice seriatim tuberctdatd ettorulosd; apice obtuso. levi;,aperturd semi-
orbiculari; columelld recta, dentatd; labro acuto.
Coquille conique, un peu acuminee en arriere, legerement elargie en avant;
spire composee d'un angle dei07 et formec de trois tours spiraux convexes,
dont les ornements sont tres-varies; les deux premiers sont lisses, tandis que
le dernier, qui forme a lui seul presque loute la longueur, est anguleux; sa
surface superieure ou deprimee est ornee d'un gros bourrelet fronce, qui
longe la suture, et de lamelles droites qui se dirigent obliquement vers la
carene qui limite la depression; ces lamelles sont denticulees et coupees par
3 ou 4 petites cotes concenlriques peu saillantes ; la partie inferieure ou
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 83
noil de'primee dc la surface cst ornee, dans Ic milieu, d'un bourrelet plus mar-
que que le premier ct fronce comme lui . par lu continuation dcs plis trans-
verses que nous venons de mcntionner; en-dessous de ce dernier, on observe
4 a 6 rangees de tubercules disposes regulierement en funicules ; sommet lisse.
a peine saillant. bouche semi-orbiculaire; columelle droite et dentt-e ; /a&re
tranchant.
Observations. N'ayant pas d'exemplaire dont la bouche est bien degagee.
il in 'est impossible d'en faire connaitre tous les caracteres; je crois, cepen-
dant me rappeler qu'ils different a peine de ceux de 1'especc precedente.
Cclte observation, que j'ai ete a meme de faire sur tin exemplaire faisanl
partic d'une collection particuliere du pays, m'a engage pendant longtemps.
malgrc les differences apparentes, a conside'rer les deux cspcces comnie
n'en formant qu'une; je crois encore que, par la suite, ce rapprochement
sera possible.
Le Natica nodoso-costata Reuss, pi. 44, fig. 21 , ne serait-il pas etabli sur
un exemplaire roule ou oblitere par 1'age de notre coquille?
Kjcplicalion ties figures. PI. Ill, fig. 17. Excmplairc dc grandeur naturelle, vu sur le dos.
Localite. Cette nerile se rencontre avec 1'cspece precedente.
ATLANTIDM RANG.
GENRE BELLEROPHON Montfort.
Coquilie generalement globuleuse, rarcment discoide, toujours symetrique.
avec ou sans ombilics; bouche prcsque toujours plus large que haute; labre
muni a tout age, dans sa parlie mediane, d'une fissure elargie en avant; sur-
face obliteree se dessinant en carenc imbriquee ou limitee laleralemcnt par
deux carenes ou cotes, couverte de plis arques et transvcrses; rarement elle
est marquee par unc depression simple; retours de spire recouvcrts d'une
cullosite qui cache les usperites qui composent les ornements exterieurs de la
coquille.
84 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Observations. Les savants sont peu d'accord sur la place que ce genre
doit occuper dans la methode; laissant de cote les systemes trop absurdes
pour qu'on s'en occupe, nous restons en presence de deux opinions qui me-
ritent, au meme titre, qu'on les discute.
MM. Deshayes, d'Orbigny, Cantraine, de Verneuil, etc., ont place ce genre
dans la famille des Atlantides; M. de Koninck, dans celle des Fissurellides ,
a cote des emarginules ; ce dernier rapprochement a quelque chose de si se-
duisant au premier apercu , qu'il m'a paru destine a rallier beaucoup de pa-
leontologues ; pendant longtemps, j'ai partage lopinion du savant professeur,
non que les considerations sur lesquelles elle s'appuyait me parussent con-
cluantes , mais parce qu'il me semblait peu conforme a la marche habituelle
de la nature qu'un genre, eteint depuis une si longue suite de siecles, fut
represente dans les mers actuelles par une famille assez nombreuse.
M. de Koninck, pour faire prevaloir son opinion, a beaucoup insiste sur
la callosite qui revet les retours de spire; mais je pense que ce caractere ne
pent etre invoque par les partisans d'une opinion, plutot que par ceux de
1'autre , attendu que si , les coquilles des genres Atlanta Lesueur et Helico-
phlegma d'Orb. n'en sont pas pourvues , on ne 1'a pas plus observee sur celles
des genres Fissurella et Emarginula ' ; il en est de meme des consequences
que ce savant a voulu tirer de la plus grande epaisseur du test des Bellero-
phon ; elles me paraissent aussi peu fondees que 1'assertion d'un auteur qui,
il y a 20 ans, ecrivait, du plus grand serieux, que bien certainement les am-
monites, vu le poids de leur coquille, ne pouvaient quitter le fonds des mers
et que , des lors, on les rencontrerait un jour, par 1'effet d'un heureux hasard ;
n'est-il pas probable que cette epaisseur a du etre en rapport avec la puissance
de locomotion dont 1'animal disposait? Ainsi une ventouse plus developpee
a pu contre-balancer le surcroit de poids resultant de la plus grande epaisseur
du test; ensuite il existe bien des especes de ce genre dont le test n'est pas
plus epais que celui des atlantides.
Si Ton compare ensuite la coquille des atlantides avec celle des Sellerophon,
Ton reste frappe de 1'analogie qui existe entre les deux types , et Ton se sent
entraine vers 1'opinion de ceux qui classent les Bellerophon dans la famille
des atlantides, comme la plus probable; c'est celle que j'adopterai pour cette
publication 2 .
1 Les Jictterophon a test tres-mince que nous decrirons, sont a peu pres depourvus de cette callosite.
5 En principe, chaque coquille devant satisfaire aux conditions d'cxistcnce de Tanimal qui Thabite, la
question controversee sc reduit a celle-ci: par leur structure, les coquilles de ce genre sont-elles plutot
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. s :,
Ce genre nppartient a la nature eteinte; il est propre aux ctagcs paleo/ui-
qucs; c'est clans Ic 3 me que ses especes sont les plus nombreuses et atteignent
les plus fortes proportions.
line seule cspece , le B. nautilinus Munst. a etc signalcc dans Ic 4 e etage , a
S l -Cassian ; inais cette coquillc est depourvuc du principal caractere du genre :
elle manque de surface obliteree et de fissure; V /tmmonites? rimosus du
meine auteur, pi. l-'i. fig. 31, se rapprochc davantage du genre.
N 58. BELLEROPHON TUBERCULATUS d'Orbigny.
iii i iniMi'iinN TUBERCUI.ATOS d'Orb. et Ferrussac, Monog. desctphal. acttabul., pi. 8, fig. 7-10.
KODULOSUS Goldf., Mus.
TUBERCULATCS de Vern. and d'Arch., Mem. on tlte fos., etc., pi. 353, pi. 28, tig. 9.
B. Testa globulosd, perforatd, tubercutis obsitd; fissurd mediocri; carind
prominuld, plicis transversis, crassis, arcuatd; imbricatd; auriculis mi-
nutis; aperturd transversd ; umbilicis angustis.
Coquille globuleuse, perforce; sa surface est couverte de tubercules plus
on moins confluents a leur base; fissure petite; surface obliteree, limitee late-
ralement par deux cotes peu saillantcs et marquee en travers de gros plis ar-
ques; bouche beaucoup plus large que haute; oreillettes peu developpees;
ombilics etroits.
Observations. MM. de Verneuil et d'Archiac, en decrivant cette coquille,
ne font pas mention de ses ombilics , qui sont cependant tres-perceptibles a
tout age; les tubercules et les plisde la surface obliteree s'affaiblissent et nieme
disparaissent avec 1'age senile.
Localite. J'ai recueilli le B. tuberculatus dans le devonien de Vise et dans
I argile du meme age des environs de Pafrath.
N S9. BELLEROPHOIS HIULCUS Sowerby, 1847.
(PI. Ill, fy.i8,i9.)
J'ai fait figurer un exemplaire de Bellerophe que je rapporte. non sans
proprcs a flotter ii la surface des eaux qu'a abritcr un animal rampant au fond des mers? La reponse ne
pcut otre doutcusc, ce me scmble, car lous les principcs statiques qui reglcnt la stabilitc des corps sont
iiicrvrillciiM'iiicnt observes dans leur construction.
86 MELANGES PALEOISTOLOGIQUES.
eprouver quelque incertitude sur ma determination, aii B. hiulcus Sow., par
la presence d'ornements accidentels et par le manque de symetrie ; il offre a
la science un cas morbide interessant; il est bien adulte et n'a subi auctinc
depression, ni compression.
Le cote gauche, a partir de 1'oreillette, est marquee de trois larges cotes
arquees, separees par un sillon; une profonde depression allant, ainsi que les
cotes, en s'elargissant de bas en haut, occupe toute la surface libre jusqu'a la
carene ; cette depression est partagee en deux parties inegales et un peu eta-
gees par une fine cote parallele aux precedentes ; la carene ne me parait pas
sensiblement differer de celle des individus non valetitudinaires ; sur le cote
droit pres de 1'oreillette, on observe deux cotes Jdentiques aux cotes analo-
gues de 1'autre face, mais les deux autres manquent, ainsi que la depression;
on decouvre , non sans peine , de fines stries correspondant aux sillons oppo-
ses ; tous ces accidents s'attenuent insensiblement avant d'atteindre le labre.
Observations. J'ai vu se reproduire ce manque de symetrie sur plusieurs
exemplaires et toujours de facon differente.
Explication des figures. PI. Ill, fig. 18. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
19. Le meme, vu sur le dos.
Locality. L'exemplaire figure a etc recueilli par moi dans 1'argile carbo-
nifere de Tournay.
N 60. BELLEROPHON PHALENA de Ryckholt, 1847.
(PI. HI, fig. 20-22.)
B. Testa papyraced , valde convexd, lateribus compressis; auriculis productis,
explanatis et in feme recte delineatis, costulis longitudinalibus et transversis
decussatd ; carind vix prominuld, imbricatd ; umbilicis perspectivis ; aper-
turd valde transversd.
Coquille fort mince, formee de chaque cote de la carene de deux plans,
dont 1'un, vertical, comprend 1'ombilic et 1'autre, convexe, fait un angle obtus
avec le premier; par suite de cette disposition, le dos parait lateralement corn-
prime; sa surface est ornee en travers de fines cotes arquees qui represen-
tent assez exactement des accolades dont la pointe repose sur le milieu de la
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 87
surface obliteree, ct les extremites s'appuicnt sur Ic pourlour de I ombilic:
ccs cotes sonl coupccs en long par d'autrcs dememe grosseur ct cquidislanles;
en sortc qu'elle parait couvcrte d'un rcseau dont Ics maillcs sont ornees aux
quatre angles d'un petit tuberculc a peine visible a I'oeil nu (les jcuncs exem-
plaircs paraissent converts d'une fine granulation); surface oblilere'e a peine
saillanlc et imbriquee ; ombilics niontrant lous les tours spiraux ; bouclte beau-
coup plus large quc haute; callosite gibbeuse; oreillettes fort grandes, etalees
ct se dcvcloppani en ligne droite a leur liniite inferieure.
Observations. Le test dc cctte coquille est, pour 1'epaisseur, comparable a
celui des argonaulcs; Ton n'a done que peu dc chances dc la rencontrer par-
failcment intacte; je pensc que les ornements s'obliterent dans I 'age senile:
car les oreillettes, et meme toute la surface comprise entre les ombilics et le
labre . sont fruslcs dans 1'exemplaire figure.
Explication des figures. PI. Ill, fig. 21. Exemplairc dc grandeur naturellc, vu sur le dos.
20. Le mdme , vu sur la bouche.
22. Le inn in-, vu sur 1'ombilic.
Localite. J'ai recueilli le B. phalena dans 1'argile carbonifere de Tournay.
N 61. BELLEROPHON PAPYRACEUS de Ryckholt, 1847.
(PL/11, fig. 28.)
B. Testa papy raced, compressd, lenliculari, clausd, ccesim carinatd ; carind
lanielUformi , valde exstante, transversim tenui lamellosd, lamellis sinuo-
sis, straits ; auriculis productis, valde utrinque incumbentibtis ; aperturd
paululum transversd.
Coquille fort mince, discoi'de, non ombiliquee, munie d'une carene tran-
chantc et en forme de lamellc assez saillante ; sa surface est couverte de la-
melles coucliees et sinueuses ; les oreillettes sont tres-prolongees en avail t et
retombcnt fort bas de chaque cote; bouche un pen plus large que haute: je
ne connais pas exactement la fissure.
- Le test de cette coquille est encore plus mince que celui
de I'cspece precedente: aussi est-il fort rare d'en rencontrer des exemplaires
88 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
passablement conserves ; je n'ai pas ose degager completement la bouche pour
en etudier la callosite.
Explication del figures. PI. Ill, fig. 28. Exemplaire de grandeur naturelle, vu dc profit.
Localite. J'ai decouvert le B. papyraceus dans 1'argile carbonifere de
Tournay.
N 62. BELLEROPHON HYALINUS de Ryckholt, 4847.
(PI. II I, fig. 26,27.)
B. Testa hyalind, valdeconvexd, inferne subglobosd, striis lonc/itudinalibus
et transversis decussatd, loco carince, fasciold hand prominuld in depres-
sionem profundam latescente, instructd; umbilicis perviis; aperturd ex
cequo, vel magis in altitudinem patente ; auriculis magnis, subexplanatis ;
anfractuum reversionibus vix incrassatis; fissurd semi-circulari.
Coquille hyaline, fort convexe, presque spherique en dessous, un peu de-
primee en avant et au-dessus des ombilics; sa surface est ornee en long de
fines stries paralleles a la surface obliteree et coupee en travers par d'autres
stries onduleuses, fort espacees ; la carene est remplacee par une bande etroite,
superficielle, qui change en depression assez profonde a hauteur des ombilics,
etva, en s'elargissanl rapidement, jusqu'au labre; ombilics tres-prononces, lais-
sant probablement voir tous les tours spiraux; oreilleltes tres-developpees
et un peu etalees; bouche aussi haute ou plus haute que large; retours de
spire a peine epaissis ; fissure semi-orbiculaire.
Observations. Le test de cette coquille n'est pas plus epais que celui de
Y Atlanta Keraudrenii d'Orb.; on conceit des lors que je n'aie pas ose courir
la chance de compromettre , pour 1'etude des ombilics , 1'unique exemplaire,
d'une conservation assez parfaite, que j'aie pu recueillir.
Ce bellerophe , ainsi que les deux precedents, etablissent merveilleusement
I'affinite du genre avec les atlantides; ne pourrait-on pas conclure d priori,
que 1'epaississement des retours de spire est en raison directe des asperites,
qu'il est destine a recouvrir, pour garantir de toute lesion, soil le corps de
1'animal , soil 1'appareil de mouvemcnt si delicat dont il est pourvu? et d pos-
teriori, que la coquille des atlantides, lorsqu'elle est exterieurement ornee.
est aussi pourvue d'un epaississement suffisant pour masquer les inegalites
interieures?
MELANGES PALEOJNTOLOGIQUES. 89
Explication de fiyurvt. PI. Ill, fig. 26. Excmplairc dc grandeur nalurcllc, vu sur le dos.
27. I.r i in' mi-, vu sur I'miiliilir, au trait.
Localite. Ce Bellerophon ue se rencontre que fort rarement dans 1'argile
carbonifere de Tournay.
IN 63. BELLEROPHON PLICATUS de Ryckholt, 1847.
(PI. HI, fig. 28.)
B. Testa crassd, tumidd, arcuatd, lateribus compressiusculis, dorso convexo,
declivi, transversim plicald, plicis confer (is, undosis, imbricatis; carind
prominuld, arcuatim rugosd; fissurd magnd; aperturd transversd, valde
callosd ; umbilicis clausis.
Coquille epaisse, renflee, arquee, ayant les flancs legerement comprimes
et le dos un peu convexe, inclinant, de chaque cote de la carene, vers les
flancs; sa surface est couverte en travers de plis tres-prononces, reguliers,
serres, ondoyants et imbriques; carene etroite, bien exprimee sans etre fort
saillante, allunt en s'elargissant tres-lentement , de bas en haul et traversee
par de pctits plis arques; fissure grande; bouche plus large que haute; re-
tours de spire revetus d'une forte callosite; ombilics fermes.
Observations. Le B. plicatus differe du B. tenuifascia Sow., Conchyl.
mineral., efc., pag. 484, pi. 470, fig. 3, 4, par sa forme bien moins globu-
leuse, par sa surface fortement imbriquee, et surtout par le manque absolu
d'ombilics qui, d'apres M. de Koninck, sont visibles a tout age dans le
B. tenuifascia.
Explication des figures. PI. Ill, fig. 28. Excmplaire dc grandeur naturelle, vu sur le dos.
Localite. Ce bellerophe accompagne les especes precedentes.
N 64. l!i i.i.i KOI M; i\ SUBDISCOIDES de Ryckholt, 1847.
(PL III, fig. 29-31.)
B. Testa modice crassd, disco'ided, lateribus convexo-compressis ; juniore,
striis undulatis transversim omatd ; seniore, fere oblitteratd; carind acutd
TOME XXIV. 12
90 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
valde exstante; aperturd subtrigond, paululum transmrsd, auriculis
utrinque incumbentibus ; fissurd minutd; umbilicis clausis.
Coquille peu epaisse, disco'ide, deprimee dans son ensemble, ayant les
flancs legerement arrondis ; sa surface, dans le jeune age , est couverte de fines
lignes d'accroissement qui s'obliterent dans 1'age senile, au point qu'il n'en
resteque quelques traces fugitives; carene tranchante, assez relevee; bouche
presque triangulaire , un peu plus large que haute; oreillettes retombant jus-
qu'au tiers inferieur; fissure fort petite; ombilics fermes.
Observations. Le B. subdisco'ides differe du B. Hiulcus Sow. par sa
forme incomparablement moins globuleuse , etc.
Explications des figures. PI. Ill, fig. 30. Excmplairc de grandeur naturelle, vu sur le dos.
29. Le meme , vu sur la bouche.
31 . Le meme , vu sur Tombilic.
Localite. - - Ce Bellerophon se trouve avec les especes precedentes; il est
moins rare.
Observations. L'on rencontre dans le calcaire devonien a Chimay, le
B. Hupschii; dans le schiste du meme age de Verviers , j'ai recueilli un moule
de Bellerophon que je ne puis rapporter avec certitude a aucune espece
connue; le gres quartzeux, qui sert, dans le Hainaut, a la confection des
paves destines aux chaussees de 1'Etat, est petri de moules de Bellerophon.
dont la determination est impossible.
ESPECES DENOMMEES.
UrvonlcnncH.
Bellerophon tuberculatus d'Orb.
Carbonlf^rea.
liellerophon hiulcus Sow. Var.
Bellerophon phalena de Ryckh.
papyraceus de Ryckh.
hyalinus de Ryckh.
plicatus de Ryckh.
Subdiscoides de Ryckh.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 91
BRACHIOPODM D'ORBIGNY.
GENRE ORBICULA Lamarck.
ORBICULA et DISCINA Lamk.
Coquille de forme extremement variable , cependant generalement orbi-
culaire ou elliptiquc, tres-inequi valve; valve inferieure presque plane ou
concave, percee, dans les especes vivantes, d'une fente transversale et, dans
les especes fossiles que je connais, d'une ouverture circulaire destinee a
livrer passage aux muscles d'attache ; valve superieure patello'ide, recouvrante,
a sommet excentrique, toujours plus pres du cote superieur; aire triangulaire
et sous-apiciale ; impressions musculaires au nombre de quatre, dont deux
laterales pres du sommet et deux rapprochees du cote superieur, et appuyees
centre les limites de I' area; impressions ciliaires en forme de dechiquetures an-
guleuses ou arrondies, couvrant toute la surface interne des deux valves,
fugitives dans certaines especes, tres-marque'es , meme saillantes, dans d'au-
tres, existant dans toutes.
Observations. J'ai sous les yeux plus de 1 50 exemplaires d'orbicules ;
c'est sur cet ensemble que j'ai etabli ma diagnose.
L'apparition sur le globe des animaux de ce genre date des mers silu-
riennes; plus nombreux dans les mers devoniennes, ils sont au maximum de
developpement specifique dans les mers carboniferes; a partir de cette
epoque, ils diminuent specifiquement en nombre de bas en haul jusqu'a
1'epoque actuelle, ou Ton en connait encore quelques especes.
M. Phillips en cite uneespece dans le neocomicn d'Angleterre, MM. Mantell .
J. de C. Sowerby et d'Archiac en mentionnent chacun une autre dans les
divers etages du terrain cretace ; le nom de Lamellosa, donne par M. d'Archiac,
a une espece senonienne de Rouen, a deja etc applique a une espece vivante;
il serait, ce me semble, convenable de 1'inscrire dans nos catalogues sous le
nom de Archiadana, afin d'eviter la confusion que pourrait engendrer Ic
double emploi du meme nom specifique.
92 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
N 65. ORBICULA ' CANTRAUVEANA de Ryckholt, 1847.
(PL IV, fig. I, 1.)
0. Testa tenui, orbiculari, convexiusculd, concentric^ rugosd, apice obtuso.
Observations. L'Orbicula Cantraineana ne presente rien de bien saillant
dans ses caracteres , ni dans son fades; il differe de YOrb. subrugata Miinst. ,
Beit., etc., 3 e part., pag. 80, pi. 14, fig. 20, par son sommet moins excen-
trique, moins pointu, par ses rides plus marquees, par sa taille, etc.
Explication des figures. PI. IV, fig. 1. Excmplaire de grandeur naturelle, vu en dessus.
2. Le meme au trait, vu de profil.
Localite. M. le professeur Cantraine, a qui j'ai dedie cette orbicule, 1'a
rencontree dans le devoniendu Luxembourg; cinq exemplaires sont fixes sur
un Orthoceras, long de 12 centimetres.
N 66. ORBICULA ' CIMACENSIS de Ryckholt, 1847.
(PL IV, fig. 5, 4.)
0. Testa orbiculari, conicd, striis radiantibus et rugis quibusdam concen-
tricis ornatd ; apice obtuso ; area levi, fere pland, valvd inferiore concavd.
Coquille orbiculaire, formant un cone oblique; sa surface est ornee de
stries rayonnantes coupees par quelques rides presque concentriques ; sommet
emousse; area lisse, presque plane; valve inferieure concave.
Explication des figures. PI. IV, fig. 3. Exemplaire grossi, vu en dessus.
4. Le meme, vu de profil, au trait.
Localite. J'ai recueilli cette orbicule dans le devonien de Chimay; on la
rencontre encore dans le terrain du meme age du Boulonais, d'ou je 1'ai
recue de M. Bouchard-Chantereau.
M 67. ORBICULA ' NITIDA Phillips.
(Pl.IV,fig.S,G.)
ORBICULA NITIDA Phill., loco cit., pag. 221, pi. XI, fig. 12.
0. Testa tenui, nigrd, nitidd ovali, depressd, conicd, striis remotis radian-
1 Lisez Orbicutoidea.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 93
tibus et concentricis , confertis ornatd; apice valde excentrico, acuto, inflexo;
valvd inferiore pland.
Coquille mince, noiratre, brillante, presquc orbiculaire, formant un cone
deprime et oblique; sa surface cst ornee de stries tres-fincs qui rayonnent
du somniet vers la circonference, et sont coupees par d'autres stries egale-
i in-ill fines et tres-rapprochees; sommet termine en pointe, recourbe et place
aux '/, de la largeur ; valve inferieure presque plane.
Observations. La fig. 12 de 1'auteur anglais reproduit exactement la
forme de notre coquille; il n'en est pas de meme des figures 10, 11 et 13.
qui representent une espece moins deprimee et dont le sommet cst plus
marginal .- ces considerations m'ont decide a ne pas les mentionner dans la
synonymic.
Explication des figuret. PI. IV, fig. b. Exemplaire de grandeur naturelle, vu en dessus.
6. Le i urn n- au trait, vu de profil.
Localite. On ne rencontre que rarement cette orbicule dans le cal-
caire carbonifere de Tournay; elle est toujours fixee sur d'autres fossiles:
M. Phillips la cite dans le meme calcaire de plusieurs localites d'Angleterre.
N 68. ORBICULA ' HIEROGLYPHICA de Ryckholt, 1847.
(PI. IV, fig. 12, 20.)
0. Testa tenui, nigrescente, subnitidd, suborbiculari vel subovali, conico-
depressd, varie insculptd; apice excentrico, obtuso vel acuto ; valvd infe-
riore subpland; nucleo granoso.
Coquille mince, noiratre, un peu brillante, a contour irregulier, presque
orbiculaire ou elliptique, formant un cone peu eleve; sa surface est couverte
de tubercules granules , disposes plus ou moins regulierement en series con-
centriques, engcndrant par leur confluence des ornements tres-varies; pac-
fois ils persistent; d'autres fois ils se rcunissenta un ou plusieurs tubercules
laterauxou superieurs; sommet termine en pointe lorsqu'il est libre, emousse,
lorsqu'il est cache par les ornements et place au tiers de la largeur entiere;
bords se pliant exactement aux formes du corps sur lequel 1'animal s'est fixe;
1 Liscz Orbicitloidea.
94 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
valve inferieure presque plane; aire bien marquee, mais mal limitee; surface
du moule granule.
Observations. Sans egard pour la forme, j'ai reuni sous le meme nom
specifique des coquilles assez dissemblables au premier apercji , mais se con-
fondant toutes, par le caractere commun d'avoir des tubercules couverts
d'une fine granulation seulement perceptible a la loupe.
Le test, abstraction faite des ornements dont le relief est assez marque,
est fort mince.
Explication des figures. PI. IV, fig. 12. Exemplaire grossi, vu en dessus.
15. Le meme, de grandeur naturelle, au trait, vu de profil.
14. Autre exemplaire grossi, vu en dessus.
15. Le meme de grandeur naturelle, vu de profil.
16. Moule grossi, vu en dessus.
17. Le meme de grandeur naturelle, vu de profil.
18. Traits indiquant la longueur et la largeur du meme.
19. Autre exemplaire, vu en dessus.
20. Le meme, de grandeur naturelle, vu de profil, au trait.
Localite. J'ai recueilli cette belle orbicule dans 1'argile carbonifere de
Tournay, ou elle est peu commune; il est rare d'en rencontrer deux exem-
plaires ayant a peu pres les memes formes.
N 69. ORBICULA ' PSAMMOPHORA de Ryckholt, 1847.
(Pl.IV,fy.7,U.)
0. Testa tenuissimd, subsemicirculari, convexd, granosd, granulis rnininiis,
acutis, concentrice subplicatd; apice acuto, inflexo; area concavd; valvd
superiore intus millepertusd et rugosd; valvd inferiore pland; nucleo valde
granoso.
Coquille tres-mince, un peu convexe, presque semi-orbiculaire; cote su-
perieur legerement arque, les autres arrondis; sa surface est entierement
couverte de fins grains un peu allonges et marquee de quelques lignes d'ac-
croissement peu prononcees; sommet termine en pointe recourbee et place a
peu pres au cinquieme de la largeur entiere; area un peu evide et parfaite-
ment limite; valve superieure marquee a 1'Jnterieur de quelques plis for-
1 Lisez Orbicella.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 95
temenl exprimes el dc milliers dc pctits cnfoncemcnts correspondents aux
grains exterieurs; valve inferieure plane; impressions musculaires grandes
et orbiculaires ; impressions ciliaires courtes et arrondies ; la granulation est
plus forte sur le moule que sur le test meme.
Explication del figures. PI. IV, fig. 7. Exemplaire gross! , vu en dcssus.
8. Le mdme, tie grandeur naturelle, vu de profil.
9. Trait indiquant la longueur du meme.
10. Valve superieure, grossie, vue en dedans.
41. Moule grossi, rcproduisant les impressions viscerales.
Localite. J'ai decouvert cette orbicule dans le calcaire carbonifere com-
pacte a Tournay.
N 70. ORBICULA ' DAVREUXIAIYA de Koninck.
(PL IV, fig. 27-29.)
Observation. Je ne mentionne cette orbicule que pour en faire connaitre
les impressions ciliaires anguleuses et en rectifier le profil , etabli probable-
ment sur des exemplaires deformes.
C'est par erreur que le 4 dessinateur lui a donne la couleur ocracee de la
roche dans laquelle je 1'ai rccueillie; elle cst toujours noire et brillante,
elliptique ou orbiculaire ; j'ai pu,a differentes reprises, observer un instant les
muscles d'attache, et je ne crois pas me tromper en affirmant qu'ils etaient au
nombre de trois, ou que le muscle unique se trifurquait a la sortie de 1'ou-
verture; lorsqu'on a le bonheur de rencontrer cette coquille, on peut esperer
en recueillir bon nombre d'excmplaires ; j'ai vu des blocs de calcaire et de
phtanite qui en etaient entierement petris.
Explication des figures. PI. IV, fig. 27. Excmplairc grossi, vu en dcssus.
28. Valve inferieure , de grandeur naturelle.
29. Valve superieure, de grandeur naturelle, vuc de
profil, au trait
Localite. J'ai recueilli cette orbicule dans le phtanite, a Tournay, ou
elle nc varie pas, tandis que, dans le calcaire meme, elle ofTre beaucoup de
varietes sous le rapport de la forme et de la convexite; je considere ces
dernieres neanmoins comme appartenant a une meme espece , parce qu'elles
se trouvent toujours ensemble.
1 Liscz Orbiculoidca.
96 MELANGES RALEONTOLOGIQUES.
JN 71. ORBICULA ' MESOCOELA de Ryckholt, 1847.
(PJ. /F,/%.25,26.)
0. Testa tenui, ovali, valde inflatd, fere hemisphcericd , transversim de-
pressd, canaliculatd , plicisque subconcentricis , undosis notatd; apice acuto,
lateribm declive explanatis.
Coquille mince , plus longue que large , fort renflee , presque hemisphe-
rique , munie d'une depression qui part du tiers superieur du sommet pour
aboutir au cote palleal ; sa surface est marquee de quelques gros plis a peu
pres concentriques, qui s'arquent en passant sur la depression; le sommet,
termine en pointe, est place au tiers de la largeur; les cote's s'etalent en pente
douce ; area limite de chaque cote par un renflement du test.
Observations. La forme globuleuse de cette orbicule et la depression
transversale sont les principaux caracteres qui la distinguent de ses conge-
neres de 1'epoque carbonifere.
Explication des figures. PL IV, fig. 28. Exemplaire de grandeur naturelle, vu en dessus.
26. Le mriiir, vu de profil, au trait.
Localite. Cette orbicule se rencontre frequemment dans 1'argile carbo-
nifere, a Tournay; elle est fort constante dans sa forme.
N 72. ORBICULA ' GIBBOSA de Ryckholt, 1847.
(PI. IV, fig. 21-24.)
0. Testa transversim ovali, valde convexd, gibbosd; latere cardinali angus-
tato, latere palleali dilatato, utroque rotundato; lateribus buccali et anali
fere parallelis , rugis crassis concentriceobsitd; apice obtuso; area magnd.
Coquille mince, plus large que longue, fort renflee, bossue; les cotes car-
dinal et palleal sont arrondis ; le premier est, en outre , un peu retreci , tandis
que le second est un peu elargi ; les cotes buccal et anal sont presque droits
et paralleles; sa surface est couverte de gros plis tres-saillants ; sommet
emousse, place aux 5 / 3 de la largeur entiere dans les exemplaires adultes, et
moins excentrique dans les jeunes ; area bien limite et fort marque.
1 Lisez Orbiculoidea.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 97
Observations. Le contour de cctte coquille varie considc'rablement d'a-
pres 1'age; j'ai fait figurer un jeune exemplaire qui est presque orbiculaire; les
deux figures reproduisent les formes extremes; on la reconnaitra toujours a
son aspect gibbeux et a ses gros plis
Explication ties fyurei. PI. IV, fig. 21. Excmplaire grossi , vu en dcssus.
22. Le iiit'-mr , ilc grandeur naturellc, vu de profit.
23. Autre exemplaire grossi, vu en dessus.
24. Le iiii'iiir, dc grandeur naturellc , vu dc profil, au trait.
Localite. Les exemplaires figures ont ete recueillis par moi dans I'argile
carbonifere, a Tournay, ou 1'espece est fort peu commune.
N 73. ORBICULA ' OBTUSA de Ryckholt, i847.
(PI. V,fy. 1,2.)
0. Testa nigrd, suborbiculari , valde inflatd, latere cardinali fere recto, cce-
teris rottindatis, granulis minimis obsitd, ruyisque crassis, irreyularibm
concentrice notatd; apice marginali, vix prominulo ; reyione apiciali ro-
tundatd; area concavd.
Coquille noiratre, un peu plus longue que large, fort renflee; cote cardinal
presque droit, les autres arrondis; sa surface est couverte d'une fine granu-
lation et marquee en long de gros plis irreguliers ; sommet a peine distinct
et place au-dessus du cote cardinal; region apiciale arrondie, presque globu-
leuse; area bien I i mile et un peu evide; impressions musculaires grandes.
elliptiques et retrecies a 1'une des extremites.
Observations. Dc toutes les orbicules que j'ai pu observer, YOrbicula ob-
tusa est celle dont le sommet est le plus marginal ; on le reconnaitra encore
a sa region apiciale globuleuse.
Explication des figures. PI. V , fig. 1. Exemplaire grossi , vu en dessus.
2. Lc mi'-im-, dc grandeur naturcllc, vu dc profit, au trait.
Localite. J'ai decouvert cette singuliere orbicule dans I'argile carbonifere
a Tournay.
1 Lisez Orbieuloidra.
TOME XXIV. 13
98 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
N 74. ORBICULA l TORTUOSA de Ryckholt, 1847.
(PL V,fy.5 t i.)
0. Testa crassd, sinuosd, inflatd; granulosd, plicis torulosis, undulatis, con-
centrice ornatd; apice fere marginali, acuto, inflexo; area concavd, circum
marginatd.
Coquille epaisse , sinueuse , ayant la region anale plus renflee que la buc-
cale, qui est un peu excavee; sa surface est couverte d'une fine granulation,
perceptible settlement a la loupe, et marquee en long de gros plis onduleux
et en forme de bourrelets; sommet termine en pointe, recourbe vers le cote
buccal , et tres-rapproche du cote cardinal , qui est fort court : area un peu
evide et limite par trois bourrelets.
Observations. Abstraction faite du contour tortueux, cette coquille dif-
fere des especes connues par 1'epaisseur assez remarquable dc son test , par-
son sommet presque marginal et par la circonscription de Varea.
Explication des figures. PI. V, fig. 5. Excmplaire grossi, vu en dcssus.
4. Le meme, grandeur naturelle, vu de profil, au trait.
Localite. J'ai rencontre I'Orbicula tortuosa dans 1'argile carbonifere, a
Tournay.
N 7S. OIIBICULA ' DUMONTIAXA de Ryckholt , i8SO.
(PL V, fig. 5, 6.)
0. Testa tenui, conicd, rugis crassis concentrice obtectd; apice acuto, valde
reflexo; area sub apice levi, excavatd, deinde rugosd et cotivexd.
Coquille mince, conique , couverte de gros plis peu reguliers, en forme de
bourrelets et concentriques , entre lesquels s'interposent d'autres pi is moins
marques ; sommet peu excentrique , termine en pointe inflechie ; area mal li-
mite, evide et lisse en dessous du sommet sur la moitie de la hauteur, plisse
et convexe sur 1'autre moitie.
Observations. --La forme regulierement conique et le fades de Yarea de
1 Uses Orbiculnidca.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
99
.die coquillc . nr me pcrmettent pas de la soumettrc a unc comparaison un
peu juste.
Explication des fiyurei. PI. V, fig. 8. Excinplairc dc grandeur naturelle, vu en dessus.
0. Lc mi'-Mir, au trait, vu dc prolil.
Localite. J'ai decouvert V Orbicula Dumontiana dans le calcaire carboni-
fere a Vise.
Observations. J'ai fait figurer, pi. V, fig. 7-10. deux moules d'orbicules
que je ne saurais rapporter avec certitude a aucune des especes deja decrites,
afin d'attircr sur eux I'altention des geologues; 1'un (fig. 7, 8) represente unc
orbicule dont tons les ornements sont en relief, ainsi que les impressions
amsculaires; 1'autre (fig. 9, 10) en reproduit une fort remarquable par un
cordon de tubercules qui longe le cote cardinal.
Dans le turonien de Tournay, j'ai recueilli une belle orbicule que j'ai en
vain cherchee dans ma collection , au moment ou je voulais la decrire.
Afin de rendre les impressions ciliaires plus perceptibles dans les figures,
que j'en ai donnees, j'ai cru devoir les grossir fortement; a quelques rares
exceptions pres, il faut le concours de la loupe et du soleil pour les observer.
ESPECES DECRITES.
Orbicula Cantrameana dc Ryckh.
Cimacensit de Ryckh.
4 arliiniifi-rri,
Orbicula nitida Phill.
hieroglyphica de Ryckh.
Orbicula psammopltora de Ryckh.
IJarreusiana de Kon.
mesoceela de Ryckh.
gibbosa dc Ryckh.
lorttiosa de Ryckh.
obtusa de Ryckh.
Dumontiana de Rvckh.
GENRE CARD1NIA Agassiz.
Mya Martin; unio Sow.; Tellinites Schlot. ; Thalassites? ; unionites Wiss.; Cardinia
Agas. ; Sinemuria Crist.
Ires-variable dans sa forme et dans 1'epaisseur de son test, equi-
valve, close, rarement baillante; impression pale'ale entiere; impressions
100 MELANGES PALEONTOLOG1QUES.
musculaires au nombre de deux , 1'une anale ovale ou elliptique , 1'autre buc-
cale suborbiculaire , un peu echancree du cote des crochets ; ligament interne
et externe; charniere composee d'une dent cardinale, d'une fossette et de
deux dents laterales , dont 1'une anale sur la valve gauche , 1'autre buccale sur
la valve droite.
Observations. Les Cardinia se montrent pour la premiere fois dans le
3 e etage paleozoique avec le schiste houiller, se maintiennent, dans les 4 e et
i> e etages , pour s'eteindre dans les mers liasiques. J'ignore si le nom de Tha-
lassites, en usage en Allemagne pour designer les coquilles de ce genre, est
anterieur a celui de Cardinia; dans le doute, j'ai donne la preference au
dernier.
N 76. CARDIMA UTRATA Goldfuss.
UNIO UTRATOS Goldf. , Petrif. Germ., div. 4", p. 180, pi. 131 , fig. 16.
CARDINIA UTKATA de Ron., Descript. des animaux foss. , p. 75, pi. 11 , fig. 3.
Nous donnons les dimensions exactes prises sur un exemplaire de cette
coquille parfaitement conserve.
Dimensions. - - Longueur M mill., par rapport a la longueur, largeur
-j^; epaisseur -^; longueur du cote anal 42 '/,; angle apicial 133.
Localite. M. de Scherpenzeel a decouvert cette cardinie dans le schiste
houiller de la province de Liege , et M. 1'ingenieur Toilliez dans celui du cou-
chant de Mons ; M. Goldfuss 1'a recueillie en Westphalie.
N 77. CARDINIA HULLOSIAMA de Ryckholt, 1847.
(PI. VI,fy.iS, 19.)
C. Testa subsolidd, subtrigond, convexd, latere buccali brevi, rotundato;
latere anali elongato , subangulato, paulaiim angustato, antice obtuso;
longitudinaliter sublamellosd, lamellis brevibus, erectis, remotis, striisque
interpositis ; umbonibus recurvis.
Dimensions. Longueur 24'/ 2 m7/.; par rapport d la longueur, largeur -~-^
epaisseur ^^; longueur du cote anal 20; angle apicial 110.
Coquille mediocrement epaisse et renflee , un peu triangulaire ; cote buccal
MELANGES PALEOiMOLOGIQUES. 101
court et arrondi; cote anal marque d'unc depression cardinalc peu exprimee,
allongee et allant en se retrecissant insensiblernent jusqu'a 1'extremite, qui est
emoussee; c6te cardinal arque; cote paleal legerement sinueux: sa surface eat
ornee en long de lamelles courtes, dressees et assez espacees; I'intervalh-
compris entre les lamelles est couvert de fines stries, lorsque le test est intact:
crochets recourbes.
Observations. Le Cardinia Hullosiana differe du Cardinia Tellinaria
Goldf., par une longueur moindre et une plus grande largeur, etc. Les memes
caracteres ne permettent pas de le confondre avcc le Cardinia ovalis Mart. :
son epaisseur est aussi moindre que celle dcs deux especes auxquelles nous
venons de le comparer.
Explication det figures. PI. VI, fig. 18. Exemplaire de grandeur naturclle, vu de profit.
19. Lc mi'iiir .-in trait, vu sur le ligament.
Localite. J'ai recueilli ce Cardinia dans le terrain houiller de la province
de Liege ; il y est peu commum.
N 78. CARDINIA NUCULARIS de Ryckholt, 1847.
(PI. V/,/ty.20,21.)
C. Testa tenui, subovali, regione palleali compressd, alibi passim convexd;
latere buccali brevi, rotundato, prope apicem emarginato; latere anali
subangulato, elongato, ant ice rotundato; latere cardinali arcuato; latere
palleali fere recto; longitudinaliter rugosd ; umbonibus recurvis.
Dimensions. Longueur 13 mill.; par rapport a la longueur, largeur-^:
epaisseur-^ longueur du cote anal il '/ t mill.; angle apicial 105.
Coquille mince, comprimec sur la region cardinale, convexe partout ail-
leurs; cote buccal court, arrondi et faiblement echancre pres des crochets:
cote anal marque d'une depression mal limitee, a peine anguleux, allonge
et arrondi en avant; cote cardinal arque; cote paleal presque droit; sa surface
renseigne en long des plis d'accroissement, dont un, longeant de pres le labrt 1 .
est fortement exprime ^ crochets recourbes.
Observations. Si je n'avais etc mis a meme d'observer la charniere (!<
102 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
cette coquille, j'aurais etc tente (Ten faire une nucule; sa surface est couverte
de fins grains irregulierement semes ; je n'en ai pas fait mention dans la dia-
gnose, parce que je crois que leur presence est accidentelle ; je ne pense pas
qu'on puisse la confondre avec aucune des especes connues.
, .
Explication des figures. PI. VI, fig. 20. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
21. Le meme au trait, vu sur le ligament.
Localite. On ne rencontre que tres-rarement cette coquille dans le
schiste houiller de la province de Liege.
N 79. CARDIMA COLLICULUS de Ryckholt.
(Pi. y/,/!j.*,a,3.)
C. Testa tenui, elongato-ovali , gracili, utrinque angustatd, valde incequila-
terd, convexd, levi; latere buccali brevi, obtuso; latere anali elongato,
subacuto; latere cardinali recto,, obliquo; umbonibus exiyuis.
Dimensions. Longueur 13 mill.; par rapport a la longueur, largeur
; epaisseur^; cote anal 9 mill.; angle apicial 147.
35
100
Coquille mince, allongee, un peu elliptique, retrecie aux deux extremites,
elargie un peu en avant des crochets , mediocrement renflee , tres-inequila-
terale; sa surface, presque lisse, ne renseigne que quelques lignes d'accrois-
sement; cote buccal court et obtus ; cote anal allonge et se terminant en pointe
emoussee; cote cardinal droit et oblique; cote paleal faiblement arrondi:
crochets fort petits.
Observations. La forme allongee et grele de cette cardinie , ainsi que sa
surface lisse, la feront toujours reconnaitre de ses congeneres decrits jusqu'a
ce jour.
Explication des figures. PL IV, fig. 1. Exemplaire gross!, TU de profil.
2. Le meme , vu sur le ligament.
3. Le meme, de grandeur naturelle, vu de profil.
Localite. Le Cardinia colliculus a etc decouvert, ainsi que 1'espece sui-
vante , dans le schiste houiller du couchant de Mons , par M. Desire Toilliez ,
aspirant des mines.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 103
N 80 CAUDIMA TOILMEZIANA dc Ryckholt.
(PI. IV, fig. I, 5.)
C. Testa ovato-abbreviatd, convexd, utrinque obtusd, incequilaterd, concen-
trice ruyosd; latere buccali brevi; latere anali subangulato; latere cardinali
recto; latere palleali vix rotundato.
Dimensions. Longueur 15 mill.; par rapport a la longueur, largeur
~ ; epaisseur ^; longueur du cote anal 9 '/, mill.; angle apicial 119.
Coquille courte, un peu clliptique, mediocrement renflee, obtuse aux deux
extremites, inequilaterale; sa surface est couverte de plis concentriques tres-
prononces; cote buccal court ; cote anal marque d'une depression anguleusc
assez mal exprimee; cote cardinal droit; cote paleal faiblement arrondi.
Explication de> figures. PI. VI , fig. 4. Excmplairc dc grandeur naturclle , vu > vvyVv. . 'jl.iH.v3 1 . ;/ ;<)- ,
C. Testa recta, crassd, oblongd, inflatd, utrinque angustatd et rotundatd,
MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
incequilaterd , concenlrice rugosd ; latere buccali brevi ; latere anali elonyatu.
anguloso.
Dimensions. Longueur 22 mill.; par rapport a la longueur, largeur :
longueur du cote anal 6 '/ tnill.; angle apicial i40.
Coquille droite, epaisse, un peu retrecie ct arrondic aux deux extremites .
renflee, inequilaterale; sa surface est marquee en long de quelques rides
espacees, engendrees par la reunion de deux lignes d'accroissernent tres-rap-
prochees; cote buccal court, obliquemcnt coupe du cote cardinal; cote anal
allonge, marque d'une depression angulcuse partant du sommet pour aboutir
a 1'extremite analc.
Observations. Le Cardinia angulata differe du cardinia Scherpenzeelianu
par ses proportions, parson cote cardinal non concave, par la forme du cote
buccal; du Cardinia tellinaria Goldf., par sa depression plus marquee, par
son cote cardinal droit, etc.
Explication des figures. PI. VI, fig. 10. Exemplaire dc grandeur naturelle, vu de profil.
31. Lc mcme, vu sur le ligament.
Localite. J'ai recueilli cette cardinie dans le schiste houiller des envi-
rons de Vise.
N 84. CARDINIA SCIIERPENZEELIANA de Ryckholt.
(PI. VI, fig. 12, 13.)
C. Testa tenui, oblongd, ulrinque obtusd, inflatd, incequilaterd , concentrice
plicato -rugosd; latere buccali brevi, dilatato; latere anali elongato, valdi-
anguloso, angustato, antice oblique truncate; latere cardinali concavo.
Dimensions. Longueur 27 mill.; par rapport a la longueur, largeur ^;
rpaisseur-fifc; longueur du cote anal 12 mill.; angle apicial 128.
Coquille mince, plus longue que large, obtuse aux deux extremites. ren-
flee, inequilaterale; sa surface est couverte de rides irregulieres et d'inegale
epaisseur, entre lesquelleson observe de fines stries; cote' feucca/ court etelargi:
cote anal allonge, allant en se retrecissant un peu et marque d'une depres-
sion anguleuse tres-prononcee sur laquelle les rides longiludinales satte-
TOME XXIV. 4
106 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
nuent; 1'extremite anale est coupee obliquement du cote cardinal; ce dernier
est concave.
Observations. En decrivant le Cardinia angulata, j'ai etabli les caracteres
qui separaient nettement les deux especes ; la forme du cote cardinal suffit a
elle seule pour le faire distinguer du Tellinaria Goldf. et Ovalis Mart. ; il
differe encore de ce dernier par sa depression anale.
Explication des figures. PI. VI, fig. 12. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
15. Le merae, vu sur le ligament.
Localite. Cette belle cardinie a ete decouverte par M. le sous-ingenieur
des mines Scherpenzeel , dans le terrain houiller de la province de Liege.
CARDINIA OVALIS Martin.
MYA OVALIS Mart., Petrific. Derbiens, pi. 27, fig. 1 , 2.
Cette cardinie a ete decrite et figuree par M. le professeur de Koninck :
nous nous bornons a en faire connaitre les dimensions.
Dimensions. Longueur 42 mill. ; par rapport a la longueur, largeur
epaisseur -^ ; longueur du cote anal 33 mill.; angle apicial i49.
100 "
CARDINIA TELLINARIA Goldfuss.
Cette cardinie se trouvant dans le meme cas que 1'espece precedente , nous
en agissons de meme a son egard.
Dimensions. Longueur ^28 mill. ; par rapport a la longueur, largeur --,
epaisseur ^5; longueur du cote anal 2S mill.; angle apicial 140.
N 8S. CARDINIA SALEBROSA de Ryckholt.
(PI. VI, fit,. U, 15.)
C. Testa solidd, abbreviatd, subrhombo'idali, ventricosd, gibbosd, valde ince-
quilaterd; rugis crassis, irregularibus , sulco distinctis concentrice obsitd;
latere buccali brevissimo, obtuso; latere anali anlice oblique truncato; laterc
ligamenti compresso.
MELANGES PALEOINTOLOGIQUES. 107
Dimensions. Longueur \3mill.; par rapport a la longueur, largeur
epaisseur ~^ longueur du cote" anal H mill.; angle apicial 105.
60 .
100
Coquille epaisse, courte, incompletcment rhomboi'de , ventrue, gibbeusc,
tres-inequilaterale; sa surface est couverte dc gros plis irreguliers, separes par
un sillon; ces plis s'aiTaiblisscnt apres avoir traverse le renflement oblique
qui part du sommet et aboutit a I'extremite anale, qui est un peu tronquee
vers le cote cardinal; cote du ligament comprime; cote palle'al arrondi ; cote
buccal Ires-court.
Observations. Je ne connais aucune cardinie qui ait des rapports assez
marques avec celle-ci, pour qu'il soil necessairc de mentionner les diffe-
rences qui la distinguent.
Explication des figures. PI. VI, fig. 14. Exemplairc dc grandeur naturelle, vu de profil.
15. Le ini'iiir, vu de profit.
Localite. Le Cardinia salebrosa a etc rencontre par moi dans le schiste
houiller du bassin de Gharleroi.
N 86. CARDIMA MACILENTA de Ryckholt.
(PL V7, fa. 16,17.)
C. Testd tenui, oblongd, gibbosd, compressd, incequilaterd, transversim coarc-
tatd, levi; latere buccali brevi, angustato, obliquo; latere anali dilatato,
antice obtuso; latere palleali sinuoso.
Dimensions. Longueur 10 mill. ; par rapport a la longueur, largeur -ffa ;
tpai&seur ^; longueur du cote anal 8 mi'//.; angle apicial 125.
Coquille mince , plus longuc que large , retrecie en arriere, elargie en avant ,
comprimee, gibbeuse, inequilaterale et marquee, a partir des crochets, d'une
faible depression transverse; sa surface, presque lisse, renseigne quelques
fines lignes d'accroissement, qui sont plus prononcees sur la region anale;
cote buccal court; extremite anale arrondie; cote palleal sinueux.
Observations. La compression transversale et son peu d'epaisseur distin-
guent ni mini i ii ini I le Cardinia macilenta de ses congeneres, avec lesquels il
108 MELANGES PALEOISTOLOGIQUES.
a quelques rapports de forme; ces caracteres le feront toujours reconnaitre.
Explication des figures. PI. VI, fig. 16. Exemplaire dc grandeur naturelle, vu de profil.
i7. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. J'ai rencontre cette coquille dans le schiste houiller des envi-
rons de Vise.
N 87. CARDINIA COPIDES de Ryckholt.
(PL VI. fig. 22, 23.)
SOLEN COPIDES de Ryckholt, 1847.
C. Testa elonyato-ovali , medio oblique inflatd, lateraliter paulatlm acclivi.
sulcis profundis , sinuosis, incequiremotis concentrice exaratd; latere buc-
cali brevi, oblique rotundalo; latere anali elonyato, paululum anyustato
et obtuso ; lateribus cardinali el palleali fere reclis.
Dimensions. Longueur 75 mill.; par rapport a la longueur, laryeur -^:
epaisseur ^; longueur du cote anal 59 mill.
Coquille allongee, un peu elliptique, renflee diagonalement^ des crochets
a I'extremite anale et diminuant inscnsiblement d'epaisseur de chaque cote
de ce renflement ; sa surface est marquee de sillons concentriques, profonds.
inegalement espaces, un peu sinueux; cote buccal court et obliquement ar-
rondi ; cote anal allonge , legerement retreci et emousse a son extremite ; cotes
palleal et cardinal presque droits.
Observations. Le Cardinia copides se distingue du C. concinna Sow. apud
Zieten, die f^erstein. tf^urtemb., pi. 60, fig. 2. 5, par unc longueur plus grande
et une moindre largeur. par la place qu'occupent les crochets, etc.
Explication des figures. PI. VI, fig. 22. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
23. Le meme , au trait, vu sur les crochets.
Localite. Cette cardinic se rencontre frequcmment dans le lias inferieur
du Luxembourg; elle y est accompagnee de plusieurs autres especes.
MELANGES PALEONTOLOG1QUES. 109
ESPECES DENONMEES.
MrhUIr in. iiill. <
Cardinia utrata Goldf. Scherpen-.eeliana de Ryckh.
Cardinia angulata dc Ryckh.
llulloziana dc Ryclik.
, . , Tellinaria Goldf.
nuailaru dc Ryckh.
salebrosa de Rvckh.
colliculus dc Ryckh.
_ .... , . , macilenla dc Ryckh.
Toillieztana de Ryckh.
hiam de Ryckh.
uncinata de Ryckh.
-i-i- de Luxembourg.
Cardinia copide.t de Ryckh.
CLAVAGELlfD^; D'ORBIGWY.
GENRE CLAVAGELLA Lamarck.
.
Coquille, dont une valve est enchassee et fixee a la paroi du long tube cal-
caire, et 1'autre est libre en dedans de ce tube; impressions musculaires au
nombre de deux, 1'une anale, grande, presque transversale , irreguliereraent
ovale; 1'autre buccale, presque orbiculaire; impressions palleales etroites for-
mant un angle aigu; tube tres-long, retreci du cote anal et elargi du cote
Imiv.'il . ou il est generalement termine par quelques ouvertures tubiferes.
Observations. D'apres nos connaissances actuclles, ces animaux se soul
m i >n I n- pour la premiere fois dans les mers senoniennes; cependant je con-
nais deux especes turoniennes , dont une de Vise et 1'autre de Tournay : dans
les mers tertiaires , leur developpement specifique est superieur a celui qu'ils
acquierent dans les mers de nos jours.
N 88. CLAVAGELLA CORONATA Deshayes.
CI.AVAGEI.LA COFONATA Deshoyes , Descrip. des coquilles , etc. , vol. i , p. 8, pi. 3, lig. 9-10.
Sow., Conchol. mineral, p. 497, pi. 480, fig. 1,2,3.
C. f^alvd externd subovali, subcequilaterd , convexd, vtrinque rolundatd.
lonyitudinaliter rugosd; latere buccali breviore oblique anyustalo: laterr
HO MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
anali dilatato, suturd crasse limbatd; latere palleali sinuoso ; tubo antice
conico-attenuato , postice coarctato, circum tubulis ornato.
Coquille , valve soudee un peu elliptique , presque equilaterale , renflee , ar-
rondie aux deux extremites ; sa surface accuse quelques plis longitudinaux ;
cole buccal un peu plus court et allant en se retrecissant ; cote anal elargi en
avant et limite par un bourrelet qui cache la soudure; cote palleal sinueux;
tube conique, irregulierement plisse en travers, comprime en arriere et
pourvu de huit fortes tubulures ; disque petit , divise par un sillon place a
peu pres dans le meme plan vertical que le cote cardinal ; ouverture circu-
laire.
Observations. J'ai soigneusement compare ma coquille avec toutes les
especes fossiles decrites, et je suis certain de ne pas m'etre trompe en la rap-
portant a celle de M. Deshayes, quoiqu'il existe entre elles quelques diffe-
rences, surtout dans la forme de la valve soudee 5 mais les differences sont
moindres que celles que Ton observe sur divers exemplaires du Clavagella
aperta Sow.vivant actuellement dans la Mediterranee; les deux valves ne sont
pas identiques ; la valve libre me parait la plus longue.
Localite. J'ai rencontre cette clavagelle dans le gres tertiaire du Brabant ;
elle y est a 1'etat de moule; elle a etc recueillie aux environs de Paris, par
M. Deshayes; en Angleterre, par M. Sowerby et a Bordeaux, par M. Gra-
teloup.
IN 89. CLAVAGELLA TIBIALIS Lamarck.
FISTULANA TIBIALIS Laink., Annal. de Mus., t. XII, pi. -43, fig. 8, et t. VII, p. 428.
CLAVAGELLA TIBIALIS Laiuk., apud Deshayes, loco supra memor., p. 11 , pi. 11 , 6-10.
Lamk., apud Blainville, Manuel, p. 575, pi. 18, fig. 1.
C. Palvd externd oblongd , convexiusculd , incequilaterd, utrinque rotundatd
longitudinaliter rugosd; latere buccali breviore dilatato; latere anali angus-
tato; latere palleali rotundato; tubo elliptico, postice mutico.
Dimensions. Longueur de la valve soudee 28 mill.; par rapport a la lon-
gueur, largeur ; cote anal \ i mill.
Coquille, valve soudee, oblongue, peu convexe, inequilaterale . arrondie
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. Ml
aux deux extremites; sa surface est couverle en long de plis un peu irrcgii-
liers; c6te buccal plus court et elargi; cote anal retreci a son exlremite; cole
palleal arrondi ; tube comprime, a section elliptique, depourvu en arrierede
tubulures.
Observations. La valve libre de cette clavagelle est plus longue que la
valve soudee.
Localite. Le Clavagella tibialis se rencontre a 1'etat de moule dans le
ineme terrain que 1'espece precedent*.
Observations. La conservation des exemplaires des deux clavagelles tu-
roniennes que j'ai recueillis dans le pays, laissant quclque peu a desirer, jo
crois devoir en ajourner la description . qui ne pourrait etre complete.
ESPECES DECRITES.
|iai i-l.-n
Clavagella coronala Deshayes. | Clavagella tibialis Lamarck.
PHOLADIDM D'
GENRE TEREDO Linne.
FISTVLANA Spec, et SEPTARIA Larok.
Coquille composee de deux valves egales , dont 1'ensemble est comprime et
circulaire ; chacune d'elles est fortement echancree en dessus et en dessous .
et n'est que rudimentaire par rapport au developpcment de 1'animal; elles
ont en dedans un tres-long cuilleron qui part de la cavite sous-apicialc ; les
tarets se Torment un tube testace souvent trcs-long, plus ou moins contourne.
terminc en avant par des ouvertures courtes correspondant aux siphons; en
arriere le tube n'est pas toujours ferme, la coquille en occupant toujours
I'entree; c'est chez les adultes seulcment que cette partic est close par la con-
I in ii 1 1 1- des parois du tube; les animaux sont pourvus de deux palettes oper-
112 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
culiformes (d'Orbigny) ; une seulc impression musculaire faiblement distincte,
I'autre probable, par analogic (Rang).
Observations. Les animaux de ce genre paraissent s'etre montres pour
la premiere fois dans les mers jurassiques; des lors, ils croissent specifique-
ment en nombre de bas en haut pour atteindre leur plus grand developpe-
ment dans les mers actuelles. En Belgique , je connais une espece senonienne ,
Teredo mosensis de Ryckh., du plateau de S l -Pierre (mes exemplaires sont
trop imparfaits pour pouvoir les decrire en ce moment), et trois especes ter-
tiaires , dont 1'une , Teredo Bwrtini, a etc seulement mentionnee par 1'auteur
de 1st Description descoquilles etpolypiers des terrains tertiaires de la Belgique.
Comme ces fossiles sont tres-repandus dans le pays , rien n'est plus facile
que d'en etudier une longue suite d'exemplaires; au premier aspect, on est
tente de croire que ces debris appartiennent a un grand nombre d'especes
distinctes ; cependant, apres un examen attentif, on revient de sa premiere im-
pression , et clles peuvent , a mon avis , etre reduites a trois :
La premiere, Teredo Burtini Deshayes, qui est la plus commune et en meme
temps celle dont les tubes sont le plus developpes, se presente : 1 d'abord a
1'etat de moule; 2 pourvue de la couche interne du test; 3 munie de la
couche externe du test; ce dernier reproduit assez exactement la structure
intime du bois dans lequel 1'animal s'est loge.
La deuxieme, a 1'etat de moule, a le tube articule comme une tige de cri-
noide et est ornee d'anneaux transverses, lorsque le test en est conserve; elle
a etc figuree pi. 29 de YOryctographie deBruxelles, par M. le docteur de Bur-
tin 5 nous lui donnons le nom de Divisa; de ces deux especes , je connais les
palmules.
La troisieme, figuree pi. 26 de 1'ouvrage precite , devient pour nous le Te-
redo frugicola , parce que nous ne 1'avons rencontree que dans de gros fruits
ligneux; elle est reconnaissable a ses tubes greles; je n'en connais pas les pal-
mules ; elle reste done douteuse; c'est celle qui se rapproche le plus du Teredo
navalis Linn.
Les valves se trouvant renfermees dans 1'epaisseur du bois petrifie. il de-
vient presque impossible de les en extraire ; en outre , le developpement in-
dividuel des tubes pour la meme espece me paraissant , jusqu'a un certain
point, subordonne a 1'etendue libre de 1'habitat de 1'animal, il ne nous reste
en quelque sorte, pour etablir les distinctions specifiques, que les palmules
que Ton a la chance de rencontrer en brisant un certain nombre d'exem-
plaires.
MELANGES PALEOJNTOLOGIQIES. \\7>
Je pense qu'un zoologue, en eludianl le mode si souvent bizarre d'agrega-
tion de nos grandes especes, y trouvcrait la solution de rimporfante question
de la reproduction chez les tarcts.
i.nlin. je crois aussi que les tarets, plus quo tout autre mollusque. pre-
sentent a 1'observateur attenlif des cas intcressants de teratologic.
N 90. TEREDO BIRTIM Deshayes
(PI. V, fa. H.12.)
T. Tubo cylindraceo plus minusve tortitoso; palmulis, cucullis conicis, axe
solido utnnque exstunte insert is, instruclis.
Dimensions. Longueur 4 d 500 mill.; diamelre \S mill.
Tube cylindrique plus ou moins tortueux; palmulcs formees de 10 a 12
petits cornets empiles, traverses par un axe solide et ayantdeux faces, Tune
plane triangulairc, equilaterale, 1'autrc convexe; ouverture du cornet limilrc.
d'une part, par une lignc droite; de 1'autre par une ligne sinucuse, syme-
triquc par rapport a 1'axe; ce dernier, dans ses parties visibles, parait unifor-
mement cylindrique; sa cassure, pres de chaque insertion, montre qu'il y
subit un fort dpaississement, qui parait forme par enroulement, car. vu en
dessus, il montre distinctcment une ligne spirale.
L'axe depasse rempilement d'un cote de 3 mill.; mes exemplaires etant
inutiles, j'ignore s'il en est de ineme du cote oppose.
Les palmules du Teredo Burtini different de celles decrites et figurees par
M. le comte de Miinster, Beitrage zur Pelrefacten Kunde, 6 e liv., p. 94, pi. 4.
fig. 13 a-c, par une taille bien superieure, par la sintiosite des bords de 1'ou-
verture des cornets, etc.
Explication de* figures. PI. V, fig. H. Palmulc de grandeur nalurullc, vuc en face.
12. Coupe prise sur I'axe, a 1'insortion, vue en-dessus.
Localite. Ce taret se rencontre abondamment dans le gres tertiaire du
Brabant.
N 91. TEREDO DIVISA de Ryckholt.
(PL V, fig. 13.)
T. Tubo cylindraceo, plus minitsve tortuoso, annulis obtusis , sulco distinctis .
TOME XXIV. 15
114 MELANGES PALEONTOLOG1QUES.
cincto; nudeo trochitiformi; palmulis ancjustis, ovatis, convexiusculis .
utrinque dentibus, validis, oppositis, instructis, axe solido.
Dimensions. Longueur du tube 190 200 mill.; diametre 8 d 10 mill.
Tube cylindrique plus ou moins tortueux, orne en travers d'anneaux
emousses , separes par un si lion ; les moules paraissent articules comme des
tiges d'encrine; palmules etroites, ovales, composees d'un axe solide, con-
vexes sur les deux faces , munies de chaque cote de fortes dents emoussees et
lateralement opposees ; ces saillies forment deux a deux les extremites supe-
rieures d'une suite de cupules ou godets incomplets, superposes et allant en
diminuant de largeur.
Explication des figures. PI. V, fig. 15. Palmulc dc grandeur naturellc, vuc en face.
Localite. J ai rencontre le Teredo divisa dans les memes localites que
1 espece precedente, a laquelle il est rarement associe dans la meme piece
de bois.
Observations. Les deux tarets que je viens de decrire creusent leurs ga-
leries habituellement dans le sens des fibres du bois ou verticalement; .ce-
pendant, lorsqu'ils rencontrent un obstacle, ils forment un coude pour repren-
dre ensuite leur premiere direction; le Teredo Mosensis , au contraire, parait
preferer miner dans le sens oppose ou horizontal; sa marche, lorsqu'il en est
autrement, devient fort tortueuse et genee, cette difference dans le mode de
perforation tient, ce me semble. a 1'essence du bois dans lequel chacun d'eux
s'est abrite.
GENRE PHOLAS Linne.
XYLOPHAGA Turton; JOUANNETIA Desmoufins.
Coquille globuleuse ou allongee, equivalve. tres-baillante en avant et en
arriere, pour le passage du pied et du tube. Impression palleale pourvue
d'un profond sinus anal; impressions musculaires, au nombre de deux a
chaque valve, 1'une anale, placee au bord du cote du ligament, et 1'autre
aux crochets sur une lame particuliere qui les recouvre ; ligament nul ou
rudimentaire, point de charniere articulee; les valves sont seulement en con-
tact 1'une centre I'autre : en dedans des valves est une forte dent en cuilleron .
MELANGES PALKONTOLOG1QUES. US
i part des cavites sous-apicialcs: dcs pieces accessoires sur les charmeres
ou en avant (d'Orbigny).
Observations. -- D'apres nos connaissanccs actuelles, les aninmux de ee
genre appuraisscnt pour la premiere fois dans le forest-marble ' du Calvados
et ensuitc dans le kimmeridicn * d'Anglelerre et de France; MM. Sowerby,
Phillips et d'Orbigny en rnontionnent chacun une espece dans le neoco-
inien 5 de leur patrie; une autrc a etc rccueillie dans le gault', par M. d'Or-
bigny; nous en avons rencontre quclques-unes dans le turonien et le seno-
nien du psiys; en sorte que ce genre comptcra a 1'avenir des representants
dans tous les etages cretaces; specifiquenient plus nombreux dans les terrains
tertiaires, ces animaux atteignent, dans les mers actuelles. le maximum de
devdoppemcnt.
N 92. PllOLAS SUPBACRETACEA de ii \ cklloi I . 1847.
(PI. V, fig. 14-16.)
P. Testa globosd, inceqiiilaterd , rugosd, sulco prof undo longitudinaliter
et transversim notatd; umbonibus valde recurvis.
Dimensions. Longueur iO { mill.; par rapport a la longueur, largeur-^:
epaisseur -^ ; longueur du cote anal 9 mill.
Coquille globuleuse, inequilaterale, marquee de deux profonds sillons
legercmcnt sinueux et perpendiculaires entre eux, dont Fun, longitudinal , est
tangent aux crochets et 1'autre, transversal, passe au-dessus sans les entamer ;
ces sillons indiquent la forme et la place des ecussons; sa surface renseigne
quelqucs gros plis inegaux ; Ton observe sur la region palleale un espace a
peu pres lisse, I i mile par le sillon transverse et par un gros plis longitudinal:
cote buccal tres-court ; crochets recourbes.
Photos cratia. Deslongchamps, Mcmoire fur lei coquilles fostiles lithophagcs des terrains secondairet du
Calvados, p. 0, pi. 9, fig. 1, 8.
1 Photos compresaa Sowcrby, Conchyl. mineral., tic., p. 628, pi. 603; ccttc coquille a ele decouvertp
dans le memo ctagedu Pas-dc-Calais, par M. Bouchard-Chantcrcau.
s Photos prison Sowcrby, loco cit., p. 602, pi. 881.
comtricta Phillips, Ceo/, of York, etc., i" partie, pi. 2, fig. 17.
coniucliana d'Orbigny, Paleont. franr., Terr, crel., t. Ill, p. 303, pi. 549, fig. 1-4.
tubcylindrico d'Orbigny, loco cit., p. 306, pi. 349, fig. 5-8.
H6 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Observations. Je ne connais que le moule de cette coquille, dont le test
se detache lorsqu'on vent la retirer de sa gangue ; les valves ayant generale-
inent eprouve un leger glissement, je n'ai pu en observer le baillement.
Explication des figures. PI. V, fig. 14. Excmplairc grossi au double de la grandeur naturelle, vu de
profil.
15. Le meme, vu sur le cote cardinal.
16. Le meme, vu sur le cote pallcal. .
Localite. Cette coquille , speciale aux couches superieures du terrain se-
nonien superieur se rencontre assez communement dans le silex, a Ciply.
N 93. PHOLAS NYSTIAISA de Ryckholt . 1847.
(PI. V, fig. 17, 18.)
P. Testa subtrigond, cuneiformi, longitudinaliter plicis lamellosis et flexuo-
sis obsitd, transversim oblique bisulcatd ; latere buccali brevissimo, ro-
tundato; latere anali elongato, rostrato; umbonibus compressis et pro-
ductis.
Dimensions. Longueur 88 mill.; par rapport a la longueur , largeur -^ -.
epaisseur -^; longueur du cote anal 57 mill.; angle apicial H0.
Coquille un peu triangulaire et cuneiforme; sa surface est couverte en
long de plis lamelleux, qui se contournent sur la region buccale et s'attenuent
en avant sur la region anale ; deux profonds sillons partant des crochets vont
diviser en deux parties a peu pres egales, Fun le cote palleal, 1'autre le cote
buccal; ce dernier est court, arrondi, et va en se retrecissant , tandis que le
cote anal est allonge et se termine en pointe fortement emoussee; regions
buccale et palleale fort baillantes ; crochets comprimes et fort developpes.
Observations. Le fades de celte pholade rappelle un peu celui de cer-
taines coquilles du meme genre qui vivent actuellement dans nos mers; elle
en est cependant distincte , ainsi que de ses congeneres cretaces , par des ca-
racteres trop tranches , pour qu'il soil necessaire de les faire ressortir.
Explication des figures. PI. V, fig. 18. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
17. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. J'ai decouvert le Pholas Nystiana dans le turonien superieur
dc Tournav.
MELANGES PALEOINTOLOGIQUES. \\1
N 94. PIIOLAS KICKXIANA do Ryckholt.
On rencontre, dans le turonicn infcricur dc Tournay, le moule d'une pho-
lade qui differe de celui du P. supracretacea , par des crochets comparative-
incut pins grelcs et par les impressions qui paraissent accuser un ecusson
plus lanceole; j'attendrai, pour le decrire, que j'aie pu me procurer un certain
nombre d'excmplaires.
ESPECES DENOMMEES.
I II roil ("II III--
I'holtu Kickxiana de Ryckb.
Xystiana dc Ryckb.
lenonlenne.
Photos mpracrelacea de Ryckh.
GENRE F1STULANA Bruguieres.
GASTROCH^ENA Spongier.
Cpquille oblongue ou cuneiforme , equivalve , tres-baillante sur la region
palleale; cette ouverture, elargie du cote buccal,est oblique; ligament allonge,
exterieur; cette coquille perforante, comme certains Lithodomus, se forme,
soil dans la pierre, soil dans les coraux,un fourreau tubuleux calcaire. qiri
tapisse les. parois du trou et se prolonge souvent en dehors: il parait aussi se
rencontrcr libre dans le sable (d'Orbigny).
Obsftrvatio-ns. - - Les fistulanes se montrent pour la premiere fois dans les
terrains cretaces; elles croissent specialement de bas en haul pour acquerir.
dans les mers actuelles, leur plus grand developpement ; je crois que le nom
de Gastrochtena est anterieur a celui de Fistulana; il devra lui etre prefere.
N 95. FISTULANA ' AMPHISBAENA Goldfuss.
(PI. V, fy. 19-22.)
SPECIES or TEREDO Mantell., Geol. of Sussex, p. 207, pi. 18, fig. 25.
SERPULA AMPHISBAENA Goldf., Petref. Germ., p. 239, pi. 70, fig. 16, a, b.
CERAMBYCITES Ceinitz, Charakt. der Schicht und Pet., p. 13, pi. 3-6.
1 Liscz Giiftrochaena.
118 MELANGES PALEONTOLOG1QUES.
FISTULANA AMPHILBAENA GeinJtz, Die Verst von Kiesl., pi. 4, fig. H-14.
SEKPULA AMPHISBAENA Goldf. apud Reuss., Die verst. der Bohm. Kreide Formation, i" part.,
p. 19, pi. 5, fig. 19-29.
Observations. On voit, par la synonymie, qu'il regne beaucoup d'incerti-
tude sur la place generique que ce fossile doit occu per; M.Mantell le considere
comme le tube d'un taret, tandis que M. Goldfuss le decrit comme etant une
serpule : M. le D r Geinitz ayant rencontre des fragments de bois fossile mines
pardesgaleries,attribue avecdoute ces dernieres a 1'oeuvre de la larve de quel-
que capricorne; cette opinion fut modifiee par lui peu de temps apres, et il en
fit une fistulane; M. le D r Reuss, plus tard, se rangea de 1'avis de M. le profes-
seur Goldfuss: je regrette de ne pouvoir, a mon tour, admettre la maniere de
voir de ces hautes autorites , parce que les serpules sont adherentes par une
partie plus ou moins grande de leur surface aux corps sous-marins et nullement
perforantes, comme I'animal de notre coquille. Nous restons done encore en
presence de 1'opinion de M. Mantell et de celle emise par M. Geinitz; c'est a la
derniere que nous donnons la preference, parce qu'il nous est arrive, en brisant
les tubes siliceux a coups de marteau, de rencontrer dans Finterieur une co-
quille bivalve et quelquefois une valve seule , qui sufflt pour lever tout doute.
Cependant la coquille que j'ai sous les yeux et que reproduit la figure que
je donne, etant, par suite de la fossilisation, chassee dans le tube et adhercnte
a ses parois , je ne puis la voir que sur la region buccale ; ma diagnose toute-
fois ne reste pas loin du vrai , parce que , j'en ai vu un certain nombre de
monies mutiles qui m'ont permis de reconnaitre les principaux caracteres.
F. Testa subtriangulari , cuneiformi, inflata, valde incequilaterd ; latere buc-
cali brevi, rotundato; latere anali elongato, angustato; tubo subrecto, vel
tortuoso, primiim cylindraceo, deinde conico, attenuate, annulis carinatis
incequiremotis , fere parallelis cincto.
Coquille presque triangulaire , renflee , tres-inequilaterale ; cote buccal tres-
court, arrondi; cote anal allonge et allant en se retrecissant; tube droit ou
tortueux, cylindrique a la longueur de plus de 20 centimetres et s'attenuant
ensuite en cone fort grele; sa surface est ornee en travers d'anneaux carenes,
inegalement marques et espaces presque paralleles entre eux.
Observations. -- Je connais des tubes qui ont une longueur dc 20 centi-
metres sans perdre sensiblement de leur forme cylindrique ; le test en est
parfois assez epais, contrairement a ce qui se passe dans la nature vivante;
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. i!9
celle forte cpaisscur ct cctte grandc longueur seraienl-elles cles arguments a
opposer a nia maniere do voir? Je ne le pense pas. car Ton nc voit pas non
plus, de nos jours, rien de semblable panni les serpules ct les tarets; je pos-
sede mi I ii he ill ml I'oiiverturc est divisee dans toutc sa longueur par urn: lame.
Explication tbi figure*. PI. V, fig. i9. Extrcmite infcirieurc '.
20. Extrcmite superieure.
-I. Mi 11 ilr siliccux il'n nr valve trouvee dans un petit tube.
--. Section transvcrsalc du tube, inontrant deux valves refoulcos.
Localite. - - J ai rencontre ces tubes dans la inarne du terrain turonien
superieur de Tournay et de Gussignies, dans le terrain senonien du plateau
de S'-Pierrc; dans les deux premieres localites , ils sont libres ; dans I'autre,
ils sont tous dans des fragments de bois; ils existent encore dans la marric du
mcmc age, en Angleterre, en Saxe et en Boheme.
N 96. FISTULANA * ROYANENSIS d'Orbigny.
FISTULAJU KOY.VME.NSIS d'Orbigny, Pal. franf., ter. crt!t., t. Ill, p. 595, pi. 575, lig. 9-12.
Dans les spongiaires du terrain senonien superieur de Ciply , on rencon-
tre une iislulane parfaitement conservee; comme il est impossible de Ten reti-
rer sans la briser, j'en ai pris le moule , qui m'a fourni un contour identique
a celui de I'espece citee a la synonymic.
N 97. FISTULANA * ESSENSIS de Ryckholt.
Dans les spongiaires cenomanicns d'Esscn, en \\estphalie, j'ai recueilli une
Iislulane; los meines considerations que pour I'espece precedente , m'ont en-
gage a en prendre le moule, qui m'a donne un contour buccal plus sinueux
que dans les especcs decrites; son tube elliptique va en s'elargissant; une
lame le partage, dans toute sa longueur, en deux parties egales: la coquille
est baillante sur les " de la longueur du cote pallcal.
N 98. FISTULANA * TORNACENSIS de Ryckholt.
(Pi. V,fy.K,U.)
F. Tesld oblongd, trigond, lateribus rotundatis, convexd, levigatd; latere buc-
cali dilatato, obtuso; latere anali angmtato; latere palleali raldi* hiante.
' Ccttc partic a ete rcncontren par moi deux ans aprcs la redaction dc ce travail.
" Lines
120
MELANGES PALEONTOLOG1QUES.
Dimensions. Longueur 7 mill.; par rapport a la longueur, largeur
epaisseur -^5; angle apicial 106.
so .
100 i
Coquille oblongue, triangulaire ayantses cotes arrondis, tres-inequilaterale,
convexe , couverte de fines lignes d'accroissement , elargie et obtuse du cote
buccal, retrecie du cote anal, baillante sur la moitie de la longueur du cote
palleal.
Observations. Le Fistulana Tornacensis differe de ses congeneres cre-
taces par sa forme, qui reproduit assez exactement un triangle spherique.
Explication des figures. PI. V, fig. 25. Exemplaire de grandeur naturclle, vu de profil.
20. Le meme an trait , vu sur lc cote palleal.
Localite. Cette fistulane a etc rencontree par moi dans les polypiers du
turonien de Tournay.
Observations. Les nombreuses fistulanes que Ton rencontre a Tournay
dans les pierres tendres, faisant partie des conglomerate de 1'age du turonien
inferieur, melees a des pholades et a des lithodomes, sont indeterminables; ce
sont en general des moules plus ou moins pyriformes de la cavite creusee
par 1'animal sur lesquels on apercoit quelques impressions peu saisissables.
ESPECES DENOMMEES.
Turonlennes.
Fistulana Essensis de Ryckh.
Tornacensis de Ryckh.
Fistulana amphisbana de Goldf.
Senonlenne.
Fistulana Royanensis d'Orb.
SERPVLIDM BE RYCKHOLT.
GENRE DITRUPA Berkeley.
ENTALIUM de France ; PYRGOPOLON MONTFORT ; DENTAL, et SEUPUL. , spec. auct. ; BROCHUS
Brown ; PHARETRIUM Koenig.
Coquille libre , conique , arquee ou droite , ouverte aux deux extremites.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 121
Observations. Co genre, crce par M. Berkeley, a pour types le Serpula
libera de M. Sars ', et le Dentalium subulatum * Dcsh. Les animaux de ce
genre different des serpules , moins par leur organisation que par leur ina-
niere d'etre; car, tandis quc les premiers vivent libres, les autrcs sont fixes
par leur coquillc aux corps sous-marins. Les auteurs ont confondu les Di-
trupa avec les dentales et les serpules ; ils different des dentales par leur de-
veloppement en general pen regulier, et presquc toujours par le retrecisse-
inent de la bouche, et des serpules par leur double ouverture et par le
iii.i in | ur de traces d'adherence.
Le genre Pyryopolon, cree par M. deMontfort, pour le Pyryopolon Mosa;
ou Entaiium ruyosum Defr., est fonde sur ce caractere particulier, qu'un
tube grele, libre, est immerge dans le grand, qu'il depasse au sommet; ce
caractere est propre aux exemplaires du plateau de S'-Pierre et de la Sca-
nie; a Ciply. ou ces tubes sont extremement communs, ils ne presentent
que des cas beaucoup plus rares de cette conformation; il faut, ce me
semble, en conclure qu'elle est due a des circonstances particuliercs de fossi-
lisation , qui ont detache la premiere couche du tube principal.
II est a observer que les especes cretacees ont generalement le test beau-
coup plus epais que celles qui vivent dans les mers actuelles ; aussi il se pour-
rait que le genre Pyryopolon dut etre maintenu.
Les animaux de ce genre se montrent d'abord dans le 2 me et le 3 me etage
paleozoi'que; on les connait encore dans les terrains jurassiques, cretaces et
tertiaires et dans les mers actuelles.
Les especes suivantes, mentionnees coinmc dentales ou comme serpules, me
paraissent devoir faire partie de ce genre :
Dentalium clava Lamk; Pyryopolon Mosa; Mont.; Entaiium Mosce Defran.;
Dentalites cingulatus Schlot. ; Dentalium Browni Hiz. ; crassum Desh. ;
radicula Lamk.; tricostatum Goldf. ; sexcarinatum Goldf. ; corneum Linn.;
incrassatum Sowerby; strangulatum Desh.; defbrme Lamk.; Serpula sep-
temsulcata Reich.; sexsulcala Miinst. et sulcataria d'Archiac, qui devien-
nent, pour moi, Ditrupa clava, Mosce, cinyulata, Browni, crassa, radi-
cula, tricostata, sexcarinata, cornea, incrassata, stranyulata, deformis,
' Zool.journ., t. V, p. 32, pi. 12, fig. 35, ct Ratlike, lieitrage zitr fauna Norwegetu, ACTA ACAD. NAT.
CUR., t. XX, p. 228.
* Mem. de la Soc. d'hiit. not. de Paris, t. II, p. 373, pi. 16, fig. 29, ct Monng. du genre Dentate du
mi MI MM i< u \ Geinitz, Charac. der Schicht., p. 66, pi. 22 , fig. 6.
SULCATARIA d'Archiac, Rapport sur les fossiles, etc., p. 30, pi. i4, fig. 11, a.
D. Testa solidd, conicd,plm miniisve recurvd, costis septem crassis, obtusis,
sulco distinctis, prope peristoma, geminatlm subconfluentibus, et striis
transversis undulatis ornatd; peristotnate spissato; aperturd orbiculari;
a in/ n In apiciali vario.
Coquille epaisse, conique, plus ou moins recourbee, un peu tordue, for-
mee d'un angle tres-variable , rarement regulier; sa surface est ornee en long
de sept grosses cotes emoussees, separees par un sillon et tendant a se reu-
nir deux a deux pres du peristome, et en travers de stries onduleuses qui
fii I, -i i HI-MI parfois la crete des cotes; peristome pourvu d'un epaississement
en forme de bourrelet : bouche circulaire.
Observations. - - Le Serpula septemsulcata Geinitz ne me parait pas sufli-
samment differer du Ditntpa deformis pour pouvoir en etre specifiquement
separe; quant au sulcataria de M. d'Archiac, il est positivement le ineme;
seulement 1'exemplaire figure parail avoir les cotes ou usees ou moins sail-
lantes que ceux que j'ai sous les yeux.
I. in-ill it--. -- Ce Ditrupa caracterise partout le turonien inferieur et moyen:
124 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
en Bclgique , je 1'ai rencontre a Tournay et a Autreppe ; en France , il a etc
rccucilli au Mans et a Sassegnics; M. Geinitz le cite en Saxe.
N i(M. DITRUPA CIPLYANA de Ryckholt , 1850.
(PL V/,fg.90.)
D. Testa crassd, corned, fere recta, longiludinaliter costis apicialibus contortis
septem juniore kaneUosis, adultd spissis , rotundatis et transversim, striis
arcuatis et annulis rugosis ornatd ; peristomate hand incrassato, aperturd
orbiculari; angulo apiciali S-6.
Coquille epaisse , conique , presque droitc , formee d'un angle regulier de
5 a 6 degres; sa surface renseigne sept cotes longitudinales contournees,
fort developpees , qui , de lamelleuses qu'elles sont d'abord , s'epaississent et
s'arrondissent ensuite pour disparailre vers le dernier tiers de la longueur
du tube; entre les cotes se montrent en travers des stries arquees qui se
rencontrent deux a deux dans les intervalles un peu concaves qui les sepa-
rent et en entament la crete. Leur concavite cst tournee vers la bouche 5 a
parlir du point ou les cotes s'arretent, le tube prend et conserve la forme
cylindrique et se couvre d'anncaux rides et irreguliers ; peristome depourvu
de bourrelet; bouche orbiculaire.
Observations. - - La forme des cotes , et surtout le manque de bourrelet au
peristome, m'ont engage a considerer cetle coquille comme espece distincte.
Explication des figures. PL VI, fig. 26. Exemplairc dc grandeur naturelle, vu de profil.
Localite. J'ai decouvert ce Ditrupa dans le terrain senonien superieur
de Ciply.
Observations. Les especes tertiaires du pays ont etc decrites; seulement
les Ditrupa incrassata Sow., strangulata Lamk. et cornea Linn., sont consi-
deres par M. Deshayes comme ne formant qu'une seule et meme espece.
N 102. DITRUPA DEVONICA de Ryckholt, 1850.
(PI. VI,fy.U.)
D. Testa solidd , conicd , irregulari, transversim rugosd; aperturd orbiculari;
angulo apiciali 9.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. i25
Coquilie epaisse, pcu allongee, coniquc, pourvue dc chaquc cote d'uno
ouvcrlure orbiculaire ; sa surface cst accidentee et renseignc dc Cns plis d'ac-
croisscmcnt tres-irreguliers; angle apicial 9.
Observations. L'accroissement peu regulier de cette coquillc ne permel
pas d'en faire une dentale; la double ouverture dont elle est pourvue ne
permet pas non plus d'en faire une serpule; c'est le Ditrupa le plus ancien
que je connaissc.
Explication des fguret. PI. VI, %. 24. Excmplaire dc grandeur naturelle, vu de profil.
Localite. - - J'ai recueilli ce Ditrupa a la surface des terres labourees a
Priim , avec une foule d'autrcs coquilles devoniennes.
N 103. DITRUPA CARBOMFERA de Ryckholt, 1850.
(PI. VI,fg.V&.)
D. Testa tenuissimd, cylindraced, plicis irregularibus , carinatis, continuis.
interruptis vel confluentibus longitudinaliter ornatd; aperturd suborbicu-
lari, obliqud, marginatd.
Coquille tres-mince, cylindrique, ornee en long de plis peu reguliers.
carenes, continus, interrompus ou se reunissant, en dessous du peristorae.
deux a deux par un arc de cercle; bouche presque orbiculaire , oblique, en-
touree d'un bourrelet.
Observations. Plutot que de mettre ce fossile au rang des corps de
classe incertaine, j'ai prefere, afin d'attirer sur lui I'attcntion des personnes
qui s'occupent dc la science, en faire un Ditrupa, genre avec Icquel il a,
du reste, les plus grands rapports; les ornements que nous venons de de-
crire ne se montrent parfois que sur 1'une des deux faces du tube , 1'animal
auquel ce tube a appartcnu parait avoir eu des habitudes sociales; car je n'ai
janiais rencontre ces tubes que reunis en groupes. Cette observation est une
presomption en favour de ma determination.
Explication dit figures. PI. VI, fig. 25. Excmplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
Localite. J'ai decouvcrt ce Ditrupa a Vise et a Tournay , dans le calcaire
carboniferc.
126 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
ESPECES DEiVOMMEES.
Itevonicnuc.
Dilrupa devonica de Ryckh.
Carfoonlfere.
Dilrupa carbonifera de Ryckh.
Turoiiionuc.
Dilrupa deformis Lamk.
Senonlcnnes.
Dilrupa clava Lamk.
Ciplyana de Ryckh.
GENRE FILIGRANA Berkeley.
Tubes tres-greles , parfois presque capillaires , appliques les uns contre les
autres dans toute leur longueur ou diversement entrelaces de maniere a
constituer des masses assez regulieres dans leur ensemble.
Observations. Ce genre, cree par M. Berkeley, a pour type le Serpula
filigrana Lamk. de la Mediterranee; les habitudes sociales de ces animaux,
I'agregation de leurs demeures en masses relativement enormes , et 1'espece
de dependance dans laquelle chaque individu parait se trouver vis-a-vis des
autres membres de la famille, me semblent constituer un genre bien cir-
conscrit; on en rencontre les debris pour la premiere fois dans le lias; ils
continuent de se montrer ensuite dans les etages superieurs des terrains ju-
rassiques ; je n'en connais qu'une espece dans les terrains cretaces et deux
dans les mers actuelles.
II regne une grande confusion dans la determination des especes de ce
genre; toutes celles qui sont connues dans les terrains jurassiques et cretaces
ont etc comprises sous le meme nom specifique de socialis; M. J. de C. So-
werby a, le premier, distingue 1'espece turonienne.
N 104. FILIGRANA FILIFORMIS Sowerby.
SEUPUL\ FILIFORMIS Sow., apud Fitton, pi. 16, fig. 12.
SOCIALIS Goldf., apud Muller, Beitr. zur Petrefactenkunde , pag. 12.
Les tubes, legerement onduleux, sont agreges en masses qu'on peut com-
parer en petit a un arbre sans tete, dont les branches laterales auraient etc
coupees a quelque distance du tronc; les troncatures sont occupees par les
bouches des tubes , qui sont toutes assez regulierement dirigees en avant.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Localite. On rencontre le Filigrana filifortnis dans le turonicn de Tour-
nay, de Montignies-sur-Iloc, de Vise, d'Aix-la-Chapelle, de Blackdown, etc.
MYTILID^E D'ORBIGNT.
GENRE LITHODOMUS Cuvicr.
MYTILUS Linn ; MODIOLA Lamk.
Coquille allongee , oblongue, toujours obtuse a son extremite buccale, coni-
primee a sa partie analc et generalement renflee, de maniere a etre circu-
laire on subcirculaire sur la coupe transversale de ses deux valves reunies :
ses valves sont fermees; impressions palleales entieres, sans sinus anal; im-
pressions musculaires au nombre dc deux a chaque valve, 1'une grande,
oblongue, superficielle , placee a la region analc, 1'autre situee sur la region
buccale; ligament exterieur, lineaire; charniere sans dents; les crochets sont
gent'ralement contournes a la maniere des isocardes (d'Orbigny).
Observations. - - Les animaux dc ce genre apparaisscnt sur le globe avec
les mers jurassiques ; ils se multiplient specifiquement de plus en plus dans
les mers subsequentes , pour atteindre leur plus grand developpement dans
celles de nos jours.
N 105. LITHODOMUS CIPLYANUS de Ryckholt.
(PI. Vll.fig.i,*.)
L. Testa elongatd, subcylindricd, utrinque angustata etobtusd, medio dilatatd.
concentric^ plicatd; latere buccali brevissimo; latere palleali transverslm
plicis crispis obteclo; umbonibus valde recurvis.
Dimensions. Longueur 41 mill. , par rapport a la longueur, largeur -fo:
epaisseur -^.
Coquille allongee, un peu cylindrique, retrecie et obtuse aux deux extre-
mitu's, e'largie et aussi large qu'epaisse au milieu; sa surface est couverte de
fines lignes et de gros plis d'accroissement ; cote buccal tres-court; region pal-
le'ale marquee en travers de plis crepus ; crochets fort recourbes.
128 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Observations. Le Lithodomus Ciplyanus differe du Lithodomus rugosus
(d'Orb., loco cit., pi. 346, fig. 1-3) par son contour retreci aux deux extre-
mites et dilate au milieu, tandis que le dernier est presque egal sur toute sa
longueur; c'est le seul que je connaisse qui ait des rapports bien marques
avec lui ; les rides palleales ne commencent a se montrer que sur les individus
de moyenne taille.
Explication des figures. PI. VII, fig. 1. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
2. Le meme au trait, vu sur le ligament.
Localite. J'ai decouvert ce lithodome dans le terrain senonien superieur
de Ciply ; il y est habituellement a 1'etat de moule.
N 106. LITHODOMUS SIMILIS de Ryckholt.
(PI. V//,/ty.3,4,B.)
An LITHODOMCS ARCHIACII d'Orb.? loco cit., t. Ill, p. 261 , pi. 544, iig. 10-i2.
L. Testa oblongd, subarcuatd, gibbosd, tumidd, medio late compressd; latere
buccali dilatato, obtuso; latere anali angustato, antice oblique rotundato ;
latere palleali sinuato ; umbonibus subterminalibus valde recurvis.
Dimensions. Longueur du moule d3 mill., par rapport a la longueur.,
largeur -^ '> epaisseur -.
Coquille oblongue, un peu arquee, gibbeuse, tres-convexe , marquee sur la
region palleale d'une forte depression transverse, oblique, arquee, qui va en
s'elargissant, a partir du sommet; sa surface est couverte partout de plis d'ac-
croissement inegalement prononces; cote buccal dilate et obtus; cote anal re-
treci et obliquement arrondi a son extremite; cote palleal sinueux; crochets
contournes et presque terminaux.
Observations. Le Lithodomus similis differe peut-etre du Lithodomus
Archiacii, dont il a les proportions et le contour, par sa compression transver-
sale plus marquee etpar la direction de ses lignes d'accroissement, pour autant
toutefois que la figure citee a la synonymic soit exacte. Les deux coquilles
cependant sont fort voisines , sinon les memes ; mais comme elles appartien-
MELANGES PALEOINTOLOGIQUES. 129
nent a des etages bien diflerents, il faudrait pouvoir les comparer avant d'ad-
metlre leur idenlite si pen vraiscmblable.
Explication des figures. PI. VII, fig. 3. Excmplaire dc grandeur naturellc, vu de profll.
4. Lc iin'iiir au trait, vu sur Ic ligament.
5. Lc iiii'inr. vu sur la region buccale.
Localite. J'ai recueilli abondammcnt cette coquillc dans le terrain seno-
nien supericur de Ciply; le moule se separe du test lorsqu'on cherche a la
degager de sa gangue.
N 107. LITHODOMUS PYRIFORMIS d'Archiac.
LITUODOIIUS PYRIFORMIS d'Archiac, Mtm. de la Soc. geol. de France, t. II, 2 e part., 2' s6rie,
p. 307, pi. 15, fig. 5, 5'.
L. Testa oblongd, tumidd, gibbosuld, concentric^ plicatd , transversim late sub-
compressd; latere buccali dilatato, obtuso; latere anali angustato, antice
rotundato; latere palleali recto; umbonibus terminalibus, valde recurvis.
Dimensions. Longueur 7 '/, mill.; par rapport a la longueur, largeur :
epaisseur -^.
Coquille oblongue , fort convexe , plus epaisse que large , marquee d'une
faible compression pallcale, qui va en s'elargissant a partir du sommet, cou-
verte de ligncs d'accroissement inegalement prononcees, obtuse et elargie du
cote buccal, retrecie et arrondie du cote anal, droite, non echancree sur le
cote palleal ; crochets contournes et terminaux.
Observations. Mes exemplaires, qui sont d'une conservation parfaite, dif-
ferent de celui qui est mentionne a la synonymic par leurs crochets terminaux
et non subterminaux , par leur cote palleal droit et non arrondi et par la le-
gere depression palleale dont il n'est pas parle dans la description de 1'au-
teur. Ces diflerences, assez importantes, m'eussent engage a considerer ma
coquiile comme speciflquement distincte, si M. le vicomte d'Archiac n'avait
eu soin de prevenir ses lecteurs que la sienne etant en partie engagee dans la
roche, il lui devenait impossible d'en donner une diagnose complete.
Localite. J'ai recueilli cette coquiile dans le terrain turonien de Tournay;
elle y est peu commune, ainsi qu'a Montignies-sur-Roc.
TOME XXIV. 17
130 MELANGES PALEOINTOLOGIQUES.
N 108. LlTHODOMUS HANlVOMyE de Rjckholt.
(PI. VII, fig. 6,7.)
L. Testa nitidd, elongatd, convexd, utrinque angustatd et obtusd; medio dila-
tatd, levigatd: lateribus palleali et cardinali rotundatis; umbonibus valde
recurvis.
Dimensions. Longueur 20 mill.; par rapport a la longueur, largeur-^;
f 90
epaisseur -j^.
Coquille brillante, allongee, tres-convexe , presque cylindrique, (ilargie an
milieu , retrecie et obtuse aux deux extremites , couverte de fines lignes d'ac-
croissement ; cote buccal tres-court; cote anal comprime ; cotes cardinal et pal-
leal faiblement arrondis ; crochets contournes.
Observations. Le Lithodomus Hannonice differe du Lith. oblongus d'Orb.
(loco cit., pi. 544, fig. 4, 6), par ses cotes anal et buccal retrecis, par une
epaisseur moindre , et du Lith. prcelongus d'Orb. (meme planche, fig. 1,2,3),
par son cote anal non dilate , par son cote palleal depassant les crochets.
Explication des figures. PI. VII, fig. 6. Exemplaire vu de profil.
7. Lc mcme au trait, vu sur le ligament.
Localite. J'ai rencontre ce Lithodome dans les polypiers et dans les con-
cretions classees par M. de Lamarck dans le genre Nullipora du turonien de
Tournay et de Montignies-sur-Roc.
N 109. LITHODOMUS ORBICULATUS d'Archiac.
CTTPRICARDIA ORBICUI.ATA d'Archiac, Mem. Soc. giol. de France, t. II , p. 489.
LITHODOMUS SUBORBICULARIS d'Orb., loco cit. , pi. 34G , fig. -4-8.
ORBICULATUS d'Orb., loco cit., p. 293.
L. Testa nitidd, quadrilaterd , lateribus et angulis rotundatis, valde convexd,
levigatd; latere buccali brevi ; latere ligamenti compressiusculo; umbonibus
contortis.
Dimensions. Longueur 4 mill. ; par rapport a la longueur, largeur
7S
100 '
81
100'
MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Coquille brillante, un pen quadrilatere, ayant les cotes et les angles ar-
rondis, tres-convexe, plus cpaisse que large; sa surface est couverte en long
de fins plis, dont quclques-uns , de loin en loin, sont plus marques; region
du liyament legerement comprime'e; crochets contournes, non terminaux.
Observations. Quoique ma coquillc soil presque microscopique , je ne
saurais lui reconnaitre le plus petit caraclere qui puisse m'autoriser a la con-
siderer commc distincte de I'Orbiculata; il est vrai que je ri'ai pas observe de
tube dans le genre de celui qui a e(e figure par M. d'Orbigny; mais Fanimal,
n'ayant penetre qu'a une petite profondeur dans le polypier, et meme ayant
la majcurc partie de la region anale encore libre , parcil tube n'a pu etre con-
struit.
Localite. J'ai rencontre ce lithodome dans les astrees et autres poly piers
du (muiiim infericur de Tournay et de Montignies-sur-Roc.
N HO. LlTHODOMUS MODIOLUS Ni
CARDITA MODIOLUS Nils., Petrif. Suec., form, cret., p. 17, pi. 10, fig. 6, a, 6, c.
Nils, apud Hiz., Leth. Suec., p. 62, pi. 28, fig. 15.
Nils, apud Reuss., loco cit., 2" part., p. 3, pi. 57, fig. 13.
L. Testa ovato-oblongd , utrinque angustatd, medio dilatatd; lateribus rotun-
datis; striis transversis et plicis concentricis ornatd; latere buccali brevis-
simo; latere anali compresso; umbonibus involutis ; lunuld minutd, cordi-
formi, valde plicatd.
Dimensions. Longueur 19 mill.; par rapport a la longueur,
e'paisseur ^~ ; cote anal ^.
Coquille retrecie avec deux extremites, elargie partout ailleurs. ayant ses
cotes arrondis, renflee, tres-inequilaterale , marquee en travers, sur la region
I i.i I Ir. 1 1 r . de stries interrompues ct en long de plis tres-prononces : cotebitccal
tres-court; extremite anale tres-comprimee ; crochets contournes; lunule pe-
tite, cordiforme et fortement plissee.
Observations. Cette coquille, d'abord decrite par M. Nilson et ensuite par
MM. Roemer et Reuss, n'est connuc qu'a Fetal de inoule; sa forme generate,
152
MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
ses ornements, ses crochets, ses impressions musculaires, etc., en font un li-
thodome; sa section transversale est cordiforme.
ESPECES DENOMMEES.
Turonlennea.
Lithodomus pyriformis d'Arch.
Hannonite de Ryckh.
orbiculatus d'Arch.
Senonlennea.
Lithodomus Ciplyanus de Ryckh.
similis dc Ryckh.
modiolus Nilson.
GENRE MYTILUS Linne.
MYTILUS et MODIOLA Lamk.
Coquille allongee, oblongue, triangulaire ou lanciforme, e'quivalve, regu-
liere, fermee en haul, a peinebaillante sur la region palleale pour le passage
du byssus; impressions palleales entieres, sans sinus anal; impressions mus-
culaires au nombre de deux a chaque valve : 1'une grande , oblongue super-
ficielle placee sur la region anale; 1'autre petite, situee sur la region buccale:
ligament longitudinal exterieur; charniere terminale le plus souvent sans
dents (d'Orbigny).
Observations. Les animaux de ce genre ont vecu en petit nombre dans
les mers siluriennes; deja nombreux dans les mers devoniennes et carboni-
feres , ils accroissent specifiquement en nombre de bas en haul a dater des
mers liasiques , pour atteindre leur plus grand developpement dans les mers
actuelles.
Aucune espece de ce genre n'a etc signalee jusqu'a ce jour dans le calcaire
carbonifere du pays, quoiqu'il en renferme un bon nombre, comme on le
verra plus loin.
N HI. MYTILUS FLOEMANUS de Ryckholt, 1850.
(PI. VII,fg.8,9.)
M. Testa crassd, elongato-triangulari , gibbosd, carind obtusd et sinuosd
bipartitd, concentrice plicatd; latere buccali brevi, angiistato; latere anaii
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 135
convexo, dilalato, antice rotundato; latere palleali late et profunde exca-
vato, extus sinuoso, hiante.
Dimensions. Longueur 35 mill.; par rapport a la longueur, largeur-^:
e'paisseur -'$.
Coquille epaisse, allongee, un peu triangulaire, gibbeuse, baillantc a Tissue
du byssus, partagee en deux parties fort inegales, par une carene obtuse qui
s'inflechit un peu au-dessus des crochets pour s'arquer ensuite, et couvcrte
dc ligncs d'accroissement qui degenerent en plis imbriques sur la region pal-
leale; cote buccal tres-court, renfle, retreci et termine en pointc emoussee:
cote" anal convexe , elargi et arrondi a sonextremite; region palleale marquee
d'une large et profonde depression concave qui longe la carene dorsale, et li-
mitee a Textericur par une ligne fort sinueuse.
Observations. Le M. Floenianus differe du M. priscus Goldf. (loco cit..
p. 284, pi. 164, fig. 13) par son contour, par son cote palleal dcpassent les
crochets, par sa region palleale excavee et beaucoup moins comprimee; du
M. substriatits Miinst. (loco c7., part. 3, p. 57, pi. 11 , fig. 10) par ses orne-
ments, par son cote cardinal non sinueux et par d'autres caracteres que la
comparaison des figures fera aisement saisir.
N'ayant pu parvenir a isoler la charnierc de cette coquille, je ne Tai pla-
cee qu'avec doute dans le genre Mytilus; il se pourrait qu'elle dut faire
partie du genre Megalodon Sowerby , dont elle a un peu le fades; cependant .
le baillemcnt palleal me semblc un caractere irrecusable en faveur de ma de-
termination.
Je dedie cette belle coquille a M. le baron de Floen, de Vise, comme un
bien faible temoignage de ma juste reconnaissance pour le bienveillant con-
cours qu'il a bien voulu me preter dans les nombreuses recherches que j'ai
faitcs dans les environs de la localite qu'il habite.
Explication des figures. PI. VII, fig. 8. Exemplaire de grandeur naturcllc, vu de profit.
9. Le meme au trait, vu sur Ic cute palleal.
Localite. J'ai decouvert cette coquille dans le calcaire devonien de
Vise.
134 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
N 112. MYTILUS LEFEBVREAMJS de Ryckholt, 1850.
(PI. VII, fig. 10, 11.)
M. Testa tenui, subarcuatd, oblongd, carind acutd longitudinaliter bipartitd ,
concentrice striatd; latere buccali brevi, obtuso; latere anali convexo, valde
dilatato, antice oblique rotundato ; latere palleali excavato; compresso , si-
nuoso.
Dimensions. Longueur 28 mill.; par rapport d la longueur, largeur -^ ;
epaisseur $.
Coquille mince, un peu arquee, partagee en long par une carene peu enious-
see, convexe et renflee en avant, comprimee et excavee en arriere de cette
carene , marquee de stries concentriques qui degenerent en fins plis sur la
region palleale, obtuse et retrecie du cote buccal, tres-elargie et obliquement
arrondie du cote anal; crochets depasses par la region palleale, dont la
limite exterieure est sinueuse.
Observations. Les caracteres qui m'ont engage a considerer cette coquille
comme specifiquement distincte de 1'espece precedente, sont : test trois fois
moins epais , carene non inflechie et plus tranchante , extremite buccale plus
obtuse et plus large, extremite anale plus dilatee et plus comprimee; cote
cardinal moins droit, compression palleale moins concave ; je me vois force
de faire, pour cette coquille, les memes reserves que pour 1'espece precedente.
J'ai emprunte pour cette magnifique coquille le nom d'un de mes amis,
connu a bien des litres et specialement par ses connaissances metallurgiques;
c'est un faible hommage que je me plais a rendre au zele infatigable avec
lequel il n'a cesse de seconder pendant plusieurs annees mes penibles re-
cherches.
Explication des figures. PI. VII, fig. 10. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
11. Le meme, au trait, vu sur le ligament.
Localite. J'ai recueilli le M. Lefebvreanus dans le meme terrain et dans
la meme localite que 1'espece precedente.
W 113. MYTIIUS CORDOLIANUS de Ryckholt, 1847.
(PI. VII, fig. M, 13.)
M. Testa tenui, elongatd, convexiusculd,juniore, striis capillaribus confertis
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 135
concentrice ornatd; seniore lamellosd, imbricatd; latere palleali postice un-
gustato, hiante; latere anali arcuato, dilatato, antice rotundalo; lateribux
ctesim carinatis; apice retuso, terminali.
Dimensions. - - Longueur 63 mill.; par rapport a la longueur, epais-
seur $.
Coquille mince, allongee, peu convexe, couverte sur les trois quarts de sa
surface de fines stries concentriques , remplacees par des lamelles qui s'im-
briquent sur 1'autre quart; cote palleal retreci en arriere et un peu baillant.
cote anal elargi et arrondi en avant ; labre tranchant ; crochets obtus et termi-
naux.
Observations. Cette moule a bien quclques rapports de forme avec le
L. granulosus Phill. (Illust., etc., pi. 5, fig. 13); mais, outre que le nom spe-
cifique de cette derniere nc lui est en aucun point applicable, la diagnose
est encore trop laconique et la figure trop incomplete pour que 1'assimilation
des deux coquilles soil possible.
Explication des figures. PI. VII, fig. 42. Exemplaire de grandeur naturclle, vu de profit.
43. Le MM' Mir, vu sur les crochets.
Localit^. Cette coquille se rencontre assez communement dans 1'argile
carbonifere a Crevecomr pres d'Antoing; mais telle est la pulverulence du
test, qu'il suffit du moindre souffle pour le dissiper; 1'exemplaire figure ne
doit sa belle conservation qu'a des circonstances exceptionnelles: accole dans
les cavites contre la roche calcaire, et tapisse, en outre, a 1'interieur de cristaux
dus a des infiltrations spathiques, il a pu echapper aux nombreuses causes
qui ont amene la destruction de scs semblablcs.
N 114. MYTILUS MOSEMSIS de Ryckholt, 1847.
(PI. VII, fig. U, 45.)
M. Testa crassd, arcuatd, elongato - convexd ; regione cardinali paulatim
explanatd; regione palleali abrupte declivi, concentrice plicis imbricatis ob-
sitd; latere buccali oblique truncato; latere anali antice rotundato; latere
cardinali subrecto, unduloso; apice terminali.
Coquille fort epaisse , arquec , tres-allongee, convexe au milieu, s'etalant
136 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
en pente douce vers le cote cardinal et retombant assez brusquement du cote
palleal ; sa surface est couverte de gros plis concentriques qui s'imbriquent
reciproquement ; cote buccal obliquement tronque de bas en haul; cote anal
arrondi; cote cardinal presque droit, un peu irregulier par la saillie des plis;
crochets terminaux.
Explication des figures. PI. VII, fig. 14. Excmplaire dc grandeur naturelle, vu de profil.
15. Le meme au trait, vu sur le ligament.
Localite. J'ai decouvert cette belle coquille a Vise, dans le calcaire car-
bonifere.
N 115. MYTILUS FONTEINOYAMJS de Ryckholt, 1847.
(PI. VII, fig. 16,17.)
M. Testa tenni, oblongd, ventricosd, arcuatd, concentrice plicatd et striatd ;
latere palleali , excavato, hiante; latere anali dilatato, antice rotundato; um-
bonibus turgidis; apice terminali.
Dimensions. - - Longueur SO mill.; par rapport a la longueur, epais-
S7
100'
seur 87
Coquille peu epaisse, oblongue, ventrue et arquee; sa surface est marquee
de gros plis concentriques assez espaces, entre lesquels se montrent de fines
stries a peine visibles a 1'oeil nu; region palleale evidee et baillante; cote anal
elargi et arrondi en avant; crochets renfles et terminaux.
Explication des figures. PI. VII, fig. 16. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
17. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. J'ai decouvert le M. Fontenoyanus , a Antoing, a une demi-
lieue de Tournay, non loin du celebre champ de bataille de Fontenoy , dans
I'argile carbonifere.
N 116. MYTILUS LIGONULA de Ryckholt, 1847.
(PI. VII, fig. 18, 19.)
M. Testa oblongd. convexd, uniauriculatd , valde inwquilaterd , striis quibus-
MELANGES PALEONTOLOtilQUES. 137
remotift concentrice notatd ; latere buccali truncate, anyustato; Ittten-
anali elongate, dilaluto. untie! 1 rotundate; auricula ruyis confertis lonyitu-
dinaliter obsild; apice subterminali.
\ ,' ')!
Dimensions. Longueur 22 mill.; par rapport d la longueur, laryeur-^:
epaisseur -$$.
doquille oblorigue, uni-auriculee, mcdiocremcnt renflee, inenie un peu de-
prirneo a Fcxtrcmitc unale, trcs-inequilatcralc; sa surface rcnscigne quclqucs
lilies d'accroisscmcnt Iros-cspacccs, qui, en se repliant, vont s'accumuler
sur I'orcillcttc ct y cngcndrcnt tic gros plis irrcgulicrs ct tres-serrcs; cote buc-
i-iil retreci et tronque; cote anal allant en s'elargissant et arrondi en avant:
cii/^ pallml nn peu baillant; crochets presque terminaux.
V> ornvy.i-uA
Explication rfej figures. PI. VII, li({. 18. Excmplairc de grandeur naturullc, vii de profil.
19. Lc momc, vu sur le ligament.
Localite. -- Le Myt. liyonula a etc recuuilli par moi dans I'argile carboni-
tV-i-c des environs de Tournay.
;
/ o.' (I lll'MII'iiriiil,! .L;il'!lc \vtr -t^'n .'M-idHil'j \*>
N i\l. MVTILUS FABALIS de !i \rklinl I . 4847.
(PI. VII, fig. 20, 21.)
M. Teittd ovato-oblonyd , arcuatd, valde incequilaterd , circinn compressd,
medio inflatd, concentric^ striis et lamellis quibusdam ornatd ; latere buccali
b.revi*simo, vix e apice exstante, rotundato; latere anali elonyato, dilatato,
antice rotundalo; latere cardinali arcuato; latere palleali sinuoso, lu'unte.
Dimensions. Longueur -18 mill.; par rapport d la lonyueur, laryeur
epaisseur -^; lonyueur du cote anal 17 mill.
so .
loo
Coquille ovale, ol)longue, tres-inequilaterale, legereinent arquee, compri-
mee pros des bords, renflee partout ailieurs; sa surface renseigne quelques
lignes d'accroissement qui , pendant la dernierc periode de la vie de 1'animal,
cliangentcn lamelles phis ou moins marquees ; les lignes, en s'accuniulant sur
la region buccalc, la font paraitre ridee; cote buccal tres-court et oblus: cote
anal allonge, elargi et arrondi a son extremitc: cote palleal sinueux. depas-
sant a peine les crochets et baillant a Tissue du byssus.
TOMK XXIV. 18
138 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Explication des /iyitrcs. PI. VII, fig. 20. Exemplairc de grandeur naturelle, vu de profil.
21. Le meme, vu sur Ic ligament.
Localite. J'ai rccucilli le M. fabalis dans 1'argile carbonifere de Tournay.
N H8. MYTILIS PR*PES de Ryckholt. 1847.
(PL VIII,fy.i,2.)
M. Testa tenui, elongatd, ovali, gibbosd, convexd, valde inwquilaterd , levi;
latere buccali brevi, angustato, obtuso; latere anali elongate, producto, an-
tice oblique truncate; latere cardinali compressissimo , extits concavo; latere
pallealivix rotundato, umbones exsuperante.
Dimensions. Longueur 20 mill.; par rapport a la longueur, largeur
epaisseur-^, longueur du cote anal 18 '/, mill.; angle apicial 132.
85
100 1
Coquille mince, allongee, un peu ovale, gibbeuse, mediocrement renflee,
tres-inequilaterale ; sa surface presque lisse est couverte de fines lignes d'ac-
croissement qui s'attenuent, apres avoir traverse le renflement qui se dirige
diagonalement des crochets vers 1'extremite anale; cote buccal court, retreci
etemousse; cote anal allonge, etale et tronque obliquement a son extremite;
region cardinale fortement comprimec, et concave a 1'extcrieur; cote palleal
faiblement arrondi et depassant a peine les crochets.
Observations. Je ne connais aucune modiole dans les terrains paleozoi-
ques qui offre avec celle-ci une ressemblance assez frappante, pour qu'il soil
necessaire d'etablir une comparaison ; le prolongcment aliforme de la region
cardinale la fera toujours reconnaitrc sans difficulte.
Explication des figures. PI. VIII, fig. 1. Exemplaire dc grandeur naturelle, vu de profil.
2. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. Le M. prcepes a cts decouvert par M. D. Toilliez. aspirant des
mines, dans le schiste houillcr du couchant de Mons.
.15!
iN 119. MYTILUS APICICUASSCS de Ryckholt, 1847.
(PI. VI U, fig. 3, 4.)
M. Testa lenui, ovali, regione palleali compressd, alibi passim convexd.
MELANGES PALEONTOLOG1QUES. 159
prope apicem callosd, striis tenuibus concentric!; tttriatd ; latere analiobtuso;
latere palleali media paululiim emarginato; latere cardinal! arcuato; um-
bonibus valde recurvis.
Dimensions. -- Longueur 25 mill.; par rapport a, la longueur , epain-
50
sevr ,,,.
Coquille mince, ovale, legerement comprimee sur la region palkiale, ren-
flee parlout ailleurs; sa surface est couverte defines stries concentriques:
cote anal allonge, faiblement arrondi a son extremite; cote palleal un pen
echancre au milieu: cote cardinal faiblement arque; crockets tres-recourbes
s iippuyant centre une forte callosile sur laquellc les slries d'accroissement
persistent ct qui esl marquee dun sinus pour livrer passage au byssus.
Explication des figures. PI. VIII, fig. 5, Exemplairc cle grandeur naturcllc, vu dc profil.
4. Lc i nc' ii ir. vu sur le ligament.
" !
Localite. J'ai decouvert le M. apicicrassus dans le calcaire carbonifere
friable de Vise.
N 120. MYTILUS RETROCESSUS de Ryckholt, 1847.
(PI.
M. Testa oblongd , inflatd, valde incequilaterd , concentrice rugis regularibus
obsitd; latere buccali, brevi, angustato; latere anali elongato , dilatato, an-
tice obtuso; umbonibus valde recurvis.
Dimensions. Longueur 20 mill.; par rapport a la longueur , largeur
', cote anal 18 mill,
Coquille oblongue, uniformement renflee, tres-inequilaterale ; sa surface
est couverte de plis d'accroissement tres-marques et regulierement disposes:
cote buccal, court et fort retreci ; cote anal, allonge , elargi et emousse a son
extremite; cote palleal faiblement arque, presque droit, depassant les cro-
chets; ces derniers sont fort recourbes.
Erptication des fyurts. PI. VIII, fig. 8. Exemplairc de grandeur natnrellc, vu de profil.
6. Le inrnir , vu sur le ligament
Localile. Le M. retrocessus a etc recueilli par moi dans le calcaire carbo-
nifere de Vise.
140 MELANGES PALEOrSTOLOGIQUES.
N 121. Mvmus PALMATUS de Ryckholt, 1847.
(PI. VI J I, fly. 7,8.)
M. Testa lenui, convexd, antice dilatatd, postice angustatd, striis len-uibus
concentrice ornatd ; latere anali antice rotundato; apice terminali, minu-
tissimo.
Dimensions. Longueur 24 mill.; par rapport a la longueur . epais-
Coquille mince, medioeremcnt renfleee. un peu arquee, elargie en avant.
retrecie en arricre; sa surface est ornee de fines stries d'accroissement . dont
quelques-unes sont phis prononcecs . tandis que les autres sont a peine per-
ceptibles a 1'oeil nu; clles sont fort scrrees vers 1'extremite anale et y perdent
de leur regularite; vue a la loupe, cette partie de la surface parait imbriquee;
crochets terminaux et peu developpes.
Explication des fgurtf. PI. VIII, fig. 7. Exemplairc de grandeur aaturelle, vu dc pro/il.
8. Le memo, vu sur Ic ligament, an trait.
Localite. J'ai rencontre cette moule dans le cafcaire carbonifere de Vise.
N 122. MVTILUS WESEMAELIANUS de Ryckholt, 1847.
(PI. VIII, fig. 11,12.)
M. Testa subtrigond, angulatd, valde inwqiiilaterd , concentrice tenui-ru-
gosd; latere buccali obtuso; latere anali dilatato. antice rotundato: later?
cardinali recto; latere palleali rotundato; regione palleali inflatd ; regione
ligamenti compressd.
Dimensions. Longueur 21 mill., par rapport a la longueur, epais-
seur ^; angle apicial 93.
Coquille un peu triangulaire, angulcuse, tres-inequilaterale . retrecie et
emoussee en arriere, dilatee et arrondie en avant: sa surface est couverte
de fins plis d'accroissement: cote cardinal droit: region du ligament com-
primec; region palleale renflee.
Observations. Le M. Wesemaelianus differe principalenient de ses con-
generes de la meme epoque par sa region anale anguleuse. etc.
MELANGES PALEONTOLOG1QUE& 141
,':i/iliculinii di-t fiijuret. PI. VIII, lig. 11. Excniplairc dc grandeur nnlurelle. vu dc prolil.
I -. !.< mdmc, vu sur Ic ligament.
Localite. Cette motile, ainsi quc la suivantc. a ete tKcoiiverte dans Ic
schiste him i HIT du couchant (ic Mons, par M. Desire Toillicz. qui soccupe
avec un /ele louablc des fossiles et des antiquites du pays.
N 123. MYTILUS TOILLIE/IANUS de Ryckholt. 1847.
(Pi. VIII, fig. 15, 1-U
M. Testa spathulald, convexd, valde intequiluterd , concentrice striatd ; la-
tere buccali brevissimo, anymtato. obliqui* retuso; latfre nnali dilalatn. an-
tice hiante et rotundato; latere liyamenti compresso.
Dimensions. Lonyueur 10 mill.; par rapport alalonyueur, laryeur -,
epaisseur f^; longueur du cole anal 8 ~ mill.; angle apiciaf 125.
Coqmlle spatulce, fres-inequilaterale. legerement cumprimee sur la re-
gion du ligament, uniformement renflee par tout ailleurs; sa surface est cou-
verte de lines lignes d'accroissement, qui sont plus marquees sur la region
palleale; cote buccal Ires-court, relreci et coupe obliquement en arriere;
cole anal allonge, brusquement dilate, baillant et arrondi a son extremite:
cote palleal prolonge an dela des crochets.
des figures. PI. VIII, fig. 15. Exvmplairc un pi'u grossi, vu de pruu'l.
14. l.f ini'MM' . vu sur Ic ligament.
Localite. Le Myt. ToiUiezianm accompagne I espece precedente.
> in-. ilii no '\'>i<\;'"\ -ntii') . -ilii - ri;,
N 124. MYTILUS AMPLIATUS de Ryckholt, 1847.
(PI. VII I, fig. 9, 10.)
M. Testa le-inii, oblongd, depressd . striis concentricis . iiwequirfinotis el striis
brevibus. obliquis, iteratlm seriatis ornutd; latere anali dilatato . antice obli-
(j/ue rotundato; latrre liyamenti recto, obliquo; latere palleali cottiftresso.
extiis arcuato.
. ; ii>ij I ' TiLkJiii
Dimensions. Lonyurur 2() mill.; par rapport a la lonyiieur. epaisseur -^~ -.
angle apicial 95.
142 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Coquille mince, peu renflee, un pcu arquee, fortement elargie et oblique-
inent arrondic en avant: sa surface est marquee de stries concentriques , ine-
galement espacees, entre lesquelles se montrent, en plusieurs series irregu-
lieres, de fines hachures courtes, obliques, et non visibles a Toeil nu; cote
cardinal droit et oblique; region palleale comprimee et limitee par une ligne
concave; crochets termines en pointe.
Observations. La dilatation anale , la compression palleale , la tenuite
du test et des ornements differents ne permettent pas de confondre cette co-
quillc avec le M. Palmatus.
Explication des figures. PI. VIII, fig. 9. Excmplairc de grandeur naturelle, vu de profit.
iO. Le raeme, vu sur le ligament.
Localite. J'ai recueilli le M. ampliatus dans le calcaire carbonifere
de Vise.
N 125. MVTILUS Divisus 1 de Ryckholt, 1847.
(PL V HI, fig. IB, 16.)
M. Testa tenui, subquadrilaterd, convexd, plicis 4-5, crassis et striis tenui-
bus concentrice obtectd ; latere anali utrinque oblique rotundato; lateribus
cardinali et palleali rectis ; umbonibus obtusis.
Dimensions. Longueur 20 mill.; par rapport a la longueur, epais-
seur ^; angle apicial 52.
Coquille mince, un peu quadrilatere , renflee: sa surface renseigne 4-5
gros plis, entre lesquels on observe de fines lignes d'accroissement; cote anal
elargi, se raccordant par des arcs de cercle obliques avec les cotes cardinal
et palleal; ces cotes sont presque droits; crochets emousses.
Explication des figures. PI. VIII, fig. 15. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
16. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. Cette coquille a etc decouverte par moi dans 1'argile carbo-
nifere a Tournay.
' Liscz JHarice.
MELANGES PALEONTOLOGIQIJES. 143
N 126. MYTILUS AMPELIT/CCOLA dc Ryckholt, 1847.
(PI. VIII, fig. \T.)
M. Testa tenui, minutd, subarcuatd, tumidd, incequilaterd , antice dilatatd.
posticl; anyustiore, utrinque rotundatd, concentricc rugosiusculd ; later?
buccali brevi; latere anali elongato; latere palleali excavato, hiante; apice
virgulif'ormi.
Dimensions. Longueur 10 mill.; par rapport a la longueur, largeurf^:
epaisseur -$; cote anal 8 mill.
Coquille mince, petite, fuiblemerit arquee, renflee. ineqnilaterale . arron-
die aux deux extremites, clargie en avant, retrecie en arriere; sa surface esl
couverte de fines ligncs d'accroissement, qui degenerent en plis imbriques
sur la region buccale; cote palleal un peu evide, baillant et depassant les cro-
chets, qui sont pcu marques.
vi -v>^ . i).\
Explication de la figurr. PI. VIII, (ig. 17. Excmplairc dc grandeur naturclle, vu de profil.
Localite. Cetle pelitc modiole a ete rencontree par moi dans rainpelitc
limn i.'ifn \ des environs de Liege.
N 127. MYTILUS CESTINOTUS de Ryckholt. 1847.
(PI. V! If, fig. 18,19.)
M. Testa tenui, subcylindricd, plicis crassis rotundatis, utrinque atlenuatis.
concentrice ornatd; inlerstiis concavis; latere buccali, obliquo. obtuso ; Ui-
tere anali antice oblique rotundato; latere cardinali arcuato; latere pulleali
f'eri; recto, compresso; umbonibm recurvis.
Dimensions.-- Longueur 14 mill.; par rapport a la longueur. epliquement de has en haul; cote cardinal arque ; crochets courts.
Explication des figuret. PI. IX, fig. 22. Exemplairc de grandeur nalurelle, vu de profil.
23. Le iiirnir, vu sur le ligament.
Localite. J'ai decouvert cettc belle coquille dans le schiste houiller des
environs de Vise.
N 130. MYTILUS PSIUNOTUS de Ryckholt, 1850.
(PI. IX, fg. 4,2.)
M. Testa tenui, subarcuatd, elongato-ovali, gibbosd, valde incequilaterd, levi;
latere buccali brevi, angustiore, obtuso; latere anali elongato , antice oblique
rotundato; latere ligamenti inflato; latere palleali sinuoso, abrupte com-
presso; apice vix conspicuo.
Dimensions. Longueur 19 mill.; par rapport a la longueur, largeur -f^;
rftaisseur -^ ; longueur du cote anal i 7 Va mill.
Coquille mince, legerement arquee, allongee, un pen plus etroite en arriere
qu'en avant, obtuse aux deux cxtremites, gibbeuse et tres-inequilaterale; sa
surface, partagee en deux parties par une carene longitudinale, oblique el
peu tranchante, renseigne de fines lignes d'accroissement, inegalement espa-
cees; on observe, en outre, deux plis assez marques vers I'cxtremite anale et
i|uelques rides vers le retrecissement palleal, formees par ('accumulation des
lignes d'accroissement; region du ligament renflee; region palle'ale sinueuse
fortement cornprimee et depassanl les crochets, qui sont fort petits.
Observations. Si Ton compare noire modiole au Modiola bipartita Sow..
Condi yL mm., p. 260, pi. 210, fig. 4, S, 6. on Irouve que les deux especes
onl les plus grands rapports; ccpendanl, la confonmition du cote cardinal.
TOME XXIV. 19
146 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
qtii, dans la notre, se dessine en arc decercle regulier, tandis qu'il est tronque
dans 1'espece de Taunton, etablit cntre les deux especes une difference asse/
notable; la compression palleale est aussi plus forte dans la notre; M. Sowerby
ne mentionne pas non plus, sur les moules qu'il decrit, 1'existence d'une ca-
rene tranchante, si prononcee sur ceux de notre coquille; ces caracteres et
quelques autres , que la comparaison des deux figures fera aisement saisir ,
m'onl porte a la considerer comme espece distincte.
Depuis la publication du Mineral conchology , plusieurs modioles jurassi-
ques et cretaces, ayant en partage , avec le bipartita, le caractere d'une carene
longitudinale plus ou moins prononcee, ont etc rapportees a ce dernier; il
suflit cependant de lire les diagnoses et de comparer les figures pour acquerir
la certitude qu'il n'existe entre ces diverses coquilles que des analogies asse/
eloignees.
Son cote cardinal plus arrondi, son cote buccal plus retreci, son cote pal-
leal plus creuse, distinguent noj,re coquille du Mod. levis, Roem., p. 90, pi. 5.
fig. 5, a, b, c, Nord-Deut. ool. Gebirges.
Explication des figures. PI. IX, fig. 1. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
2. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. J'ai rencontre le M. psilinotus dans le gres du Luxembourg de-
rage du lias inferieur.
N 131. MYTILUS TERQUEMIANUS de Ryckholt, 1850.
(PI. IX, fy. 5,4.)
M. Testa tenui, utrinque angustatd, medio dilatatd. inflatd, gibbosd, sublevi:
latere palleali recto , compresso; latere ligamenti convexo ; apice exiguo.
Dimensions. Longueiir 19 mill.; par rapport d la longueur, epaisseur-.
Coquille mince, un peu plus retrecie du cote buccal que du cote anal, elar-
gie au milieu, emoussee aux deux extremites, renflee, gibbeuse; sa surface
est couverte de fines lignes d'accroissement onduleuses, inegalement espacees,
qui se pressent vers 1'extremite buccale, et font paraitre cette partie legere
ment ridee; region palleale droite, fortemcnt comprimee ct marquee d'une
faible depression arquee, qui longe d'abord la gibbosite dorsale et s'arrete
avant d'avoir atteint le cote palleal ; region du ligament uniformement con-
vexe ; crochets peu apparents.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 147
Observations. II sum'ra dc comparer les figures quo nous donnons de
cette coquillc a celles de I'espece precedente et du HI. biparlitus Sow., pour
reconnailre qu'elle esl bicn distinctc dc Tune et de 1'uulre.
Explication des fiyures. PI. IX, fig. 3. Exempluirc dc grandeur naturcllc, vu de profil.
4. Le mruir, vu -.in- Ir ligament.
Localite. -- Le M. Terquemianus se trouve avec 1'espece precedente.
N 132. MYTILUS BENEDEISIAMS de Ryckholt, 1847.
(PI. IX, fig. V, 9.)
M. Testa ovali, compressd, medio et latere ligamenti pticis radiantibus , plicis-
que concentricis , interruplis , arcuatis decussatd, alibi passim concentrice
rugosd, rugis confertis, irregularibus ; latere palleali postice emarginato .
hiante ; latere buccali lamelloso, incrassato. angustato; latere anali valde
dilatato, rotundato.
Dimensions. Longueur SO mill.; par rapport a la longueur, largeur:
epaisseur ^ ; longueur du cote anal 47 mill.
Coquille epaisse, ovale, comprimee, allant en s'elargissant jusqu'a 1'extre-
mite anale, qui est arrondie: sa surface est ornee en long de legers plis, et en
travers de rides arquees, interrompues, tres-rapprochees et tres-irregulieres
sur les regions anale et palleale, regulieres partotit ailleurs; cotepalleal muni
d'une echancrure limitee par deux saillies lamelleuses et imbriquees, pro-
duites par 1'accumulation des rides concentriques , dont la superieure est
relevee en voute , tandis que I'inferieure sert d'appui aux crochets qu'elle de-
passe faiblement; ces derniers sont greles, recourbes et termines en poinle.
Explication des figuret. PI. IX, fig. K. Exemplaire de grandeur naturclle, vu de profil.
6. Le memo, au trait, vu sur le ligament.
Localite. J'ai recueilli le M. Benedenianus dans le turonien inferieur. a
Monlignies-sur-Roc et a Tournay.
N 133. MYTILUS COT Roemer.
MTTILUS COTT* Roemer, Verst. des Nord-DeiUs. Kreidegeb., p. 66, pi. 8, fig. 18 (exemplaire
d^prime).
148 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
MITILBS COTT* Rcemer, apud Gein,, loco cit., p. 56, pi. dO, fig. 5 (exemplaire deprime).
apud Gein., Die Verst. von Kieslingswalda, p. 15.
apud Reuss., loco cit., 2 e part., p. 14, pi. 50, fig. 4.
MODIOLA GBANULOSA Potiez et Michaud , Galerie des moll., t. II , p. 132, pi. 54, fig. 10.
MYTILUS CNDULATUS Reuss., Geogn. skizz,\>. 118.
LINEATUS Sow. apud d'Orb., Pal. franq., t. HI, p. 266, pi. 337, fig. 7-9. Partmi.
M. Testa tenui, ovali, antice paulatim dilatata, postice angustatd, subarcuatd,
ventricosd; scepe plicis quibusdam incequi-remotis concentrice divisd, striis-
que subtilibus undoso-angulatis interpositis et costulis radiantibus, inter-
ruptis vel dichotomis, ornatd; interdum striis radiantibus et transversis
decussatd, interdum prceterea granulosd; latere buccali obtuso; latere anali
oblique rotundato; latere palleali abrupte dedivi, medio concavo, postice
inornato et plicis crassioribus notato.
Dimensions. Longueur 59 mill; par rapport d la longueur, largeur-^:
fyaisseur -^.
Coquille mince, un peu elargie en avant, retrecie en arriere, a peine ar-
quee, fort ventrue; sa surface est couverte de fines cotes rayonnantes, plus
prononcees et plus espacees sur la region palleale; ces cotes devient de leur
direction ou se bifurquent lorsqu'elles rencontrent , dans leur parcours , 1'un
des plis concentriques qui la partagent, de loin en loin, en plusieurs parties
inegales; entre ces plis, on observe de fines strics anguleuses, peu espacees,
formant autant d'angles qu'il y a de cotes; ces dernieres manquent a la partie
posterieure mediane de la region palleale, tandis que les plis y persistent;
souvent les lignes transversales onduleuses sont remplacees par de fines
stries concentriques, et la surface parait cancellee ; parfois , a 1'intersection des
cotes longitudinales et des stries transverses. on observe de petits grains, et
toute la surface parait couverte d'une fine granulation ; cote buccal emousse
et un peu oblique ; cote anal obliquement arrondi ; cote palleal replie sous un
angle presque droit et legerement evide au milieu.
Observations. MM. Roemer et Geinitz , n'ayant que des exemplaires de-
formes a leur disposition , n'ont donne qu'une diagnose incomplete de cette
moule; M. Reuss, le premier, a donne une figure reconnaissable a laquelle il
manque tout ce qui est neccssaire pour en faire une modiole; des exemplaires
pareils a celui que cet auteur a fait figurer, sont tres-frequents en Belgique.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. H9
Lc lUodiola lineata Sow.apud Fitton, proprc an terrain neocomien d An-
glcterre, dc France, de Belgiquc, et d'Alleniagne? devra prendre le nom dc
a n if n si a . que lui a impose M. Rocmer, en 1836, attend u que le nom de //-
ncatus doit rester a 1'espece figuree par Chemnitz, tabl. 84, fig. 753.
II cst a observer que M. Goldfuss aussi a donne le nom dc angustm a um-
coquille (ju'il croyait appartenir au genre Mytilus; mais il est reconnu que ce
Mytilus u'est qu'un exemplaire inutile de Ydvicula Reichii Rremer , qui . a son
lour, n'est autre que YAvicula anomala Sow. iifinil Fitton.
Les ornements de cctte coquille varient d'un exemplaire a 1'autre et parfois
sur le memc exemplaire; les cotes se bifurquent, soil pendant la premiere.
soil pendant laderniere pcriode de la vie de 1'animal, ou changent simplernenl
de direction ; elles paraissent granuleuses , imbriquecs ou crenelees , selon qur
1'exemplaire est plus ou moins bien conserve; on remarque aussi, tres-sou-
vent, une legere depression la ou les cotes rayonnantcs s'arretent.
Localite. On rencontre cette coquille dans le turonicn de Tournay . de
Montignies-sur-Roc, de France, de Prusse, de Saxe et de Boheme.
IN 134. MYTILUS CONCENTRICUS Miinster.
MVTII.US CONCENTRICUS Munst. apitd Goldf., loco cil., p. 178, pi. 158, fig. 5.
MODIOI.A CONCENTRIC.* ii/nnl ReEmer, Venst. der Nord-Deuts. Kreideg., p. 67.
M. Testa subovali, recta, carind obtusd bipartitd, inflatd, plicis reyularibits.
concentricis , imbricatim obsitd; latere buccali brevi, rotundato; latere anali
clonyato, paululum dilatalo . antice oblique rotundato; latere cardinali
recto; latere palleali medio oblique coarctato.
Dimensions. -- Longueur 5 mill.; par rapporl d la lonyuetir.
laryeur du cote anal 4 mill.
Coquille droite, un peu elargie enavant, partagee en long par une curenc
obtuse, renflee sur la region mediane posterieure, diminuant ensuite rapide-
ment d'epaisseur; sa surface est couvertede grosplis reguliers, concentriques.
qui degenerent parfois en lamelles sur la region du ligament; cote buccal courl
et arrondi; cote anal allonge, obliquement arrondi a son extremite: region
palleale marquee d'une depression etroite qui se dirigc des crochets vers le
milieu du cote palleal.
150 MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Locality. Je n'ai rencontre que de jeunes exemplaires, du reste, par-
faitement caracterises , de cette coquille , dans le turonien de Tournay.
N 13. MYTILUS TORNACENSIS d'Archiac, 1847.
(PI. IX, fig. 7.)
MYTILUS TORNACENSIS d'Archiac, Rapport sur les fossiles, etc., p. 307, pi. 15, fig. 3 et 3 a.
HAINOENSIS de Ryckholt, 1847, Elucubralions paUontologiques.
An GALLIENMI? d'Orbigny, loco mem., t. HI, p. 273, pi. 339, fig. 1, 2.
M. Testa subtrigond, gibbosd, tumidd, concentrice lamelloso-costatd , costis
latis, levibus; latere anali dilatato, antice rotundato; latere buccali angus-
tato; latere ligamenti obliquo; latere palleali recto, plicis transversis vel
obliquis, intertextis, utrinque in tuberculum desinentibus , ornato; umboni-
bus valde recurvis.
Coquille elargie en avant, retrecie en arriere, un peu triangulaire, gib-
beuse, renflee, ayant la region palleale fortement comprimee et marquee en
travers de fins plis obliques limites a chaque extremite par un tubercule,
tandis que les regions anale et cardinale sont ornees de larges cotes concen-
triques, lamelleuses et lisses; cote anal atteignant sa plus grande largeur vers
le milieu de la longueur; crochets recourbes.
Observations. Cette coquille a recu , la meme annee , deux noms specifi-
ques 5 je profite de 1'occasion que 1'Academie vient de me fournir pour lui
restituer le nom qui lui revient par droit de priorite , attendu que le memoire
de M. d'Archiac etait en cours d'impression lorsque mon travail fut presente
a 1'Academie. L'auteur cite a la synonymic, n'ayant probablement que peu
d'exemplaires a sa disposition , n'a pas fait figurer les ornements de la region
palleale; la figure que j'en donne completera ainsi celles qui sont mention-
nees plus haut ; je possede un exemplaire ayant 7S mill, de longueur.
Explication des figures. PI. IX, fig. 7. Valve de grandeur naturelle , vue sur la region palleale.
- . it
N 136. MYTILTJS MULLERI de Ryckholt.
MODIOLA FABA Muller, Monographic der Aachner kreide Formation , p. 36, tabl. 2, fig. 3, a, 6.
An LITHODIOMUS?
Le nom de faba applique a differentes reprises a des coquilles de ce genre
MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
reste definitivement acquis a 1'especc figuree par Chemnitz, tab. 85, fig. 761.
INos cxemplaires ont etc rccucillis dans le turonicn de la province de Liege:
ils sont plus grands quc cclui qui est mentionne a la synonyinie, et Ics lignes
d'accroissement s'y montrent a parlir des crochets.
N 157. MVTILUS AQUISGRANENSIS de Ryckholt.
MTTILUS SCAURIS Mullcr, lococit., pi. 2, fig. 11.
Le nom de scalaris, donne une premiere fois par M. Phillips etunc autre
fois par MM. Poliez et Michaud, Galerie des moll.,, t. II , p. 154, pi. 54, fig. \{ .
reste enfin a 1'espece figuree (Paleozoic, /bss., pi. 60, fig. 62).
Loealite. - - J'ai recucilli le M. aqtrisyranensis dans le turonien des envi-
rons de Liege; il y est, ainsi que 1'espece precedente, a letat de moule
crayeux.
N 138. MYTILUS PILEOPSIS d'Orbigny.
MTTII.US PILEOPSIS d'Orb., loco cit., p. 272, pi. 538, fig. 11-13.
INFLATES Mull. , loco cit., p. 35, pi. 2, fig. 9, a, b.
Mes exemplaires sont depourvus de stries rayonnantes; ils satisfont. du
reste, completement aux diagnoses et aux figures qui en ont etc donnees:
M. le docteur Miiller, a qui la science doit tant d'importantes decouverte*.
dans les terrains cretaces des environs d'Aix-la-Chapelle, mentionne cette
circonstance particuliere que souvent les stries disparaissent au contact de
I'air.
Loealite. -- J'ai recueilli cette coquille dans le memo terrain et dans les
memes localites que les deux cspeces precedentes.
MYTILUS CLATRATUS d'Archiac.
MTTILOS CLATRATUS d'Archiac , loco cit. , p. 306 , pi. 1 S , fig. 4, 4 o , 4 b.
Le M. clalratm cite par M. d'Archiac, comme se trouvant dans le turonien
deTournay, m'est inconnu ; 1'exemplaire figure rappelle singuliereinent, par
sa forme et un peu par ses ornements, une venericarde du meine terrain.
Jo2 MELANGES PALEONTOLOG1QUES.
N 139. MYTILUS CIPLYANUS de Ryckholt, d847.
(PL IX, fig. 12,15.)
M. Testa elongald, angustd, media latiore, antics et postice fere cequilatd,
inflatd, tenue granosd vel decmsatd, plicis concentricis majoribus, remotis,
striisque interpositis costulas radiantes decmsantibus, ornatd; latere buccali
obtuso; latere anali oblique rotundato; latere palleali compresso, fere in an-
gulum rectum replicato , postice levi; latere ligamenti inflato.
Dimensions. Longueur 28 mill.; par rapport a la longueur, largeur ~ ;
vpaisseur -^.
Coquille allongee , etroite , atteignant sa plus grande largeur vers le milieu
de la longueur, un peu plus large en avant qu'en arriere, renflee; sa surface
est marquee de quelques plis concentriques , plus prononces sur la region du
ligament que partout ailleurs; entre les plis se montrent une multitude de
fines stries a peine visibles a 1'oeil nu, qui coupent de fines cotes rayonnantes,
un peu onduleuses, lesquelles font paraitre la surface granuleuse ou treillissee ;
cote buccal obtus; cote anal obliquement arrondi, region palleale fortement
comprimee.
Observations. Le M. ciplyanus differe du M. lineatus Sow. , dont il pa-
rait, du reste, voisin, par sa taille constamment plus petite , par son cote anal
moins elargi, par sa region palleale plus fortement repliee, par ses stries
placees entre les gros plis ; il est aussi toujours plus etroit.
Explication des figures. PI, IX, fig. 12. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
15. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. Le M. cyplianus est propre au senonien superieur de Ciply et
de Maestricht ; il n'est que tres-rarement pourvu du test.
N 140. MYTILUS NUDUS de Ryckholt, 1850.
(PI. IX, fig. 8, 9.)
M. Testa subovali, utrinque angustatd etobtusd, media dilatatd, inflatd, gib-
bosuld, concentrice plicatd; latere ligamenti recto , obliquo , convexo ; latere
palleali vix sinuato, compresso, lente declivi; umbonibus contiguis.
MELANGES PALEOINTOLOGIQUES. 15.1
Dimensions. Longueur 26 mill.; par rapport a la longueur, largeur ~~;
epainseur ".
Coquille mince, incompletement elliptique, atteignant sa plus grandc lar-
geur vers le milieu de la longueur , retrecie et emoussee aux deux extremites .
renflee et un peu gibbeuse; sa surface renscigne de gros plis, espaces et d'au-
tant plus prononces qu'ils sont situes plus pres de I'extremite analc: region
du ligament droite, oblique et convexe; region palleale a peine sinueusc et
s'etalant en pente douce; crochets contigus.
Observations. Jeneconnais leAf. nudus qu'a 1'etat de moule: il differe du
Modiola wqualis Sow., dont il a les proportions, par son contour et princi-
palement par son cote palleal insensiblemcnt sinueux, par le retrecissement
tmccal et par ses plis; les deux especes sont, du reste, fort voisines.
Explication des figvret. PI. IX, fig. 8. Exemplairc de grandeur naturellc, vu de profil.
9. Le HH'IIIC, vu sur le ligament.
I. nriil it,-. J'ai decouvert le M . nudus dans le senonien superieur . a Ciply.
N 141. MYTILUS ACTIMISOTUS de Ryckholt, 1850.
(PI. IX, fig. W, 11.)
M. Testa tenui, abbreviatd, ventricosd, ovali, postice angustatd, alibi passim
fere eequilatd, radiatim costulis 15 planulatis, lente latescentibus sulco,
distinctis et concentrice slriis remotis ornatd; latere ligamenti levi, convexo ;
latere palleali levi, abruptissime compresso.
Dimensions. Longueur 15 mill.; par rapport d la longueur, epaisseur .
angle apicial 72.
Coquille mince, raccourcie, ventrue, ovale, retrecie en arriere, conservant
cnsuite a peu pres la meme largeur dans toute son etendue; sa surface est
marquee en long d'environ 15 fines cotes aplaties, qui ne s'elargissent que
tres-insensiblement; ces cotes sont separees par un etroit sillon et coupees
de loin en loin par des lignes d'accroissement peu prononcees qui, a leur
intersection avec les cotes, engendrent une fine granulation peu visible a I'oeil
nu; region du ligament lisse et convexe: region palleale lisse et repliee pres-
que verlicalement pres des crochets.
TOME XXIV. 20
1S4 MELANGES PALEONTOLOG1QUES.
Observations. Le M. actininotus differe de ses congeneres fossiles
connus, par 1'absence de tout ornement autre que des lignes d'accroissemenl
sur les regions palleale et ligamentaire,tandis que le dos est couvertde rayons;
son epaisseur, comparee a sa taille, est aussi fort remarquable.
Explication des figures. PI. IX, fig. 10. Exemplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
H. Le meme, vu sur le ligament, au trait.
Localite. J'ai decouvert cette moule dans le turonien de la province de
Liege; elle ne conserve le test que tres-rarement.
N 142. MYTILUS QUETELETIAMJS de Ryckholt, 1850.
(PI. IX, fig. 14,15.)
M. Testa crassiusculd , ovato-trigond , postice angustatd et oblusd, antice dila-
tatd et oblique rotundatd; media longitudinaliter et arcuatim inflatd, costulis
planulatis radiantibus, sulco distinctis, interdiim dichotomis, etplicis sir Us-
que concentricis ornatd et imbricatd; latere buccali brevi; latere ligamenti
recto et obliquo.
Dimensions. Longueur 28 mill. ; par rapport a la longueur, largeur
epaisseur ^; longueur du cote anal 26 mill.; angle apicial 100.
15 .
100'
Coquille assez epaisse,ovale, un peu trigone, retrecie etemoussee en arriere,
dilatee et obliquement arrondie en avant, marquee d'un fort renflement longi-
tudinal et arque, et a cote de ce renflement, sur la region palleale, d'une de-
pression qui va en s'elargissant a partir des crochets ; sa surface est ornee en
longde cotes rayonnantes, aplaties, separees par un sillon et souvent bifur-
(juees, et en travers de quelques plis entre lesquels on observe de fines stries
tres-rapprochees ; il resulte de cet ensemble que la surface , surtout pres des
bords, parait imbriquee ; cote buccal court; region du ligament convexe et
limitee exterieurement par une ligne droite et oblique; region palleale tres-
comprimee et depassant faiblement les crochets; ces derniers sont courts.
Explication des figures. PI. IX, fig. 14. Excmplaire de grandeur naturelle, vu de profil.
15. Le meme, vu sur le ligament.
Localite. J'ai decouvert le Mytilus Queteletianus dans le neocomien? du
Hainaut avec le M. angustus ? Roem. , lineatus Sow.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. 155
N 143. MYTILUS MORRENIAISUS de Ryckholt. 1850.
M. Testd ovato-oblonyd , subquadrilaterd , inflatd, yibbosd; latere buccalibrevi,
obtuso; latere anali antice oblique rotundato ; latere cardinali arcuato , con-
centrice lamelloso; latere palleali postice convexo et exstante, antice exca-
vato; umbonibus brevibus, recurvis et contiguis.
Dimensions. Longueur 1 5 mill.; par rapport a la longueur, largeur
e'paisseur -j^; longueur du cote anal 13 mill.; angle apicial 105.
57 .
100 '
Coquille ovale, oblongue, tres-incompletement quadrilatere , renflee, gib-
beuse, marquee de lignes d'accroissement onduleuses qui degenerent sur la
region du ligament en courtes lamelles qui s'imbriquent; cote buccal court et
emousse ; extremite anale obliquement arrondie ; cote cardinal arque ; crochets
courts, recourbes, contigus et depasses par la region palleale, qui est evidet'
en avant et convexe en arriere.
Observations. Le M. Morrenianus a des rapports de forme avec les
M. cequalis Sow. , Materonensis et mornatus d'Orb. , tout en se distinguant de
chacun d'eux par un caractere qui lui est propre et que la comparaison des
figures fait suflisamment ressortir.
Explication des figures. PI. IX, fig. 16. Exeraplaire dc grandeur naturellc, vu de profit.
17. Le meme, vu sur Ic ligament.
Localite. J'ai decouvert cette coquille dans le silex subordonne au terrain
senonien, a Haccourt (Liege); elle conserve le test '.
ESPECES DENOMMEES.
Ur mill- ll ii l"..
M'ltiiHs riiH-iiiiniiif de Ryckh.
Lefebvreanus de Ryckh.
Mytilut Cordnliatms de Ryckh.
Mosensis de Ryckh.
1 Jusqu'a ce jour, aucune espece de ce genre n'avait etc cilce dans le terrain carbonifere du pays; cc-
pcndant nous avons pu en decrire 17; si, a ce nombrc, nous en ajoutons quelques autrcs demies comme
Cardiomorpha , nous voyons qu'a 1'^poque carbonifere, ce genre avail acquis, en Relgiquc, un devcloppc-
mcnt specifique qu'il n'a plus attcint dans aucune des nicrs subsequcntcs.
156
MELANGES PALEONTOLOGIQUES.
Mylilus Fontenoyanus dc Ryckh.
ligonula de Ryckh.
fabalis de Ryckh.
prcepes de Ryckh.
apicicrassus de Ryckh.
rctrocessus de Ryckh.
palmatus de Ryckh.
Wesemaelianus de Ryckh.
Toilliezianus de Ryckh.
ampliatus de Ryckh.
divisus de Ryckh.
awpclitcecola de Ryckh.
cestinotus de Ryckh.
pernella de Ryckh.
Omaliusiana de Ryckh.
Liaslques.
Mytilus psittnolus de Ryckh.
Mytilus Terquemianus de Ryckh.
Neocontlennes ?
Mytilus anguslus? Roem.
Queteletianus de Ryckh.
Turonlennes.
Mytilus fienedenianus de Ryckh.
COCB de Roem.
concentricm Goldf.
Tornacensis d'Arch.
Mullen de Ryckh.
Aquisgranensis de Ryckh.
pileopsis d'Orb.
Senonlennes.
Mytilus nudus de Ryckh.
Ciplyanus de Ryckh.
Morremanus de Ryckh.
MYACIDJE D'ORBIGHY.
Genre MYA Lamk.
Coquille ovale, oblongue, inequilaterale , presque inequivalve, fortement
baillante, surtout a la region anale; impressions palleales tres - marquees ,
laissant un sinus profond , oblique : impressions musculaires au nombre de
deux a chaque valve, une triangulaire, transverse a la region anale, 1'autre
allongee et transverse a la region buccale ; ligament interne s'inserant dans un
cuilleron vertical de la valve droite, et dans un cuilleron interne, place sous
le crochet de la valve opposee.
Observations. Les depouilles de ces animaux , d'apres nos connaissances .
se montrent pour la premiere fois dans le turonien inferieur; ils vivent en
nombre dans toutes les mers de notre epoque.
N 144. MYA LJEVIUSCULA Sowerby.
LUTRARU GURGITIS Brong. apud Nilson , Petrif. Suec., p. 18, pi. 5, fig. A, B, C.
Brong. apud Hizinger, Leth. Suec., p. 67, pi. 20, fig. \.
MELANGES PALEONTOLOGIQUES. J57
|'\MIM \ i.i 1:1.111- I'.iiiiu. iiinul KeilSS, lorn tit. , p. \ 1 , pi. 26, flf. 3.
Urong. n/iiiil Grinitz, Charackt., etc., p. 12, pi. 2, fig. 2.
Mv* 1. 1 MI -i 1 1 \ Sow. apud Fitton, Transact, ofthegeol., vol. 4, 2" sirie , p. 340, pi. 16,
fig. 6.
Sow. opurf d'Orbigny , loco cit. , p. 326.
M. 7'es
i 1 : 1 1 -i rouge 4
I Glaise avec pyrites 1C >
fctage cenomanien . . . / r . ( Calcaire crayeux 4 50
(' ( Argile bleue compacte 4
| Calcaire crayeux 8 SO
if bane. { .,
( Argile bleue comp
Senonien inferieur ?
Terrains tertiaires et nioder-
nes
.rgile bleue compacte a
( Calcaire crayeux S
3 bane. !
1 Argde bleue moms compacte 1 i
Silex S
Bonne-pierre a SO
Ores I 50
M .1 1 in- ou calcaire compacte 5 SO
Tul plus ou moins dur 8 50
Terre vegctale i
Page 19. fi'ri's i-i-nlillri'. Les Tossiles renfcrmes dans ce dlpdt sont rapportes, dans le Prodrome de paleontolo-
gie, a I'ctage senonien, et aux etages s^nonien et danien, par M. Geinitz, dans sa derniere publication sur la faunr
cretacee des diverses contrees de I'Allemagne. Comme a Tournay on n'a rencontrl d'autres cephalopodes que des
nautiles, il y a lieu de croire que ce depdt est de I'ige danien. Ainsi se confirmerait I'opinion emisc par M. le profes-
seur Dumont, que, dans certaines localites, ce gres superpose I'^tage a Selemnitella mucronata. Au reste, la dis-
tinction des deux Stages est loin d'etre assise sur des bases definitives.
Page 33. Terrain turonien. Le turonien proprement dit, d'apres la nouvelle distribution des terrains cretaces
proposee par M. d'Orbigny, devient un ieuse, on trouverait sans
peine des arguments pour combattre cette innovation grammaticale.
Page 149. MYTILUS CONCENTRICUS. M. Geinitz rapporte a tort cette coquille au Mytilus cequalis Sow., en la
faisant figurer dans tous les Stages cretaces allemands, a partir du c^nomanien; en sorte qu'ellc aurait joui du rare
privilege d'echapper cinq fois aux causes qui onl amene" la destruction de ses congeneres, depuis 1'epoque neocomiennc
inclusivement. L'espece c^nomanienne qui nous occupe devra prendre le nom de Nervicanus. Je la ferai figurer.
Page 157, 2 e ligne, au lieu de Grinitz , lisez Geinitz.
Page 157. MYA L^JVIUSCULA , synonymie. Au lieu de MYA LvinscnLA d'Orb., lisez PANOPSA, etc.
Page 160, au lieu de PHOLADOMIA ESMARKII , lisez PHOLADOMYA , etc.
La surface de cette coquille, telle que je la comprends, d'accord avec les naturalistes allemands, est faiblement
tuberculeuse; le Pholadomya Carantoniana que M. d'Orbigny lui assimile est depourvu de ce caractere , que ne
signale non plus M. Nilsson. Faut-il en conclure que Tassimilation faite par 1'auteur francais n'est pas fonde'e? ou
bien, les moules decrits par ces Messieurs sont-ils frustes? M. Geinitz a bien fait ressortir les differences qui se'parent
le Pholadomya EsmarMi et le Pholadomya nodulifera de Munster, que Pon rencontre dans le meme etage.
Page 162. PHOLADOMYA PUSCHII, diagnose. Au lieu de brevi-rotundato , lisez brevi, rotundato.
PLANCHES.
Le lithographe, en reproduisant les planches sur la pierre, a interverti la station normale de quelques coquilles;
je crois, en consequence, devoir prevenir que, dans mes descriptions, j'ai suivi la methode introduite par M. d'Or-
bigny.
TABLE ALPHABtfTIQUE ,
SYNOPiYMIQUE ET GEOLOGIQUE DES GENRES ET ESPECES DECRITS OU OENOHMES.
rl.AKCaiS.
ViOIi.
raiium
1 III.'
Acmwa, Eschscholtz. V. Beltion, Montfort
56
it-rut nit a , Phillips. V. Capulus,
00
Anomianella proteus , de Ryckholdl
10
p.
3
Arcomya Ayassiz. V. Pholadomya, Sowerbv . ....
lot)
\iliintiilif. Rang
85
B.
Bellerophon, Montfort
83
nodulosus, Goldfuss. V. Tuberculatus , d'Orbigny .
85
tuberculatus, Sowerby
M
B
p
It in It'n*, d'Orbigny
3
85
p
3
hyalinus, de Ryckholt
3
88
p
3
papyraceus
3
87
p
3
phalena ...
3
86
p
3
plicatus
3
89
p
3
subdiscotdes
3
89
p
3
C.
Capulus, Me in fur:
53
*
Dumonliunus , de Ryckholl
1
p
In ct ifii*. . . ,
10
p
8
vr incus,
k
34
p.
3
168
TABLE ALPHABETIQUE.
Capulus adroceras, de Ryckholdt . .
PLANCHES.
\
PAGES.
35
TERRAINS.
P.
KTAI.I
3
corpuratus,
euomphalaides, ;,j . . .
\
\
38
37
P.
P.
3
3
tubifer, Sowerby. . . . . .
\
34
P.
3
rectus, de Ryckholdt . .
\
36
P.
3
elongalus, Goldfuss. V. Lituus, de Ryckholt . . .'.
flexicostatus , de Ryckholt , .
1)
1
38
39
c.
4
lituus, .... ....
38
c.
4
rhynchdides
Cardinia Agassiz . . . .
l'
1
40
99
c.
6
angu lata, de Ryckholt
colliculus,
Mans,
Hulloziana
madlenla, de Ryckholt
1
6
6
6
104
102
103
100
107
p.
p.
p.
p.
p.
3
3
3
3
3
nucularis,
6
101
p.
3
ovalis, de Koninck ...
6
106
p.
3
salebrosa, de Ryckholt. ... . .
6
106
p.
Scherpenzeeliana , de Ryckholt
6
103
p.
3
tellinaria, de Koninck .
6
106
p.
3
Toillieziana, de Ryckholt .
6
103
p.
3
uneinata,
6
104
p.
3
utrata, de Koninck
106
p.
3
copides, de Ryckholt .... . . . .
6
108
J.
1
Cardita Esmarkii, Nilsson. V. Pholadomya
160
Cardium caudatum, Ro3mer. V. Pholadomya cequivalvis. . .
lucerna, Forbes. V. Pholadomya cequivalvis . . . .
Cerambycites amphisbcena , Geinitz. V. Gastrochcena ....
Chiton, Limit' ...
162
162
117
63
))
)>
Sealdianus, de Ryckholt. . . ... . .
63
))
)>
Sluzeanus,
Chitonellus, Lamarck ....
2
64
63
p.
3
Barrandeanus , de Ryckholt, sous le nom de Chiton.
Chitonidce, d'Orbigny
2
65
63
p.
3
Clavagella , Lamarck
109
coronata, Deshaeyes
109
T.
2
TABLE ALPHABETIQUE
169
< i ii UK/I I In tibialig, Lamarck.
Clavagellidas , d'Orbigny . .
Corbula wquivalvit, Gold fust
Crepidulidce , d'Orbigny . .
D.
Dentalidce, d'Orbigny ...
A
66
n
n
Dentalites cingulatut, Schlotheim. V. Ditntpa clava . . . .
Dentalium , Lamarck
*
122
66
a n tii/ it inn , Goldfuss
66
P.
2
Navicanum , de Ryckholt
10
P.
2
priscum , Sandberger
66
dentalioidium , de Ryckholt
68
n
lltll I/ II II I:'. ....
2
67
P.
3
ingens, de Koninck
68
P.
3
' -1-1111111111 V. Dentaloideum
68
perarmatum, de Ryckholt
2
67
P.
3
priscum, Munster
68
P.
3
n/ /i i- n n ii.i , de Ryckholt
2
71
C.
de forme, Deshaeyes. V. Ditrupa
122
a
ellipticum, Sowerby .
72
a
Reuss. V. Michauxianum .
72
Geinitzianum . de Ryckholt .
70
c.
4
medium , J. Sowerby .
69
c.
4
J. de C. Sowerby. V. Geinitzianum . . .
Michauxianum , de Ryckholt ....
2
70
72
I
c.
n
4
lillllsillHIIIII . . . .
70
c.
D
iii- in in in. Lamarck
70
Jt
Mantell. V. Reussianum
70
D
Sowerby
70
Browni, Hizenger. V. Ditrupta clava . . .
clava , Lamarck. V. ...
croMtim. Deshayes. V. ...
Mosce, Goldfuss. V. ...
srj-carinattim , Munster. V.
X
n
122
122
122
122
122
n
1
I
J)
1
470
TABLE ALPHABETIQUE.
PLillCHES.
PAGES.
TERRAINS.
Denlalium bicostale, de Ryckholt
2
71
C.
Dilrupa , Berkeley. ...
120
devonica, de Ryckholt
6
P.
carbonifera,
6
125
P.
defortnis ,
d22
C.
Ciplyana, .
6
224
C.
clava,
122
C.
Donadtes, Schlotheim. V. Pholadomya
i
159
Dorsomya dorsata, de Ryckholt
10
p.
E.
Emarginula , Lamarck
carbonife
Munsteri
cellulosa ,
fiexuosa ,
galericuh
gibbosula ,
gravid a ,
impressu ,
loculata ,
nuda ,
Filigraua , Berkeley
fiti/brmii
Fistulana , Bruguieres
Lamarck
k
B
42
(l
f era, de Rvckholt
\
43
P.
"iana ,
P.
i,
2
52
C.
_
1
45
C.
lus ,
2
48
C.
a,
2
49
C.
2
50
C.
a , ... ...
2
47
C.
1
44
C.
'phala ,
1
2
45
50
C.
C.
etacea ,
2
51
C.
efrance. V. Ditrupa clava
122
nphalus) pseudo-serpula , de Ryckholt. .
serpula , . .
F.
, ' v(v,V> ;>'.
5
5
125
>
de Ryckholt
125
C.
s
117
HI
na, Geinitz. V. Gaslrochcena ....
117
TABLE ALPHABETIQUE.
Vi&swella, Brugifcres
rtiKcm
ruu.
ST
TllkilM
'
Recqiana ,
v>
SS
r
I
Nystiana , ....
2
55
r
i
l.rml it'll ,
10
55
r
Fisturellidw , d'Orbignv
42
G.
Gastrochcena Essensis , de Ryckholt
149
r
|
Tornacen$i$, . . ....
5
119
r
1
amphisbwna,
r
JL
Royanensis. d'Orbienv .
1 17
r
K
fi in mm i/ a Agassiz. \. Pholadomya
159
H.
Hulcion, Montfort
56
til ifin a, de Ryckholt . .
58
p
liumilix . ....
2
59
p
Z
luli-rul is.
56
p
loxoqonoides ,
2
57
p
3
dijcrepuns, ... .
infraliasina ,
Koninckiana ,
2
2
2
61
60
62
J.
J.
r
1
1
i
Normandiana ,
2
61
r
i
Civlyana ,
10
f
Hi'inii'ui'tliitiii . Brongniart. V. Pholadomya .
159
flipponix. Defrance. V. Capulus
33
Homomya, Agassiz. V. Pholadomya ....
159
I.
Infundibulum, Montfort
41
Tomacense, de Ryckholt .... . .
iO
c
.i
Ciplyanwn ,
B
41
r.
f,
172
TABLE ALPHABETIQUE.
Jouannetia, Desmoulins. V. Pholas.
159
L.
Lithodomus, Cuvier ...
127
Hannonice , de Ryckholt
pyriformis, d'Archiac
7
130
129
C.
C.
suborbicularis, . ....
130
C.
Ciplyanus , de Ryckholt . .?
7
127
C.
modiolus,
similis,
Lottia, Gray. V. Helcion
7
131
128
56
C.
C.
Lutraria gurgitis, Nilsson. V. Mya Icnviuscula
156
Lvsianassa. Miinster. V. Pholadomva.
159
M.
Meloptoma, Phillips . . . . .
.
56
.
heptaedralis, de Ryckholt
Modiola concentrica, Roemer. V. Mytilus concentricus . . .
Faba, Muller. V. Mytilus Mullen
granulosa, Potiez et Michaud. V. Mytilus Colics. . .
Mya, Martin. V. Cardinia.
2
59
149
150
147
99
P.
ovalis, Martin. V. Cardinia ovalis
105
P.
Zieten. V. Pholadomya
159
156
Iwviuscula , Sowerby ...
156
C.
Tongrorum, de Ryckholt . .
5
158
T.
Myacidce, d'Orbigny
156
Mytilidw,
127
Mytilus , Limn' 1
137
i
Flcenianus, de Ryckholt
7
132
P.
Lefebvreanus ,
7
134
P.
ampelitcecola , . i,v''&i
8
143
P.
apicicrassus , ... ....
8
138
P.
TABLE ALPHABETIQUE.
J73
Cordoliunus,
fabalis,
Fontenoyanus
ligonula ,
Maria,
Mosensis ,
Omaliusiana,
palmatus ,
prcepet ,
pernella ,
retrocessus ,
Toilliezianus ,
Wezemaelianus ,
psilinolut ,
Terquemianus ,
art i n i in it n. >.
Aquisgranensis
Benedenianus,
datratus, d'Archiac
concentricus , I
CoUce, Romer
in flatus, Mulle
Mulleri.Ae R;
pileopsis , d'Orbigny
Tomacensis, i
miilnliitiix , Re
Ciplyanus ,
Morrenianus ,
nudut,
Queteletianus ,
Ryckholt
n !> in
8
MOM.
143
TIIUIKI.
P.
1 1. 1
3
7
134
P.
3
7
137
P.
3
7
136
P.
7
136
P.
3
8
142
P.
3
7
135
P.
3
8
144
P.
3
8
140
P.
3
7
138
P.
3
8
144
P.
3
8
8
139
141
P.
p
3
3
8
140
p
3
9
145
J
I
9
146
J
9
153
r
4
151
c
4
9
147
c
4
chiac
151
c
4
Qnster
149
c
4
147
c
A
. V. Mylilus pileopsis
A
151
ckholt
150
>ienv .
151
Archiac
150
ss. V. Mi/iilux Cottce
147
le Ryckholt
9
152
c
ft
9
155
c
9
152
r
A
9
I',,
r.
R
M.
Mntira globosa , lloen. V. Katieodon
plicistria, Phill. V.
TOME XXIV.
79
79
174
TABLE ALPHABETIQUE.
Natica semistriata , Miinster. . .
PAGES.
))
PLANCHES.
74
TEBRAINS.
))
STAGES.
spirata, Phillips. V. Nalicodon
)>
80
t
variata, V.
))
79
nodoso-costala , Reuss. V. Nerita cestophora ....
Naticidce, d'Orbigny
J)
82
73
))
B
Nalicodon, de Rvckholt .
75
-
J
pyrula, de Ryckholt
otarioide,
3
3
76
77
P.
P.
2
2
brevispira ,
3
78
P.
3
globosum,
spiratutn ,
3
3
79
80
P.
P.
3
variatum,
Narica, d'Orbigny
3
79
73
P.
3
spinescens, de Ryckholt
3
74
P.
3
Nerita, Linnc
81
1
It
plicistria , de Koninck. V. Naticodon globosum . . .
spirata , Sowerby. V. &. . .
variata, de Koninck. V. ...
cestophora, de Ryckholt .
3
79
80
73
82
})
B
C.
))
4
3
8!
C.
4
0.
Orbicula , Lamarck
91
))
Orbicella psammophora de Ryckholt .
4
94
p.
3
Orbiculoidea Cantraineana,
Cimacensis ,
4
4
92
92
p.
p.
2
2
Namona ,
Davreuxiana , de Koninck
10
4
))
95
p.
p.
2
3
Dumontiana, de Ryckholt , .
gibbosa ,
5
4
98
96
p.
p.
hieroglyphica , . .
4
93
p.
3
mesoccela,
nitida, Phillips
4
4
96
92
p.
p.
3
3
obtusa, de Ryckholt
5
97
p.
3
tortuosa,
5
98
p.
TABLE ALPHABETIQUE
175
Orhiculoidea Archiaciana
II IM III .
riau.
91
TIKBilM.
c.
68
I
p.
Panopea gurgitis, Reuss. V. Mya Iceviuscula
I
156
IcBviuscula, d'Orbigny. V. Mya Iceviuscula ....
Patella , l.imir. V. Capulut. .
)t
156
33
V. Emarginula . .
B
42
I)
V. Helcion
B
56
I
Patelloidea, Quoy et Gaimard. V. Helcion
56
Pachymia gigat , Sowerby. V. Pholadomya
Phuretrium, Koenig. V. Ditrupa ... ....
161
120
Pholadida; , d Orbigny
111
Photos , 1. in nr
114
Kickxiana , de Ryckholt . .
117
c.
Nystiana,
5
116
c
iupracretacea ,
5
115
c
Pholadomya, Sowerby
159
transversa, de Ryckholt
9
159
p
Tornacensis,
10
p
Visetensit, ....
10
p
cequivalvis,
162
c
niinliitii, Rcemer. V. I'lml. cequivalvis. . . .
qiqas, d'Orbignv.
162
161
1
Esmarkii, Goldfuss
160
c
Koninckii , Nyst. V. Phot. Esmarkii ....
oblitterata , Potiez et Michaud. V. Ph. Esmarkii.
Puschii, Goldfuss
I
160
160
162
a
1
T
Pileopsis, Lamarck. V. Capulus
33
Pyrgopolon Mosce, Mootfort. V. Ditrupa clava. . . .
122
S.
Scaldia Kickxiana, de Ryckholt
10
p
Lambotteana ,
10
P.
4
4
6
3
3
I
6
176
TABLE ALPHABETIQUE.
Septaria Lamarck. V Teredo
-
111
-
-
Serpula septemsulcata , Geinitz. V. Ditrupa deformis ....
socialis Miiller V. Filigrana filiformis .
125
126
sulcataria , d'Archiac. V. Ditrupa deformis ....
Scrpulidw de Rvckholt
-
123
120
)J
99
10
P.
%
10
B
P.
10
P.
5
Spirifer pseudo-cheiropterix , de Ryckholt
5
T.
Telliniles Schlotheim. V. Cardinia
99
B
n
Teredo , Linne
111
Mosensis, de Ryckholt
112
c
6
Burtini, Deshayes
115
T
divisa, de Ryckholt
5
115
T
2
frugicola,
112
T
2
Thalassites , Zieten. V. Cardinia
99
IJ.
Unio, Sowerby. V. Cardinia
tellinaria, V. Cardinia tellinaria . .
utralus , Goldfuss. V. Cardinia utrata
99
100
100
Xylophaga , Turton. V. Pholas
114
FIN DE LA TABLE ALPHABETIQUE.
Nrm.cour.cl .Mcm.drs sav. rtrano. Tom.XX!\,
Irii i. ill- M.clr llvrLlinll.ri.l.
I
--
i3
3t
^^ I.IS
33
to
20
*
^^^H
I
-'() IMS
i -2 Cii|)iilns Diiiiiiiiiliiiiuis . ilr Kvrk. I' 1' i.'J. C:i|iiilus liliius, ilo K \ck ('.4 ^.'>-^'4 I'is. KniaroiiiiilH lornliila.dr RvcL.('4
nclroccrtis , I!.'! M.I.'I. flrxiroslattis. C.4 -'.'>-J7. seiiiniiila, C.
ivclux. P..T ifi-i8. HIMII liiiulrs. ('.(>. 28- :o-o2. slfiiosoma . '
() in
P.%1.
JI.21.
ula
.
iniiirlirriiliala , ('.4.
com 1 , i-fssa, Fissiirrlb Xvstiana.dc Kvck.C i SJ.3G. Chiton Sluscamis. tic Rvck. P.3.
_ oalrricnlus ('4. 21. llclcion loxootuioulcs P3. 3/.38. Chilonf HIIK RnrramlraiuiS. P.3.
oililiosiila, C.4 i".' ^.'! .\lct(i|iloina liqitacdi-.ilis P.3|3().io. IVutaliiim iirraniialiiiii, P.3.
ij.io ^rnvida, ('.4. ;^.:.">. llclcion iliscriMmns, .!. LJ.ii. it. iiuniualc. - P.3.
*w '
ii i- suin-iirrrtacra C.6. jC.i7. infraliasina. J. i.;iJ44 birostalr, f.C.
sii|ii;irrcta(Ta, C.6.
cclliilosa, __ ('4. 28.2{) liiinnlis
i.i c(v Kissmvlla Caiilraincana. ('.4. 3i.3s Xoniiiuuliana,
iy.i8. _ Hccijiaua, C.4. 33.34. Koninckiana,
R3
a
c.4.
allrnuuts, C.X
MiJl.lllM.IIUIItl C.X
.linn ronr.rl .\lciu. . .\;ilir' Sow. P.3.
Mi'iii.riiiir. cl .Mem. ties sav.clrano. Tom \\l\
Ai.iii- iiu-kUi, N.IV.
i.a.Orbiculoidea Cantnunmtu , dc Hyt\ . I". " m-ro Orliu-uloulea InoTO^Ivplnca.clc R 4 vck . I 1 . 3.
A4. CimaeeBsis, P. 2. 21-14. ^ibdosa, P. .>.
5.6. inlnla d'Orli. P.,'{. L'J.-.'fi. iliosococla , P. 3.
- 11 Orlmvlla psunnunihora, tie llvrk. !'.;>. 27-2,9- Davrruxiana , d'Ort. P. 3.
Mrat.cour.rl Mi-m dcs .s.u. rii-mo. Tom. XXIV.
.VUi.do .M.,l,. livrklioli, IM.V.
1.2. Orlncnloidcii (>l>liis;i, dr llvck . \'.'.\.
.'!. 4. torluosa, !'.!>.
.1 (!. Diiuioiiliana , P. 3.
- 10 : indctcnni IK-OS, I'. 3.
ii r: Teredo Bill-tun ,
ul. divis.i ,
Dosli. T. 2.
ilrKvck. T.a.
U i(>. I'luilas suprncrrliicra, drRvck.(\(>
Q V /' '
IJ. IO .\_VSllilllU, 1.4
19-22. (inslrorluriiii anipliislurna , ('. 4
J.. 2(1. \\\:\ Toiiororiiin.
T.
.Win rour. rt MriM.di'.s sav. rlraug. Tom. .\.\l\
Mcm.dc M.dp RvrUioll.Pl.VI
''! cj/" ( >A-'
I - 3. Cnixliuia colliciiliis.
4 ."). Toil lie /. iann,
6.7. IlilUIS,
8. q. uiirinata,
in ii. amjiilata ,
12 i.V SclHT(>cirxp'Iiiina,
14. iJ salrbrosa ,
.
f. .V
P. 3. j 22.23.
P. 3.
P 3.
P. 3.
16. 17. Cnrdinia innciloiiUi , sav. etnuuf Tom XX IN'.
ilrin.ile .M.clrKvrkUl, PI. VI
,1,
br, /.r*i Jtf
i i 1 l.ill.oflnmus Ciplvaiius . . similis, C. 6. , l4-i5. MOSCIISIH, P. 3.
G. J. Iliiniiiniiii*, C. 4- .('.17. Koiitruovanus, P. 3.
P. 2. 18.13. liooiuila, P. 3.
. P. 2. I 20 Si. _ . fabalis, P. 3.
8. (). Mvlilus Klocniaiius.
lo.ii. IcKcbvreanus.
Mi'-m.cmir. rl Mrm.ilrs s;i\ . i-lrano. Tom. \.\l\
.Mi-Hi. (U- Mill- Kvckl.oll, I'l .VIII.
I . -2. Mvlllus
',\. 4. ;i|'icici-assns.
5. (!. rclroi-i-ssus.
7. 8. palinaliiK.
I). Ml. _ .IIM|)|iaUlS.
it. ii' _ WcMHUwtianui
Kvck I' ."> i.i 14 M\ lil iis Toillii-xiaiiiiH, dp Kvck . P. 3.
I' .i iJ. 16. .. llariir. ! P. 3.
P.."?. \-j amprliUrrola, P. 3.
P. .1. 18. 13. rrslinotiiH. P. 3.
P. 3. i 20.21. pcrnella. P. 3.
P. .1 22. a3. _ _ Onialiiisiaiiu, . P. 3.
.M/'in . rour. (*l .Mi'in.ilcs s;iv cli'aii". Tom \.\l\
MOM dr .\l.. c.
TerquemuMiuB,
Bt'iH'drniiuiiis,
J. I.
12.
('. 4. .4. .5.
f. G.
C.6.
7- TornacoiiNiK, il'Arrh. (.'. 4- i(>. IT. Jlorrruianus, C.6.
8. % q. uiiiliiH, (IrtUrk. ('. 6. 18. ij. I'lioliuloinva transversa, P. 3 .
CipU-anus,
Qurtclcliaiuis,
MormiianuH,
Mem. four <-l Hon.dn *a\ oirmio Tom.\\l\ .
Mrm.ilr \l d- KvrU.oll.lM.X.
A
)
i. a. I'liolaildiin.-i Visclcnsis.de lUrk. I'. 3. 10. ii.Kissmrlln l.rtxlira , drlUrk.C.G. i8.i<). Soloiella sralprllitH, i\e Uvok. I' 3.
34- Toi'iiiuvnsm, . I'.. 1 ?. 12. Dcnlaliiim .NaMramim, P. 2. 20. Uorsoniva dnrsala, P. 2.
7 ('aiinliis liccliriis, P.2. i3-i,T.()rliirulo'i(lrH Nainoim, P. 2.1 21-2.1 Anoiiiianrlla IVolnm, P.3.
G InCiiiiililiiiliiinToniiufiisp, _ C.4. ifi Soleniva devonira,
8.ot(rana,
. Kirkxiann,
P. 3
P3.
DESCRIPTION
DES
ENTOMOSTRACES FOSSILES
UES
TERRAINS TERTIAIRES DE LA FRANCE
i: I DE LA BELGIQUE;
J. BOSQUET, y
i
minvvCll..t , 1EXBRE COnRF.SPOMUM DE LA SOCIETE ROTALE IIES SCIENCES DE LIEGE ET DC L V SOCIEtF.
UES SCIENCES UTILES ' II \-l. v- :.li ll'l.l.!.:'.
K tU icn ieurs de Menilmontant , vue en dessus. De ma collection.
3, 6. Carapace eritiere de la meme localite, vue du c6t dorsal. De ma collection.
3, c. La meme, vue du cote pectoral.
3, d. La meme, vue par l'extremit anterieure.
4. CYTHERELLA JONESIANA nov. spec., 1850.
PI. I, fig. 4, a, b, c,d.
Les valves de cette Cytherella presentent un contour allonge-subtetragonal ;
elles sont arrondies en avant , obliquement tronquees en arriere , et leurs
bords superieur et inferieur sont presque paralleles et faiblement sinues
au milieu. Leur voute dor sale est aplatie, faiblement convexe au milieu et
parsemee d'un grand nombre de points creux arrondis et peu profonds ;
a une petite distance des cotes anterieur , inferieur et posterieur, elle pre-
1 Bosquet, 1847, Description des Entomostrace's fossilesde la craiede Maestricht, p. 16, pi. Ill,
fig. 2, a,b, c, d. Comme je n'avais trouv6 alors que des individus bivalves de la Cylherella auri-
cularis, je 1'avais rapport^e, par analogic seulement, au genre Cypridina. Depuis ce temps, j'ai
trouve' plusieurs valves se'parges, et j'ai ainsi eu occasion de pouvoir reconnaitre une erreur que
je ra'empresse de relever ici.
2 Je dois a 1'obligeance de M. Ch. Laurent, de Maestricht, la communication d'echantillons du
gres calcarifere de cette locality de Belgique.
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. il
sente une partic relevee en forme de bourrelet, sur laquelle disparaissent
les points creux et dont les bords exterieurs retombent presque verticale-
ment sur la partie marginale, qui est fortement comprime'e. La cavite
interne des valves est peu profonde et le tubercule interne ires-petit. La
fossette externe, qui repond au tubercule interne, est si petite que le plus
souvent elle est presque imperceptible.
La carapace, vue du c6te dorsal ou du c6te pectoral , pre'sente un aspect
cuneiforme; vue par 1'extremite anterieure, elle offre un aspect ovale-
subhexagonal.
Rapports el differences. Elle se rapproche de la Cytherella William-
soniana Jones *, du systeme cretace superieur de 1'Angleterre; elle s'en
distingue neanmoins facilement par la surface de ses valves creusee de
points arrondis, par la section longitudinale de sa carapace en forme de
coin et par le contour transversal desa carapace ovale-subhexagonale.
Dimensions. Longueur 0,75 de millimetre, hauteur 0,4 de millimetre
et epaisseur 0,52 de millimetre.
Je dedie cette espece a M. Jones, de Londres, qui s'est occupe avec
talent des Entomostraces fossiles des terrains cretaces de 1'Angleterre.
Gisemcnt et localites. - - Elle est assez rare dans le terrain eocene supe-
rieur (sables de Fontainebleau ou couche a Ostrca cyathula), de Jeurre et
d'Etrechy, pres d'Etampes (Seine-et-Oise), en France.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 4, a. Valve gauche de la couche a Oitrea cyathula de .leurre, vue en dessus. De ma collection.
6. Carapace entiere provcnant de la meme couche d'Etrechy, vue du c6te superieur. De ma collection.
c. La meme, vue du cote inferieur.
d. La meme, vue par I'extremit^ anterieure.
1 Jones, 1849. A monograph of the Entomostraca of the cretaceous formation of England,
pg. 31, pi. VII, fig. 26,-i.
TOME XXIV.
DESCRIPTION
II. GENRE BAIRDIA. M'Coy, 1844.
CYTHERES spec. Von Minister, 1850. Jahrbuch fur Miner alog ie , etc., von Leonhard
und Bronn , p. 62 et suivantes.
CYTHERIN^E Roemer, 1858. Ibidem, pp. 514-519.
1840. Die Versteinerungen des norddeulschen Kreidegebirges,
p. 104-105.
M" COY, 1844. Syn. of the charact. of the carbonif. limestone foss.
of Ireland,
spec. Philippi , 1844. Tertidrversteinerungen des nordwestlich. Deutsch-
lands, p. 63.
Reuss , 1845-46. Die Versteinerungen der bohmischen Kreide 'forma-
tion, l ste Abth., p. 16, und2 le Ablh., pp. 104-105.
CYTHERES Bosquet, 1847. Me'moires de la Socie'te royale des sciences de Liege,
t. IV, pp. 356-558.
1847. Description des Enlomostrace's fossiles de la craie de
Maeslricht, pp. 6-8.
Bronn, 1848. Index Palceonlologicus. Uebersicht derbisjetzt bc-
kannten fossilen Organismen, pp. 595-596.
Cornuel, 1849. Descript. de nouv. foss. microscopiques du terrain
cre'tace infe'rieur du depart, de la Ilaute-Marne.
(MEMOIRES DE LA SOCIETE GEOLOGIQUE DE FRANCE,
2 rae serie, t. Ill, p. 241-246.)
CYTHERIN./E Reuss. 1849. Die Fossilen Entomostraceen des dsterreichischen Ter-
tidrbeckens , pp. 7 et suiv. (aus den Natunvissen-
schaftlichen Abhandiungen, von Wilhelm Haidinger,
III Band, l ste Abtheil.).
CYTHERE (sub-genus) BAIRDIA, Jones, 1849. A Monograph of the Entomoslraca of the
cretaceous formation of England, p. 22-27.
Carapace cornee ou corneo-calcaire , formee de deux valves inegales ,
trigones, ovales, ellipso'idales , reniformes ou mytiliformes et plus ou
moins convexes. La surface exterieure de ces valves est lisse ou creusee
de points plus ou moins nombreux, ou garnie d'epines, le plus souvent
extremement minces, piliformes ou aciculaires. II arrive frequemment que
les bords sont transparents et qu'ils montrent alors dans leur epaisseur
des stries blanchatres , dirigees du centre vers la circonference.
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. 19
La valve gauche est constamment plus grande que la valve droite et
embrasse fortement les bords superieur et inferieur de cette derniere.
La charniere dorsale est formee sur la valve gauche, d'un sillon longitu-
dinal qui, vers le milieu de ce bord, devient ordinairement si elroit, qu'il
parait presque totalement efface en cet endroit. Le bord dorsal de la
valve droite est plus etroit que celui de la valve gauche et s'insere nette-
inent dans le sillon du bord correspondent de cette derniere.
Les bords anterieur, inferieur et posterieur de la valve droite des Bairdiu
sont convexes, tandis que les bords correspondants de la valve gauche
sont concaves et obliquement inclines vers le centre. Lors de la reunion
des deux valves, les bords convexes de la premiere viennent se placer
centre les bords concaves de la derniere.
L'are"te interne du bord valvaire est garnie le long des c6te's anterieur,
inferieur et posterieur, d'une lame qui est toujours tres-mince et le plus
souvent tres-etroite, mais qui, chez certaines especes, par exemple chez
les Bairdia /means, B. arcuala, etc., acquiert un tel developpement et fait
une saillie si forte vers 1'interieur, aux deux extremites des valves, que
des cavites profondes se produisent entre elles et la surface interne.
Ces deux cloisons internes, aux deux extremites des valves, existent
aussi chez les Candona.
Le bord inferieur des deux valves des Bairdia est ordinairement inflechi
un peu en avant du milieu, comme chez les Cytliere et les Cytheridea; il
est en m6me temps un peu plus etroit que partout ailleurs; de sorte que
la partie interne concave, ou bien devient tres-etroite en cet endroit, ou
bien s'eflace totalement. II est souvent un peu saillant en cet endroit : il
resulte de cette disposition que, quand les deux valves sont reunies , leur
ligne de jonction n'est pas droite, mais oflre un petit prolongement ou
lobe saillant sur la valve droite. Cette lamelle aigue, qui a ete designee
par M. Cornuel sous le nom de lame pectorale, est plus ou moins deve-
1 Suivant M. Jones, la Bairdia siliqita ferail exception, et chez elle la valve droite serait plus
grande, ce que cependant j'ai cherche en vain a verifier sur mes echanlillons : j'ai trouve", au
conlraire, qne lous les individus bivalves de la Bairdia siliqtia ( Bairdia arcuata Roenier, spec.)
que je possedc, ont, comme tons reux de ses congineres, la valve gauclie plus grande que la valve
droite.
20 DESCRIPTION
loppee suivant les especes, et sert a fermer plus completement les deux
valves, parce que celle de la valve droite s'engage sous celle de la valve
gauche.
La paroi interieure de chaque valve des Bairdia presente constamment
une petite fossette arrondie, tres-peu profonde et situee, non pas sur la
ligne longitudinale mediane, mais entre cette ligne et le cote pectoral,
vers le tiers anterieur de la longueur totale des valves.
Cette petite fossette interne, qui est assez souvent imperceptible, ne
correspond que tres-rarement a une partie saillante externe chez les
Bairdia; mais, dans les especes vivantes et dans les echantillons fossiles
qui ont conserve leur transparence, on remarque au microscope, dans
1'e'paisseur meme des valves , a 1'endroit ou se trouve cette petite fossette
interne, un assemblage de laches arrondies ou anguleuses, plus transpa-
rentes que la partie restante. Le nombre de ces taches transparentes, leur
forme et leur disposition paraissent varier dans les diverses especes ; elles
ont une analogic parfaite avec 1'assemblage de taches que Ton observe
constamment sur les deux valves des Cypris et des Candona. Get assemblage
de taches, dont jusqu'a present, on ne connait pas encore la nature et
1'usage, repond sans doule a quelque organe important de 1'animal et est
remplace par un tubercule interne chez les Cyllierella , et par une fossette
interne, ordinairement assez profonde et repondant tres-souvent a un tu-
bercule externe, chez les Cythere.
J'ai cru devoir de'crire comme genres les Bairdia et les Cytkerella, que
M. Jones propose seulement comme sous-genres, parce que je ne puis
pas douter que des differences aussi importantes et aussi constantes dans
1'articulation dorsale, jointes a des differences constantes dans les formes
generates de leurs carapaces, d'avec celles des vraies Cythere, et cela
chez des etres d'une aussi petite taille, ne soient aussi en rapport avec
des differences dans lesanimaux, qui, jusqu'a present, n'ont pas ete suffi-
samment etudies.
Le nombre des Bairdia fossiles connues est plus considerable que
celui des Cytherella. Ces deux genres etaient confondus par la plupart
des auteurs avec les Cythere. Le genre Bairdia n'est represente, dans les
DES ENTOMOSTRACES FOSS1LES. 21
terrains paleozoiques , que par un nombre tres-limite d'especes; on ne
pcut en signaler que sept a huit dans la formation cretacee; il atteint un
assez grand developpement specifique dans les di verses systemes du de*p6t
tertiaire et parait avoir encore actuellement un assez grand nombre de
repre'sentants vivants. J'ai trouve treize especes qui se rapportent au
genre Bairdia, dans les de*p6ts tertiaires de la France et de la Belgique.
Ces especes sont :
1. BAIRDIA FOVEOLATA, nov. spec. 1850.
PI. I, fig. 5, a, b, e,d.
Valves convexes, ovales-elliptiques, arrondies aux deux extremites et
terminees en arriere par une partie comprimee assez etroite. Leur bord
dorsal est arque, tandis que le pectoral est presque droit. Toute leur
surface est ornee d'un grand nombre de points creux arrondis, peu pro-
fonds , assez rapproches les uns des autres , disposes en lignes llexueuses ,
dont quelques-unes sont paralleles aux bords pectoral, anterieur, et
dorsal, tandis que d' autres qui se trouvent sur la moitie posterieure de
la longueur des valves, sont dirigees transversalement. La voute dorsale
des deux valves rejoint la partie comprimee posterieure par une pente
tres-rapide, se rattache au bord anterieur par une pente assez douce et
retombe perpendiculairement sur le bord pectoral.
La carapace presente une section transversale a contour ovale.
Rapports et differences. - - Cette espece est parfaitement distincte et no
peut 6tre confondue avec aucune de ses congeneres connues.
Dimensions. - - Longueur 0,6 de millimetre, hauteur 0,35 de milli-
metre , epaisseur 0,5 de millimetre.
Gisement et localises. J'ai trouve cette Bairdia, qui est fort rare, dans
le terrain eocene (sables moyens) d'Auvert (Seine-et-Oise), en France.
EXPLICATION DES FIGURES.
I' I . I , li I ; . "i , u . Valve gauche dos sables moyens d'Auvert , vue en dessus. De ma collection.
5, b. Carapace entiere de la meme localit^, vue du c6t sup^rieur. De ma collection.
5, e. La mime, vue du rod- infericur.
5, '/ La meme, vue par IVMrrrnili 1 aDlfrieurc.
22 DESCRIPTION
2. BAIRDIA SUBRADIOSA, Bosq. , 1850.
PI. I, fig. 6, a, b, c. tl,
GYTUERIIU SUBRADIOSA. Roemer, 1838. Jahruch fur Mineralogie und Geologic, von Leonhard und
Bronn, p. 517, pi. VI, fig. 20 (Icon mala).
Valves ovales-oblongues , obliquement arrondies en avant et marginees
d'un rebord transparent, offrant, dans son epaisseur, un grand nombre de
stries blanchatres et rayonnantes. Elles sont subanguleuses en arriere et
terminees par une partie comprimee tres-etroite et tournee vers le cote
pectoral. Leur bord dorsal est arque et le pectoral droit. Leur voute
dorsale est luisante, quoiqu'elle soil parsemee d'un grand nombre de
points creux excessivement petits. Elle est assez fortement bombee vers
son tiers posterieur, d'ou elle se raccorde au bord anterieur par une
pente assez lente et d'ou elle se rattache aux bords dorsal et pectoral,
ainsi qu'a la partie comprimee posterieure par une pente tres-rapide.
La carapace presente une section transversale a contour ovale-subor-
biculaire.
Quelques-uns de mes echantillons ont conserve des restes de leur cou-
leur et sont d'un brun jaunatre avec une tache opaque blanchatre au
milieu du dos de chaque valve.
Rapports et differences. Cette Bairdia est bien distincte de toutes ses
congeneres connues, et ne peut etre confondue avec aucune d'elles.
Dimensions. Longueur 0,8 de millimetre, hauteur et epaisseur 0,45
de millimetre.
Gisement et localites. Tres-rare a Parnes , a Courtagnon et a la ferme
de 1'Orme, dans le calcaire grossier, en France. Suivant M. Roemer, elle
se trouve encore a Castell' Arquato, pres de Parme, en Italie.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 6, a. Valve gauche du calcaire grossier de Parnes, vue en dessus. De ma collection.
6, b. Carapace entiere d'un individu de la meme localite', vue du cole dorsal. De ma collection.
6, c. La meme, vue du cote pectoral.
fi, d. La meme, vue par Pexlremite anteiieure.
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. 23
3. BAIRDIA SUBGLODOSA, uov. spec., 1850.
PI. I,fiff. 7,o,6, c,d.
Valves lisses, tres-fortement enflees, presentant un contour oblique-
ment ovale. Elles sont arrondies aux deux extremites et leurs bords supe-
rieur et inferieur sout fortement arques. Leur voute dorsale, qui offre un
grand nombre de points creux tres-petits, dans lesquels ont ete probable-
ment inseres des polls ou des epines aciculaires, se rattache au bord
anterieur par une pente assez rapide et, aux bords posterieur et inferieur.
par une pente tres-rapide.
Le bouclier pre*sente une section transversale a contour circulaire.
Les valves ont parfois conserve" des restes de leur couleur et sont alors
d'un beau rouge, excepte vers la partie mediane, ou elles offrent une
grande tache opaque et blanchatre.
Rapports et differences. Cette Bairdia se distingue nettement de loutes
les autres par ses valves raccourcies et excessivement enflees.
Dimensions. Longueur 0,6 de millimetre, hauteur 0,4 de millimetre
et e*paisseur 0,45 de millimetre.
Gisement et localitcs. Elle est peu commune en France, dans It-
terrain tertiaire miocene de Perpignan (Pyrenees-Orientales); tres-raiv
dans le terrain eocene (e'tage des sables moyens) de Pisseloup (Aisne) et
de Guepesle (Seine-et-Oise); dans le calcaire grossier de Courtagnan
(Aisne), de Parnes, de Chateaurouge , de Chaumont, du Vivray, de
S'-Felix (Oise), de Chamery (Marne), de Grignon et de la ferme de
I'Orme (Seine-et-Oise); ainsi que dans les sables glauconiferes de Menil-
montant (Seine). Elle est, au contraire, assez commune dans le terrain
cretace superieur de Maestricht ei de Fauquemont.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 7, a. Valve gauche provenant du calcaire grossier dc Cha'teaurouge, vue en-dessus. DC ma collection.
7, 6. Carapace entiere de la meme luralitr, vue du c6te dorsal. De ma collection.
7, e. La ni.'-mr, vue dn c6lt pectoral.
7, d. La nit inf. vtie par Pextremiti anterienre.
24 DESCRIPTION
4. BAIRDIA PERFORATA, Bosq., 1850.
PI. I, fig. 8, a,b, c, d.
CYTHERINA. PERFORATA. Roemer, 1838. Neues Jahrbuch fur Mineralogie, etc., von Leonhard und
Bronn, p. SI 6, pi. VI, fig. id.
Les valves de cette espece presentent un contour obliquement ovale,
subtrigone. Elles sont arrondies aux deux extremites et un peu plus
larges en avant qu'en arriere. Leurs bords inferieur et supe'rieur sont
arques, mais ce dernier plus fortement que le premier. Elles sont tres-
bombees et leur voute dorsale se rattache au bord anterieur par une pente
assez douce et, au bord posterieur, par une pente tres-rapide. Leur surface
luisante est ornee d'un grand nombre de points creux, dans lesquels sont
inserees des epines filiformes courtes, extremement minces, inclinees
vers les bords et visibles seulement a 1'aide d'un instrument fortement
grossissant.
La carapace presente une section transversale a contour arrondi sub-
pentagonal.
Rapports et differences. - - Elle se distingue facilement de la Bairdia
(Cytherina) setigera Reuss *, du tegel d'Oedenburg, en Hongrie et de
Brunn, pres de Vienne, par ses valves a contour ovale-subtrigone ,
n'offrant point de sinus au cote pectoral et surtout par les epines piliformes
de sa surface beaucoup plus nombreuses, plus rapprochees les unes des
autres et plus courtes.
Dimensions. - - Longueur 0,65 de millimetre, hauteur 0,45 de milli-
metre et epaisseur 0,5 de millimetre.
Gisement et localites. - - Cette Bairdia est tres-rare dans le terrain ter-
tiaire eocene (sables moyens), a Tancrou (Seine-et-Marne ) et est peu com-
mune aussi dans le calcaire grossier a Damery (Marne) et a Montmirail
(Aisne).
1 Reuss, 1849. Die fossilen Entomostraceen des osterreichischen Tertiarbeckens (extraitde la
'premiere partie dn tome III Der naturwissenschaftliche Abhandlungen , von prof. Wilhelm Hai-
dinger), p. 18, pi. VIII, fig. 33, a, b, et pi. IX, fig. 1.
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. 25
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I , li|;. 8, a. Valve gauche du calcaire grossicr de Montmirail, UH- en ilrvms. l>i ma rnllection.
8, 6. Carapace entivre provenant de la memc localite, vue du cole su|>vrieiir. Ue ma collection.
8, e. La meme, vue du cdt infe>ieur.
8, A. La mi'- 1 in-, vue par I'extrlmitt! antlrieure.
5. BAIRDIA STRIGULOSA , Bosq. , 1 850.
PI. I, %. 9, a, b, c, d.
CYTHERINA STIIICULOSA. Reuss, 1849. Die fogsilen Entomoslruceen des (isterreichischen Tertiarbec-
kens, p. 18, pi. VIII, fig. 32, o, b, et pi. X, fig. 29, , 6.
Cette Hairdia a des valves oblongues-elliptiques, convexes, presque
egalement bombees dans toute leur longueur et arrondies aux deux
extremites. Leur bord dorsal est arque, tandis que le pectoral est faible-
ment inflechi vers le milieu. Leur surface luisante est ornee d'un grand
nombre d'epines piliformes fort minces et plus longues que celles qui
recouvrent la surface de 1'espece precedente. Ces petites epines, que 1'on
n'apercoit qu'a 1'aide d'un fort grossissement , sont assez distantes les
unes des autres et inserees dans de petits creux.
La carapace offre une section transversale a contour suborbiculaire et
une section longitudinale a contour allonge-elliptique.
Rapports et differences. Elle a des rapports avec les Bairdia (Cytherina) ,
glabrescens, Reuss *, du tegel de Rudelsdorf, en Bohdme, et setigera du
mme auteur 2 du tegel d'Oedenburg, en Hongrie. Elle differe de la pre-
miere, par la forme plus allongee de ses valves, dont la voute dorsale,
qui est beaucoup moins bombee vers le milieu, se rattache aux deux
extremites par une pente beaucoup plus rapide; elle differe, au contraire,
de la seconde, par ses dimensions plus grandes, ainsi que par ses valves
moins bombees, non marginees et par les epines piliformes de sa surface
plus nombreuses.
Dimensions. - Longueur 0,75 de millimetre, hauteur 0,45 de mil-
limetre et epaisseur 0,55 de millimetre.
1 Reuss, 1849. Diefofsilen Enlomo$tr. des dslerreich. Tertiarbeck., p. 19, pi. X, lig. 27, , 6.
Ibid. p. 18, pi. VIII, fig. 53,0,6.
TOME XXIV. 4
26 DESCRIPTION
Gisement et localites. J'ai trouve cette Bairdia assez frequemment dans
le terrain miocene superieur de Dax, de Merignac, de Leognan et de
S'-Avit en France. D'apres M. Reuss, elle se trouve aussi en Autriche,
dans le sable tertiaire de Heiligenberg , et en Italic, dans la marne sub-
apennine de la Sicile.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 9, a. Valve gauche du terrain tertiaire miocene de Dax, vue en dessus. De ma collection.
9, 6. Carapace entiere de la meme loralitr, vue du cot dorsal. De ma collection.
9, c. La meme, vue du cot pectoral.
9, d. La meme, vue par Pextrfimite^ anterieure.
6. BAIRDIA PUNCTATELLA, nova species, 1850.
PI. I, fig. 10, a, 6, c, d.
Valves ovales-oblongues , arrondies aux deux extremiles, obliques en
avant, ayant le bord inferieur droit et le superieur arque. Leur surface
garnie de nombreux points creux assez distanls et semblables a des pi-
qures d'epingle. Leur voute dorsale, qui est le plus bombee vers le
tiers posterieur de leur longueur, se rattache par une pente assez douce
au bord anterieur , par une pente rapide au bord superieur et par une
pente tres-rapide aux bords posterieur et inferieur.
La carapace presente une section transversale a contour arrondi et une
section longitudinale a contour ovale allonge.
Rapports et differences. - - Elle se distingue de la Bairdia (Gytherina) in-
termedia, Reuss ' du London-clay de Barton-Cliff, en Angleterre, par ses
valves plus larges , plus arrondies en arriere et a points creux non angu-
leux.
Dimensions. Longueur 0,65 de millimetre, hauteur 0,4 de millimetre
et epaisseur egale T la hauteur.
Gisement et localites. Assez commune a Etrechy et a Jeurre (Seine-et-
Oise), en France, et, au contraire, tres-rare dans 1'argile sableuse a Nucules
1 Reuss, 1849. Die fossilen Enlomoslr. dcs iisterreich. Tertiarbeckens. Anhang., p. 16, pi. XI,
fig. 12,,6.
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. 27
de Bergh, pres Klein-Spauwen, en Belgique. Elle paraft done elre propre
a 1'etage superieur du terrain tertiaire Eocene.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 10, a. Valve gauche du sable eocene de Jem-re, vue en dessus. De ma collection.
10, ''. Carapace entiere provenant de la mi'-nn- localile, vue du <>(<: dorsal. De ma collection.
10, e. La nil-mi-, vue du cAli pectoral.
10, d. La iin' ii M-, vue par iv\hv-mlir- anterieure.
7. BAIRDU HEBERTIANA, nova species, 1850.
PI. I, fig. 11, a, b, e, d.
Les valves de cette Bairdia sont subsemicirculaires-oblongues et soni
marginees d'un bord demi-transparent tres-elroit. Elles sont obliquement
arrondies aux deux extremite's ; leur bord dorsal est arque" et le pectoral
droit, faiblement sinue en avant et subanguleux en arriere. Leur surface
luisante est garnie d'un grand nombre de points creux, semblables a des
piqures d'epingle, assez rapproches les uns des autres, disposes en lignes
flexueuses et en quinconce. Dans les echantillons bien conserves, ces points
creux sont blancs. La voute dorsale des deux valves, qui est tres-convexe
dans les deux tiers posterieurs de sa longueur, se rattache aux bords ante-
rieur et dorsal par une pente assez rapide, au bord posterieur par une
pente tres-rapide et retombe presque perpendiculairement sur le bord
pectoral.
La carapace presente une section transversale a contour suborbicu-
laire.
Rapports et differences. - - Elle se distingue nettement de 1'espece prece-
dente, avec laquelle elle a certains rapports, par la forme subsemicircu-
laire de ses valves, qui sont marginees d'un rebord transparent tres-
etroit, et surtout par les points creux de sa surface, beaucoup plus
norabreux , plus rapproches les uns des autres et blancs.
Dimensions - - Longueur 0,7 de millimetre , hauteur et epaisseur 0,4
de millimetre.
Je la dedie a M. Hebert, professeur a 1'Ecole normale de Paris, a
28 DESCRIPTION
qui je dois la communication de sables tertiaires d'un grand nombre
de localites de France.
Gisement et localites. - - Le terrain tertiaire eocene (sables moyens ou de
Beauchamp) a Pisseloup (Aisne) et a Guepesle (Seine-et-Oise) , en France.
EXPLICATION DBS FIGURES.
PI. I, fig. 11 , a. Valve gauche des sables moyens de Guepesle, vue en dessus. De ma collection.
11,6. Carapace entiere de la meme localite, vue du c6te superieur. De ma collection.
11, c. La meme , vue du cote 1 infe>ieur.
11 , d. La meme, vue par I'extremit^ anterieure.
8. HAIKU i A MARGIINATA, nova species , 1850.
PI. I, fig. 12, a, 6, c, d.
Valves ordinairement transparentes , marginees dans toute leur peri-
pherie d'un rebord lisse et tres-large, mais qui cependant, quand on
examine les valves en dessus, n'est visible qu'en avant; ce rebord est
marque d'une seule serie de points creux arrondis, et quand il est transpa-
rent, il offre dans son epaisseur des lignes rayonnantes vers les bords et
assez souvent bifurquees. Les valves presentent un contour ovale-ellip-
tique, subreniforme. Elles sont largement arrondies aux deux extremite's ;
leur bord superieur est arque et 1'inferieur presque droit dans la valve
gauche ; ce dernier bord est assez fortement sinue dans la valve droite ,
qui est toujours plus etroite et, par consequent, aussi plus allongee que la
valve gauche. La voute dorsale des deux valves est convexe, subdeprimee,
et sa plus grande convexite est vers son tiers posterieur; elle se rattache
aux bords anterieur et superieur par une pente tres-rapide, et retombe
perpendiculairement sur les bords inferieur et posterieur. Toute sa sur-
face est ornee d'un grand nombre de points creux arrondis, assez pro-
fonds, tres-rapproches les uns des autres et disposes en rangees concen-
triques.
La carapace presente un aspect transversal a contour ovale-arrondi ,
subtetragone.
Rapports el differences. Quoique cette espece soit marquee de points
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES.
creux, pareils de forme et de grandeur a ceux qui garnissent la surface de
la Bairdia foveolata, elle se distingue tres-nettement de cette derniere, par
son large rebord marginal et par ses valves non comprimees en arriere.
Dimensions. Longueur 0,6 de millimetre, hauteur 0,35 de millimetre
et epaisseur 0,5 de millimetre.
Gisement et localites. - - Cette Bairdia n'est pas rare dans 1'argile sableuse
a nucules (systeme Rupelien de M. Dumont) du terrain tertiaire eocene , a
Bergh, pres Klein-Spauwen, en Belgique.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 12, a. Valve gauche de la couche argilo - sableuse a nucules de Bergh, pres Klein -Span wen , vue eo
dessus. De ma collection.
12, 6. Carapace entiere de la mime locality, vue du c6le superieur. De ma collection.
12, c. La me" me, vue du cAle iuferieur.
19, d. La ineine, vue par ('extremity anterieure.
9. BAIRDU SUBDELTOIDEA , Jones, 1849.
PI. I, fig. 13, a, b, c, d.
CYTHERE SUBDELTOIDEA, von Miinster, 1830.
OTHEIUMA
1835.
Roemer, 1833
von Hauer, 1839.
Roemer, 1840.
Geinitz, 1842.
Reuss,
Geinitz ,
CYTHERE TBIGONA, Bosquet,
BAIRDIA SUBDELTOIDEA, Jones,
CYTHERINA Reuss,
1845.
1845.
1847.
1847.
1849.
1849.
Jahrb. fur Mineralogie und Geologic, von Leon hard
1 1 M. I Bronn, p. 64.
Ibidem, p. 446.
Ibidem, p. 517, pi. VI, fig. 16.
Ibidem, p. 429.
Die Versteinerungen des norddeutschen Kreidege-
birges, p. 105, pi. XVI, fig. 22.
Charakterislik der Schichten und Pelrefukten der
sachtisch-bohmischen Kreidegebirges , 3 me partie,
p. 64.
Die Versteinerungen der bohmischen Kreideforma-
lion. Erste Ablheilwg, p. 16, pi. V, fig. 38.
Grundriisder Verstrinerungskunde , p. 244. pi. VIII,
fig. 21.
Description des Entomostraces /bssiles de la craie
de Maeslricht, p. 8, pi. I, fig. 3 , a-e.
Memoire de la Sociele royale des sciences lie Liege,
p. 358, pi. I, fig. 3, a-e.
A Monograph of the Entomostraca of the cretaceous
formation of England, p. 23 , pi. V, fig. 15. a-f.
Die fossilen Entomostraceen des iistei-reichischen
Tertiarbeckens , p. 9, pi. VIII, fijj. 1 , a, b.
30 DESCRIPTION
Valves fortement bombees , ovales-subtrigones , arrondies en avant et
pointues en forme de bee en arriere. Leur bord superieur est tres-for-
tement arque; 1'inferieur est arque-ellipsoidal et inflechi vers le milieu,
principalement sur la valve droite, qui offre souvent un sinus tres-sensible.
Dans cette derniere, qui est toujours plus petite que la valve gauche, le bord
dorsal est tronque de telle maniere , qu'il presente un contour semblable
a trois cotes d'une figure hexagone reguliere. La surface des deux valves
est luisante ; elle est recouverte d'un tres-grand nombre de longs poils,
qui manquent constamment sur les echantillons fossiles. Ges poils sont
inseres dans des points creux excessivement petits et qui s'observent a
1'aide du microscope, tout aussi bien sur les echantillons des couches
cretacees que sur ceux des terrains tertiaires. Tres-rarement les deux
valves offrent, a chacune de leurs extremites, 4-5 epines longues et
droites *, et, selon M. Jones, certains individus presentent, a la surface
de leurs deux valves, plusieurs epines espacees et assez fortes.
Les valves sont tellement bombees au milieu , que la carapace presente
en cet endroit une section transversale a contour suborbiculaire.
Sur plusieurs d'entre mes echantillons recents de la Mediterrane'e ,
qui ont en general une couleur rose-purpurine , on remarque, vers le
milieu du dos des valves, un espace opaque de forme et de grandeur
irregulieres. Dans la partie inferieure de cette opacite et en dessous du
centre de chaque valve, on voit bien distinctement, a 1'aide du micros-
cope , la rosette transparente dont parle M. Jones 2 . Gette rosette est for-
mee de 5-6 laches transparentes et arrondies-oblongues, placees autour
d'une tache centrale transparente , plus petite et arrondie. La place occu-
pee par chacune de ces taches transparentes est concave a 1'exterieur et
faiblement proeminente a 1'interieur des valves, et les petites preeminences
internes sont placees au fond d'un espace concave plus grand que la
1 Ces Opines ont ele observees par M. Joiws, sur des individus fossiles de sa collection et sur
des individus vivants, recueillis a Manille et 5 Tenedos, qui se trouvent dans la collection de
M. Williamson de Manchester. J'ai trouv6 quelques Echantillons pareils dans le terrain miocene
de Perpignan et dans le terrain cretac^ de Maestricht.
* Jones, 1849. A Monagraph of the Entomostraca of Ihe cretaceous formation of England,
p. -24.
DBS ENTOMOSTRACES FOSSILES. 31
rosette elle-m&ne. Get espace concave s'observe plus facilemenl sur les
echantillons fossiles que sur la plupart des echantillons recents.
Rapports et differences. Elle presente une forme si bien caracterisee ,
qu'elle ne peut dtre confondue avec aucune de ses congeneres connues.
Dimensions. Longueur 1,4 de millimetre, hauteur 0,9 de millimetre
et epaisseur 0,7 de millimetre.
Gisement et localites. Cette Bairdia est, sous le rapport de sa distribu-
tion geographique, une des plus interessantes especes parmi tous les
Ostracodes vivants et fossiles connus. En eflet, je viens de la de*couvrir
entre les fucus recueillis sur les c6tes de 1'ltalie et de 1'ile de Corse; d'a-
pres M. Jones, elle se trouve, en outre, a 1'etat vivant, sur les c6tes de la
Nouvelle-Hollande, pres Sydney, sur celles de Providence et de Furk's
Island (Bahama), de 1'ile Maurice, de Manille ' et du nord de 1'Angle-
terre.
Elle existe a 1'etat fossile en France, dans le terrain subapennin supe-
rieur de Perpignan (Pyrenees -Orientales); dans les faluns de Dax, de
Merignac et de Leognan (Gironde) ; dans le terrain tertiaire eocene (sables
de Fontainebleau); de Jeurre et d'Etrechy (Seine-et-Oise); dans les sables
moyens de Pisseloup (Aisne), de Ver (Oise) et de Guepesle (Seine-et-Oise);
dans le calcaire grossier de Montmirail (Aisne), de Parnes, de Chateau-
Rouge, du mont Ganelon, pres Compiegne, de Chaumont, de S'-Felix,
de Chambord et du Vivray (Oise), de Houdan, de la ferme de 1'Orme et
de Grignon (Seine-et-Oise) et de Chamery (Marne); dans les sables infe-
rieurs de Cuise-la-Mothe (Oise), de Soissons (Aisne), de Menilmontant
(Seine) et d'Epernay (Marne). - - Elle a ete trouvee par le docteur Reuss,
en Autriche, dans le leithakalk de Nussdorf et de Steinabrunn; de S'-Ni-
colai, de Wurzing et de Freibuhl, en Styrie; de Kostel, en Moravie: dans
la marne du leithakalk de Rust, en Hongrie, et dans le tegel de Rudelsdorf,
en Boheme. Elle a ete observee par le meme paleontologiste dans les
couches tertiaires du nord-ouest de TAllemagne et de Castell' Arquato,
pres de Parme, en Italic, et enfin, dans la craie moyenne de la Bolieme
1 Dans la collection de M. Williamson.
32 DESCRIPTION
(d'ou il a eu 1'obligeance de me la communiquer). Le docteur Geinitz
m'en a envoye des echantillons du pldnerkalk de Strelen, pres Dresde.
D'apres Roemer, elle se rencontre dans la craie marneuse inferieure (craie
chloritee? inferieure) de Lemforde; selon M. von Hagenow, dans la craie
blanche de 1'ile de Riigen; suivant M. Jones, elle se trouve dans le terrain
pliocene (coralline crag) de Sutton et de Walton, en Angleterre, dans le
terrain miocene de la Virginie, aux Etats-Unis, dans le terrain tertiaire
de Valparaiso (?), Amerique meridionale, dans le terrain eocene de l'ile
de Wight, dans la craie blanche du sud-est de 1' Angleterre, dans le detritus
de Charing, dans le chalk-marl de Douvres et dans le greensand de War-
minster. Enfin, je viens encore de la decouvrir dans le depot tertiaire
eocene de Weinheim, pres de Mayence, en Allemagne, ainsi que dans la
craie blanche de Heure-le-Romain, en Belgique. Elle existe, en outre, en
assez grande abondance dans le terrain cretace superieur des environs de
Maestricht , dans celui de Ciply, pres Mons , en Belgique , et dans celui de
Faxoe, en Danemark.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 15, a. Valve gauche provenant du calcaire grossier de Grignon, vue en dessus. De ma collection.
15, 6. Carapace entiere de la memo localite, vue du cote dorsal. De ma collection.
15, c. La nn'ino, vue du cote pectoral.
13, d. La meme, vue par 1'extremite anterieure.
10. BAIRDIA ARCUATA, Bosq., 1850.
PI. I, fig. 14, a, b, c, d.
CYTHERE ARCUATA, von Munster, 1830. Jahrbuch fur Mineralogie und Geologic, von Leonhard
und Bronn, p. 63.
1835. Ibidem, p. 446.
CVTHERINA Roemer, 1838. Ibidem, p. 517, pi. VI, fig. 17.
Philippi , 1 844. Beitrage zur Kentniss der Versteinerungen des nordwest-
lichen Deutschlands , p. 63.
Roemer , 1 849. Die fossilcn Entomostraceen des osterreichischen Tertidr-
beckens , p. 11, pi. VIII, fig. 7, a, b.
BAIRDIA SILIQUA, var. , Jones, 1849. A Monograph of the Entomostraca of the cretaceoiis for-
mation of England , p. 25, pi. V, fig. 16, e, f, g.
DES ENTOMOSTRACES FOSS1LES. 33
BAIRDIA TRIUUETRA? Jones, 1849. A Monograph, etc., p. 27, pi. VI, fig. 19, a-e.
Vac. A, Aci'MiKATA , niilii. Valvit gracilioribus, extremitatilnu comprestit, postiir
angustioribut el acutioribus.
OiiiERiru I.*VIG\T\? Roemer, 1840. Die Versteinerungen des norddcuttchen Kreidegebirges ,
p. 104, pi. XVI, fig. 20, a, b.
BAIHDIA SILICA, Jones, 1849. A Monograph of the Entomostraca of the crelactoiu for-
mation of England, p. 25, pi. V, fig. 16, a, 6, c, d.
Valves allongees, subtriangulaircs, presque 2 Va fois aussi longues quo
larges, convexes, arrondies en avant et plus ou moins pointues en arriere.
Leur bord dorsal est assez fortement arqud, subanguleux vers le milieu;
le pectoral est faiblement arque, presque droit et Idgerement inflechi au
milieu. Leur surface luisante offre, au microscope, plusieurs points creux
tres-petits et qui paraissent elre les points d'insertion des tres-petites
epines aciculaires ou des poils que M. Jones a observes sur les echan-
tillons recents. Chez certains individus fossiles de Bordeaux et du calcaire
grossier, chacun des points creux qui se trouvent vers le centre des valves,
est entoure d'une petite taclie brune. Suivant M. Jones, il y a des indi-
vidus qui offrent a la surface des epines rares et assez fortes.
La carapace presenle une section transversale a contour ovale-subor-
biculaire.
La variete A a des valves plus grSles, moins convexes aux extremites,
plus retrecies dans leur moitie posterieure, plus allongees, et terminees en
arriere en une poinle plus aigue que celle que presentent les valves du type
de 1'espece. Cette variete parait propre au systeme crdtace superieur; elle
a ete observee par M. Jones dans la craie de 1'Angleterre, et a ete trouvee
par moi dans la craie blanche avec silcx, aux environs de Maestricht.
Rapports et differences. Elle ne parait differer de la Bairdia (Cythere)
angusta, von Miinster, que je ne connais que par la flgure donnee par
M. Jones et par la description insuffisante de von Miinster, que par ses
valves plus etroites et a bord dorsal un peu moins arque.
Dimensions. Longueur 1,1 millimetre, hauteur 0,6 de millimetre
et epaisseur 0,45 de millimetre. La variete A a ordinairement une lon-
gueur de 1,15 millimetre.
Gisement et localites. Cette liairdia se trouve dans le terrain tertiaire
TOME XXIV. 5
54 DESCRIPTION
miocene de Merignac, de Leognan et de Dax, pres Bordeaux; dans le
terrain eocene (sables de Fontainebleau) de Jeurre et d'Etrechy, pres
d'Etampes , dans le calcaire grossier de Chaumont (Oise) , de la ferme de
I'Orme et de Grignon (Seine-et-Oise) et dans les sables inferieurs de Cuise-
la-Mothe (Oise) en France. En Belgique, elle se rencontre dans le systeme
eocene (sable a gres calcarifere) de S'-Josse-ten-Noode (Brabant meridio-
nal). Le docteur Reuss 1'a trouvee en Autriche, dans le leithakalk de Nuss-
dorf et de Kostel, en Moravie; dans le tegel de Rudelsdorf , en Boheme, et
de Grinzing, pres Vienne, dans le sel gemme des salines de Wieliczka, en
Gallicie, et rarement dans le tegel de Mollersdorf, pres de Baden. Suivant
le meme naturaliste, elle se trouve dans le terrain subapenuin de Castell'
Arquato, pres Parme, en Italic; d'apres M. Roemer, dans le terrain ter-
tiaire d'Osnabruck, en Westphalie, et, suivant M. Philippi, pres de Freden,
dans le nord-ouest de l'Allemagne. Ma variete A se troirve rarement dans
la craie blanche avec silex aux environs de Maestricht, et, selon M. Jones,
cette meme variete se trouve dans la craie blanche du sud-est de 1'Angle-
terre et dans le delrittts de Charing. Suivant le meme paleontologiste , une
aulre variete a ete recueillie a 1'elat vivant, pres de Tenedos * et pres de
Turk's Island (Bahama).
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. I, fig. 14, a. Valve gauche du terrain miocene de Dax, pres de Bordeaux, vue en dessus. De ma collection.
14,6. Carapace entiere de la meme locality, vue du cfiti superieur. De ma collection.
14, c. La meme, vue du cot6 inferieur.
14, d. La meme, vue par 1'extremite anterieure.
It. BAIRDIA LINEARIS, Bosq. , 1850.
PI. II, fig. 1, a, b, c, d.
OrnERiNA LINEARIS, Roemer , 1838. Jahrbuch fur Miner alogie, etc., von Leonhard und Bronn,
p. 517, p. VI, Og. 49. (Icon mala.)
Les valves de cette Bairdia sont convexes, tres-allongees , plus de
3 1 /a fois aussi longues que larges, a surface lisse, mais non luisante.
1 Dans la collection de M. Williamson.
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. 35
Elles M un terminees en pointe oblique en avant et sont obliquement tron-
quees en arriere. Leur bord supeYieur est droit dans sa moitie posterieure
et :M-(|IK' en avant, tandis que 1'inferieur est droit dans sa moitie anterieure
et arque dans sa moitie* posterieure.
Un peu en avant de la moitie de la longueur totale des valves, cette
espece presente un tubercule, situe entre la ligne mecliane et le c6te dorsal.
La carapace offre une section transversale a contour suborbiculaire et
une section longitudinale a contour ovale tres-allonge.
Rapports et differences. Cette tres-petite Bairdia se rapproche un peu
de la precedente, mais elle s'en distingue tres-facilement et, au premier
abord , par ses dimensions et par ses valves beaucoup plus etroites et ter-
MI i in : .-s en pointe en avant.
Dimensions. Longueur 0,75 de millimetre , hauteur 0,3 de millimetre
et epaisseur 0,25 de millimetre.
Gisement et localites. Elle est peu commune dans le terrain tertiaire
miocene supe"rieur de Dax, de Leognan et de Merignac (Gironde), en
France. D'apres Roemer , elle se trouve dans le terrain pliocene de Pa-
lerme, en Sicile.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. II, 6g. 1, a. Valve gauche du dep6t miocene superieur de Leognan, vue en dessiu. De ma collection.
1, b. Carapace entiere de la meme localiti, vue du c6t supe'rienr. De ma collection.
1, c. La meme, vue du tii inferieur.
I, ignac, vue de dessus. De ma collection.
2, 6. Carapace entiere du meme terrain de Dax,vue du cote superieur. De ma collection.
2, c. La meme, vue du cold inferieur.
2, d. La meme, vue par I'extrfimite anturieure.
15. BAIRDIA LITHODOMOIDES, nov. spec., 1850.
PI. II, fig. 5, a, b, c,d.
Cette Bairdia, dont la forme rappelle assez bien celle de certaines especes
du genre Lithodomus (Mollusques acephales), a des valves marginees, dans
loute leur peripherie, d'un rebord transparent. Ces valves sont assez for-
tement bombees dans leurs deux tiers posterieurs, falciformes, tres-allon-
gees et plus de 2 Va fois aussi longues que hautes. Elles sont retrecies ,
obtuses en avant et arrondies en arriere; leur bord inferieur est assez
fortement sinue, tandis que le superieur est arque. Leur surface lui-
sante est ornee dans sa moitie anterieure de quelques sillons arques , qui
prennent naissance sur le bord pectoral et qui s'effacent pres du bord
dorsal. Outre ces sillons, toute la surface des valves est garnie d'epines pili-
formes extremement minces , assez courtes et assez eloignees les unes des
autres.
La carapace presente une section transversale a contour circulaire.
Rapports et differences. Elle se rapprocbe, par la forme de ses valves,
DES EINTOMOSTRACES FOSSILES. 57
de la Bairdia (Cythcrina) falcata, REUSS *, du tegcl de Rudelsdorf, en Bohme.
Elle s'en distingue cependant facilement, par ses valves plus bombees,
n'offrant a leur surface aucune trace de tubercules, mais presentant, au
contraire, sur leur moitie anterieure, des sillons arques , et sur toute leur
surface de tres-petites Opines aciculaires.
Dimensions. Longueur 0,75 de millimetre , hauteur et epaisseur 0,3
de millimetre.
Gisement el localites. Elle se trouve en Belgique dans le dep6t tertiaire
eocene (systeme rupelien de M. Dumont) , a Bergh , pres de Kiein-Spauwen ,
et en France, dans le terrain miocene (faluns), a Dax, pres Bordeaux, et
a S'-Avit (Gironde), et dans le terrain eocene (sables de Fontainebleau),
a Jeurre et a Etrechy , pres d'Etampes, ainsi que dans le calcaire grossier
de la ferme de 1'Orme. Je viens de decouvrir, en outre, un echantillon
vivant de cette espece entre les fucus, recueillis sur les c6tes de la Hol-
lande, a Scheveningen , pres La Haye.
EXPLICATION DES F1GDRES.
PI. II, fig. 3, a. Valve gauche de la coucbe argilo-sableuse rupOliennca Nucules * dc Bergh, pres Klein-Spauwen,
rue en dessus. De ma collection.
3, 6. Carapace entiere dc la mcme locality, vue du coiu dorsal. De ma collection.
3, r. La n ir 11 ic, MIC du cnii' pectoral.
3, d. La mime, vue par Textr^mite anterieure.
III. GENRE GYTHER1DEA, Bosquet, 1850.
CYTHEHES sp. von Munster, 1830. Jahrbuch fur Mineralogie und Geologic, von Leonard
und I '.inn 1 1 , pp. 62 et suivantes.
CYTIIERIK* spec. Roemer, 1838. Ibidem, pp. 514, 519.
CYTHERES spec. Bronn, 1848. Index Palceontologicus. Uebersicht der bis jetzt be-
kannten fossilen Organismen , p. 396.
CYTIIKRIN^C: spec. Reuss, 1849. Die fossileti Enlomostraceen des osterreichischen Ter-
tiarbeckens, pp. 7 et suiv. (Aus den Natunoissen-
' Reuss, 1 849, Die fossilen Entomoslraceen des osterreichisehen Tertitirbeckens , p. i 1 , pi. VIII ,
li*. 27,a,fe.
* Nucula Lyelliana, Bosq., 1851.
38 DESCRIPTION
schaftlichen Abhandlungen , von Wilhelm Haidin-
ger, III Band , 1 s " Abtheilung.)
CYTHERES spec. Jones , 1849. A Monograph of the Entomostraca of the cretaceous
formation of England, p. 8-15 (Memoirs of the
Palaontographical Society).
Les especes que j'ai rangees dans ce nouveau genre offrent, dans leur
forme generale et leurs caracteres exterieurs, une ressemblance tres-
grande avec celles du genre precedent, mais leur bord cardinal interne
les en distingue parfaitement.
La charniere des Cytheridea (a peu pres semblable a celle des Nucules
et des Petoncles) est formee, sur la valve droite, de deux series de 6-8 pe-
tites dents, egales en grandeur, inserees sur deux parties un tant soil peu
saillantes des deux extre'mites de 1'etroit bord dorsal, ou plutot de la
barre cardinale de cette valve, et correspondant a deux series de petites
fossettes, placees sur une partie abaissee, du cote interne du bord car-
dinal de la valve opposee. (Voyez pi. II, fig. 4, b etc.)
Chez certaines especes de ce genre, comme, par exemple, chez les Cy-
theridea incrassata Bosq., C. Jonesiana Bosq., etc., on remarque sur chaque
valve, pres de 1'extremite anterieure du bord superieur, un petit tubercule
circulaire, luisant comme du verre, et analogue a celui qu'on observe a
peu pres au meme endroit, sur chaque valve des Cythere.
Le genre Cytheridea n'a qu'un seul representant dans les couches cre-
tacees, la Cylheridea Jonesiana , Bosq. * (Cythere Hilseana, Jones non Cytherina
Hilseana, Roemer). Le terrain tertiaire en renfermeune dizaine d'especes,
dont six ont ete decrites par M. Reuss , et rapportees par cet auteur au
genre Cytherina; ces especes sont : Cylheridea heterostigma B., C. obesa B.,
C. trichospora B. , C. seminulum B. , C. tribullata B. , et C. expansa B., et dont
les quatre autres se trouvent decrites dans ce memoire. Ces quatre especes
sont : Cijtheridea Mullen B. , C. papillosa B. , C. Williamsoniana B. et incras-
1 J'ai en ce moment, sous les yeux, les e'chantillons du Hilsthon, du Hils , qui ont servi h
iM. Roemer pour Mablissement de 1'espece. Ces echantillons n'offrent point, au bord cardinal,
les deux series de petites dentelures que pre'sente 1'espece cr^tac^e d^crile par 1'auteur anglais , et
n'appartiennent, par consequent, pas au genre Cylheridea.
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. 39
saia, B. Parmi ces dernieres, une seule, la Cytheridea Mulleri, vit encore
dans nos mers actuelles.
1. CYTHERIDEA MCLLERI, Bosq., 1850.
PI.II ) f.g.4,o,&,c,d, e , f.
CYTBEIIK MULLEHI, von Minister, 1850. Jahrbuch fiir Mineralogie und Geologic, von Leonliarcl
und I in in n , p. 62.
1835. Ibidem, p. 446.
CTTIIEBWA Roemer, 1838. Ibidem, p. 516, pi. VI, fig. 6 (Icon mala.).
Var. B. ACUMIIUTA, Mihi. Valvis infra aciuninatis , super fteie foveolis majoribus, spinix pili-
fornubus pkrwnque nullis.
CVTHERINA MULLERI, Reuss, 1849. Die Fossilen Entomostraceen des osterreichisclten Tertidr-
beckens,p. 15, pi. VIII, fig. 21, n,b.
Les valves de cette Cylheridea sont ovales-allonge'es, plus larges en avant
qu'en arriere, et presentent une forme ressemblant a celle du Mytilus
edulis. Elles sont arrondies en avant et munies de plusieurs dents courtes ,
larges a la base, pointues au sommet et assez caduques, tandis qu'en ar-
riere, elles sont retrecies, obtuses, plus ou moins pointues dans le jeune
age et munies de 2-3 dents semblables a celles du bord anterieur. Leur
bord inferieur est presque droit, legerement sinue au milieu, tandis que
le superieur est arque. Leur surface est ornee d'un grand nombre de
points creux , au fond desquels sont inserees des epines piliformes cadu-
ques. Ces points creux (qui sont un peu plus nombreux et plus grands
dans la variete) sont disposes par rangees et se trouvent au fond de quatre
a cinq sillons, a peu pres paralleles au bord, sur la partie anterieure et
sur la region pectorale des deux valves. Sur toute la partie restante de la
surface des valves, les points creux sont disposes ou sans aucun ordre,
ou parfois en rangees transversales. La voute dorsale des deux valves
oflre , vers sa partie mediane , un large sillon transversal qui la fait pa-
raitre comme e"tranglee en cet endroit, qui part de la partie moyenne du
bord dorsal et qui dessine, vers le milieu du dos des valves, la place de la
rosette composee de laches transparentes. Le dos des valves est le plus bombe
vers le tiers posterieur de leur longueur totale; il est rattache aux bords
40 DESCRIPTION
anlerieur et posterieur par une pente assez douce, au Lord superieur par
une pente rapide et au bord inferieur par une pente tres-rapide.
Les valves de cette espece sont le plus souvent transparentes et offrent
le long du bord anterieur , dans leur epaisseur meme , les rayons blan-
chatres que j'ai exprimes dans ma fig. a. Entre ces rayons , on observe ,
par transparence au microscope, des lignes noiratres, allant aboutir aux
interstices que laissent entre elles les dents qui garnissent le bord ante-
rieur. Un assez grand nombre de mes echantillons sont d'un brun fonce
ou parfois meme d'un brun noiratre.
Les echantillons transparents offrent tous , comme ceux de la Bairdia
subdelto'idea, une rosette ou un assemblage de taches transparentes, au
meme endroit ou 1'on observe, a 1'iuterieur des valves, la petite fossette
oblongue. Ces taches transparentes, qui sont le plus souvent au nombre
de 6 ou 7 , presentent des formes assez variables ; mais en general il y en
a 5 ou 4 qui sont tres-rapprochees les unes des autres et qui occupent la
partie posterieure de la rosette, tandis qu'une d'entre elles, qui est con-
stamment plus allongee que toutes les autres et qui est ordinairement
2 ou 5 fois aussi longue que large, occupe la partie infero-anterieure de la
rosette.
La carapace offre une section transversale a contour arrondi, subpen-
tagonal.
Observations. Je regarde comme une variete de cette espece. celle
qui a ete figuree par le docteur Reuss et qui m'a ete communiquee par ce
paleontologiste, du leilhakalk de Nussdorf, en Autriche. J'ai retrouve cette
variete dans le terrain tertiaire de la Belgique et de la France. La forme
que j'ai figuree me semble etre le type de 1'espece et est, sans doute, aussi
celle qui a ete assez mal representee par M. Roemer, dans le Jalirbuch
fur Mineralogie.
Rapports et differences. La Cytlieridea Mulleri se distingue essentielle-
ment de 1'espece dont la description va suivre, par sa taille, par ses den-
telures anterieures et par sa surface ornee de sillons, d'epines piliformes
et de points creux tres-nombreux.
Dimensions. Longueur, 1 millimetre, hauteur, 0,5 de millimetre ct
DES ENTOMOSTRACES FOSSILES. 41
epaisseur, 0,4 de millimetre. La variete* n'a que 0,75 de millimetre de
longueur.
Gisement et localites. - - J'ai trouve celte belle espece assez rarement dans
le terrain tertiaire pliocene (crag rouge d'Anvers), a Anvers, en Belgique;
dans 1'etage superieur du dep6t tertiaire miocenede Pontlevoy (Touraine),
en France; dans le terrain tertiaire eocene (systemetongriendeM.Dumont),
a Klein-Spauwen, au Vieux-Jonc, a Herderen, a Neerrepen, a Lothen, a
Tongres et a Looz; dans le duche de Limbourg, a Klimmen, entre Fau-
quemont et Heerlen ; tres-abondamment dans les marnes superieures au
gypse , des buttes de Chaumont et de Montmartre (Seine), en France; je 1'ai
trouvee plus rarement dans le terrain eocene (sables de Fontainebleau),
de Jeurre et d'Etrechy (Seine-et-Oise) , et tres-rarement dans le calcaire
grossier de Chaumont (Oise) et de la ferme de 1'Orme (Seine-et-Oise);
enfln, je viens de la trouver aussi dans le terrain tertiaire d'Astrupp, pres
d'Osnabriick, en Westphalie, et dans le terrain eocene superieur de
Weinheim, pres Mayence. M. Reuss 1'a rencontree rarement dans le
leiihakatk de Nussdorf et dans la marne de Gainfahrn, en Autriche, en
abondance dans le tegel de Rudelsdorf, en Boh^me, et de Grinzing, pres
Vienne. Selon de Miinster, elle se trouve aussi dans le terrain eocene
pres Cassel, dans la Hesse electorate. Enfln, je viens encore de la de-
couvrir a I'e'tat vivant dans les sables et entre les Viva recueillis sur les
c6tes de 1'Y , bras du Zuiderzee , en Hollande.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. II, lijj. 4, a. Valve gauche ilu terrain eocene (sjstemc longricn ile M. Oumont), du Vicux-Jonc, en Belgique,
rue en dessus. De ma rollection.
4, 6. Valve droite, vue en dedans.
4, c. Valve gauche, vuedu memecdtl.
4, il. Carapace entierede la iiirnic localite, vuedu cAle dorsal De ma collection.
i . > . |..i meme, vue du cot^ pectoral.
4, /' La meme, vue par 1'extrimile ant^rieure.
TOME XXIV.
42 DESCRIPTION
2. CYTHERIDEA PAPILLOSA, nov. spec., 1850.
PI. II, fig. 5, a, b, c, d.
Valves allongees , d'une forme qui rappelle assez bien celle de plusieurs
Mytihts, presque egalement larges dans toute leur longueur et arrondies
en avant. Leur bord inferieur est droit, et le superieur, qui est droit en
avant, rejoint 1'extremite posterieure , en decrivant une courbe assez brus-
que. Le bord posterieur, en se rattachant au bord inferieur, donne nais-
sance a un angle droit ou meme obtus dans quelques individus. La voute
dorsale est assez regulierement bombee et souvent luisante ; elle est garnie
depetites preeminences papiliformestres-courtes, espacees, assez caduques
et tout au plus au nombre de 25-50 sur chaque valve.
La carapace offre une section transversale a contour suborbiculaire.
Rapports et differences. La Cyllieridea papillosa se rapproche un peu
de la (Cytheridea?) Cytlierina abscissa, Reuss 1 , du tegel d'Atzgersdorf, en
Autriche; celle-ci s'en distingue cependant facilement par sa taille beau-
coup plus grande, par ses valves toujours lisses et lerminees posterieure-
rnent en un angle tres-aigu.
Dimensions. Longueur, 0,8 de millimetre, hauteur et epaisseur, 0,4
de millimetre.
Gisement et localites. Se trouve dans le sable miocene superieur de
Merignac, de Dax et de Leognan (Gironde), en France; dans la couche
argilo-sableuse a Nucules du terrain tertiaire eocene (systeme rupelien de
M. Dumont) a Bergh, pres de Klein-Spauwen, en Belgique ; dans le calcaire
grossier de Parnes, de Chateaurouge, de Chaumont, de S l -Felix, de Cour-
tagnon, de Grignon, de Damery et de Chamery, ainsi que dans les sables
infe'rieurs de Cuise-la-Mothe , de Menilmontant et de Retheuil, en France.
EXPLICATION DBS FIGURES.
PI. II, fig. 5, a. Valve gauche du sable miocene de Leognan, pres Bordeaux, vue en dessus. De ma collection.
5, b. Carapace entiere de la meme localite, vue du cote dorsal. De ma collection.
5, c. La meme, vue du cote pectoral.
5, d. La meme, vue par 1'extre'mite ante>ieure.
1 Reuss, 1849. Die fossilen Entomostr. des oslerreich. Tcrtiarbeck., p. 10, pi. VIII, fig. 2, a, 6.
DBS ENTOMOSTRACES FOSSILES. 43
3. < .11 in um \ WILLIAMSOISIANA, nova species , 1850.
PL II, fig. 6, a, b, c, d.
Valves ordinairement transparentes, convexes-deprimees, assez larges,
ellipsoidales , largcment arrondies aux deux extremites, presentant, dans
1'epaisseur de leur bord antdrieur, qui est transparent, des stries blan-
chatres et rayonnantes. Leurs bords superieur et inferieur sont drolls et
paralleles. Leur voute dorsale est le plus convexe vers le tiers posterieur
de leur longueur ; elle rejoint le bord anterieur par une pente assez douce,
se rattache au bord supe'rieur par une pente assez rapide et aux bords
posterieur et infe'rieur par une pente tres-rapide. Leur surface, qui est
constamment d'un luisant tres-remarquable , est ornee de plusieurs pa-
pilles, assez caduques (au nombre de 40-50 sur chaque valve), inserees
dans des points creux assez profonds et assez distants, dans les interstices
desquels on remarque un tres-grand nombre d'autres points creux exces-
sivement petits, semblables a des piqvires d'epingle et tres-rapproche's les
uns des autres.
Un peu en avant de la moitie de leur longueur, les valves de la Cythe-
ridca Williamsoniana offrent une rosette de taches transparentes, dispose'es
a peu pres comme celles de la Cytheridea Mullen. Ces taches sont ordinai-
rement au nombre de 6-8 , et trois ou plus souvent quatre de ces taches
sont placees sur une seule ligne et sont beaucoup plus rapprochees que
les autres; cette sdrie de points plus rapproches occupe la partie poste-
rieure de la rosette.
Rapports et differences. Quoique cette espece ait de tres-grands rap-
ports avec les Cytheridea (CYTHERINA) heterostigma * et obesa, Reuss 2 , elle en est
cependant encore bien distincte. Elle diflfere essentiellement de la pre-
miere par les dimensions de ses valves, qui sont toujours plus larges et
moins convexes, qui sont marginees anterieurement d'un rebord transpa-
1 Reuss. 1849. Die fouilen Enlomostraceen des osterreichischen Tertiarbeckens , p. 16, pi. VIII,
fig. 23,a. 6.ct2-i.o.6.
* Reuss, 1849. Die fossilen Entomoslraceen des osterreichischen Tertiarbtckens . p. 16, 17,
pi. VIII, fig. 26, . 6.
44 DESCRIPTION
rent a stries blanchatres et rayonnantes, qui n'offrent aucune trace de
dentelures et ne presentent point de lignes longitudinales creuses sur la
region pectorale. Elle s'eloigne de la seconde (dont je dois a M. Reuss
des e'chantillons du tegel de Gaya, en Moravie, et a M. De Koninck de la
couche a Congeria de Brunn, pres de Vienne) par sa taille moins grande,
par ses valves moins allongees, sans dentelures aux deux extremites, ayant
le bord dorsal presque droit et n'offrant point le faible etranglement me-
dian que presentent constamment celles de la Cytheridea (CYTHERINA) obesa.
Dimensions. Elle a une longueur de 0,9 de millimetre, une hauteur
de 0,5 de millimetre et une epaisseur de 0,45 de millimetre.
J'ai dedie cette espece a M. Williamson, de Manchester, qui s'occupe
avec zele et succes des Entomostraces ostracodes vivants et fossiles.
Gisement et localites. Celte belle Cytheridea se trouve assez rarement
en Belgique dans le terrain tertiaire eocene (systeme tongrien, etage su-
perieur de M. Dumont) de Klein-Spauwen, du Vieux-Jonc, de Herderen,
de Tongres et de Looz; tres-rarement dans le duche de Limbourg, dans
une couche du meme etage tertiaire, a Klimmen, entre Fauquemont et
Heerlen, et en France dans le calcaire grossier de Saint-Felix (Oise) et de
Hermonville (Marne).
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. II , fig. 6, a. Valve gauche du sable de Bergh, pres de Klein-Spauwen , vue en dessus. De ma collection.
6, 6. Carapace entiere provenant de la meme localise, vue du cote dorsal. De ma collection.
6, c. La meme, vue du c6te pectoral.
C, d. La meme, vue par Pextremite anteiieui-e.
4. CYTHERIDEA INCRASSATA, nov. spec., 1850.
PI. Ill, fig. 11, a, b, c, d.
Valves ovales, assez e'paisses, larges, convexes, arrondies en avant, re-
tre'cies et obluses en arriere. Leurs bords inferieur et supe'rieur sont
droits et assez fortement divergents en avant. Leur voute dorsale, qui est
le plus convexe un peu en arriere de la moitie de la longueur et qui se
raitache aux deux extremites et au bord superieur par une pente assez
DES ENTOMOSTRACES FOSS1LES. 45
douce, rejoint le Lord inferieur par une pente tres-rapide. Toute la sur-
face est creusee de points tres-petits, ressemblant a des piqures d'epingh-
et visibles seulement a 1'aide d'une forte loupe. Ces petits points creux
sont probableinent les points d'inserlion d'epines aciculaires caduques.
La carapace presente une section transversale a contour oval-subtrigone.
Rapports et differences. Elle se rapproche un peu de la Cythere (Cvpiii-
DINA) simi/is 1 , Reuss, du tegel de Rudelsdorf, en Boheme. Elle en diflerc
par ses valves moins allongees, beaucoup plus larges en avant, par son ex-
tremite posterieure obtuse et par sa surface depourvue d'epines piliformes.
Dimensions. Longueur, 0,75 de millimetre, hauteur, 0,5 de milli-
metre et epaisseur, 0,4 de millimetre.
Gisement et localites. Elle se trouve dans les sables moyens de Tan-
crou, de Ver, de Gue'pesle et de Pisseloup, ainsi que dans le calcaire
grossier de Chaumont, de Hermonville, deGrignon, de la ferme de 1'Orme
el de Chamery. Elle est assez rare dans ces diverses localites.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. Ill . i: ; 11 , a. Valve gauche provcnai:t du calcaire grossier tie Hmnonville, vue en dessus. be ma collection.
11,6. Carapace entiere du calcaire grossier de Grignon , vue du cAtt dorsal. De ma coMcrtinn.
11 , c. La nirinr, vue du cot^ pectural.
1 I , rf. La mSrnc, vue par Pextiemite anlprieure.
IV. GENRE CYPR1S, Muller, 1785.
CYPRIS, Muller, 1785. Entomostraca sea insecta leslacea, p. 48 ct suivantes.
MoNOCfLus, Fabricius, 1792. Syst. Entomolog.
CYPRIS, Lamarck, 1818. Histoire naturelle des animaux sans vertebres, lorn. V,
p. 123-125.
Milne Edwards apud Lamarrk, 1858. Histoire naturelle des animaujc son*
vertebres. Nouvelle edition, t. V, p. 174-177.
R. tones. Description of the Entomoslraca of the pleistocene beds /
Newburg, Copford, Clacton and Grays (ANN. ET MAG.
NAT. HIST., s. 2, vol. G, pi. III).
1 Reuss, 1849. Die fossilen Entomost des osterr. Tertiarbtckens , p. 32, 33, pi. X, lip. I , a, b.
46 DESCRIPTION
La carapace des Cypris est formee de deux valves assez minces, corneo-
calcaires, mobiles, inegales, plus ou moins elliptiques, ovales, reniformes
ou oblongues, assez semblables a celles des Mollusques acephales et d'ou
sortent seulement les antennes et en partie les pattes, quand 1'animal
nage. La charniere dorsale du test bivalve des Cypris est beaucoup plus
simple que celle des Cythere et des Cytheridea et n'est jamais garnie de
dents.
L'animal des Cypris, qui ne presente aucune trace de segments, a la
tete confondue avec le corps; il a deux paires d' antennes plumeuses, c'est-
a-dire terminees au sommet par un faisceau de poils assez longs ; un gros
rail noir et spherique; deux paires de pattes, dont la premiere seulement
parait au dehors du test et est dirigee en arriere; celles de la paire poste-
rieure sont greles, relevees de chaque cote du corps sous le test et sont
terminees par deux crochets ; une queue molle, reployee et garnie de deux
soies a son extremite, termine le corps.
Les Cypris habitent les eaux douces, principalement les eaux stagnantes
et nagent avec vitesse au moyen de leurs antennes, ou grimpent avec fa-
cilite sur les plantes aquatiques submergees.
Les especes du genre Candona, Baird *, qui ne peuvent pas nager et qui
vivent avec les Cypris dans les eaux douces des etangs, ont ete pendant tres-
longtemps confondues avec elles, malgre les caracteres importants qui les
en distinguent. Les Candona sont ordinairement d'une taille plus grande
que les Cypris ; elles ont deux paires d'antennes , la paire superieure seule
garnie de longues soies, et deux paires de pattes. Les antennes inferieures
sont seulement crochues , non plumeuses et sont impropres a la natation.
Les Candona vivent principalement sur et sous la surface de la vase et
leurs mouvements sont lents.
Les especes du genre Estheria, etabli par Riippel en 1838, sur une
espece vivante des eaux douces de File de Dahalac (Afrique), se distin-
guent des Cypris et des Candona fossiles, non-seu lenient par leur taille
beaucoup plus grande, mais encore par les stries ou les plis concentriques
1 Baird, 1845. Trans. Berw. Natur. Hist. Club., vol. II, p. 152.
DBS ENTOMOSTRACES FOSSILES. 47
aux crochets de leurs valves membraneuses. Les crochets saillants, que
ces valves presentent un peu en avant de la partie mcdiane de leur c6te
dorsal, sont exactement semblables a ceux de la plupart des Mollusques
acephales.
Le nombre des especes fossiles connues du genre Cypris est assez res-
treint; on n'en connait qu'une seule dans le terrain tertiaire de la France
et de la Suisse, a laquelle M. Reuss vient de joindre trois especes de la
formation d'eau douce du nord de la Boheme, et M. Jones qualre aulres
des couches pleistocenes de Newbury, de Copford , de Clackton et de Grays ,
en Angleterre.
La carapace des petits Entomostraces ostracodes , si abondants dans
les d< ; p6ts wealdeens de 1'Allemagne et de 1' Angleterre, dont MM. Sowerby,
Roemer et Dunker ont decrit 8 ou 9 especes, et qu'ils ont rapportees au
genre Cypris, me paraissent diffe'rer d'une maniere tres-notable des vraies
Cypris actuellement vivantes. Les valves de toutes les especes weal-
deennes que j'ai ou occasion d' examiner, ainsi que toutes les figures
que les trois naturalistes distingues que je viens de nommer, donnent des
especes qu'ils decrivent, presentent constamment a 1'extremite anterieure
de leur bord inferieur, ou plut6t a 1'endroit ou le bord anterieur vient
rejoindre le bord pectoral, un petit crochet ou prolongement en forme
de bee, plus ou moins developpe dans les diverses especes et que Ton
n'observe jamais chez les vraies Cypris. Cette difference me semble etre
d'une importance suffisante pour 1'etablissement d'un nouveau genre , et je
propose de donner a ce genre le nom de Cypridea i . Ce petit crochet ou bee
chez les Cypridea, occupe une tout aulre place que chez les Cyprella et les
Lynceus, et a sans doute servi a loger la tte de 1'animal, comme chez
les especes de ce dernier genre actuellement vivantes.
1 Dans le wealdclay de 1'Anglelerre, on vienl lie decouvrir un nombre considerable d'especes
nouvelles apparlenant probablement aussi pour la pluparl et peut-elre toutes au genre Cypridea.
Cliaque etage du wealdclay anglais paratt renfermer une assez grande quantity d'especes qui
lui sont particulieres et qui seront bien(6t decriles par M. le professeur E. Forbes, de Londres.
48 DESCRIPTION
1. GYPRIS FABA, Desmarest, 1815.
PI. II, fig. ", a, b, c, d,
CYPRIS FABA, Desmarest, 1815. Nouveau bulletin des sciences, de la Sociele philomatique , p. 259,
pi. IV, ii 8.
1822. fJisloire naturelle dcs Crustacis (bssiles, p. 141 , pi. X, fig. 8.
Atulouin, I82i. JJictionnaire classique d'histoire naiunlle, 1. V, p. 288.
Charles d'Orbigny. Dictionnaire universel d'histoire naturelte, t. IV, 2 rae partie,
p. 555.
Milne Edwards apud Lamarck. Histoire naturelle des animaitx sans vertebres. Nou-
velle Edition, t. V, p. 177.
Carapace formee de deux valves oblongues, reniformes, arrondies en
avant, obliquement tronquees en arriere, ayant le bord superieur forte-
ment arque et 1'inferieur excave. Toute leur surface est lisse. Leur voute
dorsale est le plus fortement bombee un peu en arriere de la moitie de la
longueur, d'ou elle se rattache aux deux extremites par une pente assez
douce et assez reguliere.
Dimensions. Longueur, 1,5 de millimetre, hauteur, 0,75 de milli-
metre, et epaisseur, 0,65 de millimetre.
Gisemenl et localites. La Cypris faba se trouve en tres-grande abon-
dance en France, d'apres M. Desmarest *, dans un calcaire lacustre de la
montagne de Gergovia (Puy-de-D6me); selon MM. Croizet et Jobert 2 , dans
la montagne de Perrier , au nord-ouest de la ville d'Issoire (Puy-de-D6me) ;
d'apres M. De Dree, en quanlite innombrable dans un calcaire de forma-
tion d'eau douce de la Balme de 1'Allier, entre Vichy-les-Bains et Gusset;
survant Cuvier et Brongniart 3 , elle se trouve, en Suisse, dans le terrain
lacustre du Locle, canton de Neufchatel, et, selon Al. Brongniart 4 en
Allemagne, entre Mayence et le Weisenau ; enfin, j'ai recu de M. A.-
W.-G. Van Riemsdyk, a Maestricht, amateur zele de mineralogie et de
geologic, un echantillon d'un calcaire d'eau douce, provenant d'Oeningen,
1 Desmarest, 1822. Histoire naturelle des Crustaces fossiles, p. 141.
2 De la Bcche, 1857. Manuel de geologie, seconde Edition, p. 214.
3 Cuvier et Brongniart, 18-22. Description gfuhijiqne des environs de Paris, p. 500.
* Al. Brongniart, 1823. Memoire *ur Ivs terrains calcarfo-trappecns du Yicenlin , p. 37.
DBS ENTOMOSTRACES FOSS1LES. 49
en Suisse, et qui est forme presque en entier, de carapaces et de valves
agglutine'es de cette Cypris.
EXPLICATION DES FIGURES.
PI. II, 6g. 7, a. Valve gauche du terrain lacustre d'Ocningen , en Suisse, vueen dessus. De ma collection.
7, /'. Carapace enlierc de la iiu'mr locality, vue du cole tuperieur. Oe ma collection
7, e. La mme, vue du c6l6 infeVieur.
7, / Lameme, vue par I'eitre'mite antericure.
V. GENRE CYTHERE, Miiller, 1785.
CYTHERINA , Lamarck , 1818. Hisloire naturelle des animaux sans vertebres, r Edi-
tion, t. V, pp. 125.
CYTHERIN.E spec. Roemer, 1841. Die Versteinerungen des norddeutschen Kreidegebir-
ges, pp. 104, 105.
CYPRIDIN^: - DeKoninck, 1841. Crustace's fossiles de Belgique, pp. 17, 18.
1842-44. Description des animaux fossiles du terrain car-
bonifere de Belgique, pp. 586-588.
CYTHERIN& - Philippi, 1844. Beitrdge zur kentniss der Terlidrversteinerungen des
nord-westlichen Deutslands, pp. 62, 65.
CYTHERES M'Coy, 1844. Synops. of the char, of the carbon, limest. foss. of
Ireland.
CYTHERE, Miiller, 1785. Enlomostraca seu insecla teslacea , etc., pp. 65-65.
CYTHERES spec. Cornuel, 1846. Descript. des Entom. foss. du depart, de la Haute-
Marne (MEM. DE LA Soc. GEOL. DE FRANCE, 2" serie,
t. I w , 2 nul partie, pp. 195-205.)
Reuss, 1846. Die Versteinerungen der bdhmischen Kreideformation ,
2" 1 ' partie, pp. 104, 105.
CYPRIDINA, Bosquet, 1847. Me'moires de la Socie'te royale des sciences dt Lie"ge,
t. IV, pp. 259 et suivantes.
1847. Description des Entomostrace's fossiles de la craie de
Maestricht, pp. 9 et suivantes.
<.m:ii-iM-. etGnuEREs, spec. BroDD, 1848. Index Palaiontologicus,oderUebersicht der bis
jetzt bekannten fossilen Organismen, pp. 387, 595
et 396.
CYPRIDINA, Reuss, 1849. Die fossilen Entomostraceen des osterreichischen Ter-
tiarbeckens, pp. 21-47.
CYTHERES, spec. Cornuel, 1849. Description de nouveaux fossiles microscopigues du
TOME XXIV. 7
50 DESCRIPTION
terrain enlace infe'rieur du department de la
Haute-Marne (MEMOIRES DE LA SOCIETE GEOLOGIQUE
DE FRANCE, 2 serie, t. Ill, pp. 241, 246).
CYTHERE et subgenus CYTHEREIS, Jones, 1849. A Monograph of the Entomostraca of the
cretaceous formation of England, pp. 8-22.
La carapace des Cythere est formee de deux valves inegales, a contour
oblong, ellipsoidal, ovale ou subtetragone, de consistance corneo-calcaire,
reunies sur leur bord dorsal ou superieur par une charniere garnie de
dents plus ou moins fortes , suivant les especes , mais constamment en
nombre defini. Ces valves peuvent s'entr'ouvrir librement du cote pectoral,
et presentent, vers le milieu et un peu en avant de la moitie de leur lon-
gueur, un tubercule plus ou moins apparent, selon les especes, et dont la
place est accusee a 1'interieur de chaque valve par une fossette ovale ou
arrondie. La valve gauche est constamment un peu plus grande que la
valve droite, et embrasse un tant soit peu toute la circonference du bord de
celle-ci.
Le bord dorsal interne de chaque valve presente une partie elevee ou
barre longitudinale, a c6te de laquelle on remarque un sillon ou partie
deprimee. Sur la valve droite, c'est la partie externe du bord qui est plus
haute, tandis que 1'interne est plus basse; sur la valve gauche, au contraire,
c'est la partie interne ou barre qui est plus haute, tandis que 1'externe est
plus basse. La barre longitudinale, surtout dans la valve gauche, est
etroite, arrondie et polie. Lors de la reunion des deux valves, la partie
externe, plus haute du bord dorsal de la valve droite, vient se placer au-
dessus de la partie externe plus deprimee du bord de la valve gauche,
tandis que la partie interne plus basse du bord de la valve droite, reQoit
la partie interne plus haute, ou plutot la barre cardinale de la valve
gauche.
Sur la valve droite, la charniere est formee de deux dents, 1'une ante-
rieure etl'autre posterieure, qui sont inserees sur la partie interne deprimee
du bord et qui sont regues dans deux fossettes de la valve opposee. Sur la
valve gauche, il y a constamment deux dents anterieures et quelquefois
une Ires-petite dent posterieure rudimentaire et le plus souvent presque
DES EISTOMOSTRACES FOSSILES. JH
nulle; des deux dents antdrieures de cette valve, Tune est placee en avant
de la grande fossette et 1'autre immediatement en arriere de cette fossette
sur 1'extre'mite' antdrieure de la barre cardinale; tandis que la petite dent
cardinale posterieure, quand elle existe, est situee sur 1'extremite poste-
rieure de la barre, immediatement en avant de la fossette posterieure. La
dent cardinale anterieure de la valve droite est plus ou moins comprime'e
ouplus ou moins cono'idale,suivant les especes, etest toujours plus grande
que la dent cardinale posterieure ; elle est passablement epaisse a la base
et plus ou moins pointue a son extremite libre. Les deux dents cardinales
de la valve droite sont constamment inclinees en dehors, tandis que les
dents de la valve gauche sont droites ou faiblement inclinees vers le centre
des valves.
Les deux fossettes cardinales de la valve gauche sont plus ou moins
profondes, suivant que les dents qu'elles servent a recevoir sont plus ou
moins longues. Sur la valve droite, les fossettes sonttres-peu sensibles, et
ce n'est en general que celle qui est situee immediatement en arriere de
la dent cardinale anterieure, qui soil passablement bien prononcee.
Le bord pectoral de chaque valve oflre ordinairement, vers le milieu,
une petite partie inflechie, plus ou moins prononcee, selon les especes, et
qui, sur les carapaces fermees, se fait deja remarquer au dehors, par une
sorte de petit sinus, ou une autre sorte de petite lunule. Chez les especes qui
presentent un rebord marginal externe , cette lunule devient le plus sou-
vent tres-apparente , parce que le rebord forme alors une saillie semilu-
naire mince , qui est assez sensiblement projetee en dehors de ce rebord
et qui est formee par un accroissement local de la partie externe ou libre
de celui-ci. C'est a la partie inflechie que je viens de mentionner, a cote de
laquelle le bord valvaire est le plus mince et le plus aigu , que M. Cornuel
a donne le nom de lame pectorale. Lors de la reunion des deux valves,
la lame pectorale de la valve droite vient se placer en dedans sur celle
de la valve gauche, dans one cavite peu apparente, qui est destinee a sa
reception.
Sur le bord interne de la valve droite, on remarque deux sillons etroits,
qui ont leur origine a chaque extremite* de cette partie inflechie; Tun de
52 DESCRIPTION
ces sillons se dirige en avant et, en devenant de plus en plus etroit sur
le large bord anterieur, il va se terminer a cote de la dent cardinale an-
terieure; 1'autre sillon, au contraire, se dirige en arriere jusqu'a 1'extre-
mite posterieure , ou il disparait , apres etre devenu plus etroit et moins
profond. Ges deux sillons correspondent a une partie saillante du bord
interne de la valve gauche.
Quand on examine les valves des Cythere en dehors, on remarque
qu'elles sont ordinairement arrondies en avant et plus larges dans leur
moitie anterieure ; tandis qu'en arriere , elles sont ordinairement plus
etroites et qu'elles se terminent assez souvent par une partie comprimee,
ou par une pointe plus ou moins aigue, qui s'ecarte ordinairement de
leur axe longitudinal , en se portant le plus souvent vers le cote pectoral
ou , ce qui n'arrive que tres-rarement , vers le cote dorsal.
Les bords exterieurs des valves de la plupart des Cythere sont epaissis,
principalement le long du bord anterieur. II arrive assez souvent aussi
que le bord superieur, et meme tout le bord des valves, est epaissi, ou
plutot margine d'un rebord, comme, par exemple, chez mes Cythere Ko-
ninckiana, ornata, formosa et lichenophora, ainsi que chez les Cylhere Edwardsi,
Roemer, Haidingeri et tricosiata, Reuss. Les deux extremites , principale-
ment la posterieure, sont le plus souvent assez fortement comprimees, et
c'est ordinairement pres de 1'extremite posterieure , ou immediatement en
avant de la partie comprimee , posterieure , que se trouve la partie la plus
haute de la voute dorsale des deux valves. De ce point, le dos des valves
descend vers le bord anterieur, ou la partie comprimee anterieure , par
une penle plus ou moins douce ; il se rattache le plus souvent egalement
au bord superieur par une pente plus ou moins lente, tandis qu'il rejoint
le bord pectoral par une pente tres-rapide ou meme, qu'il y retombe verti-
calement. Dans le dernier cas, la region pectorale des deux valves reunies
presente assez souvent une surface passablement large, plane, ou meme
un peu excavee, dont le contour est frequemment cordiforme, triangu-
laire ou sagittiforme, qui est divisee longitudinalement en deux parties
egales par le rebord plus ou moins saillant du bord valvaire pectoral, et
qui est separee de la voute dorsale des valves par une arete ou une ca-
rene plus ou moins aigue.
DBS ENTOMOSTRACES FOSSILES. 53
Aux angles anterieur et posterieur du bord dorsal, le bord valvaire
est plus ou moins fortement projete en dehors, suivant les especes, et le
plus souvent en raison directe du developpement des dents cardinales. La
projection de 1'extremite' anterieure du bord dorsal est toujours la plus
forte; elle forme assez souvent une preeminence semicirculaire ou un
appendice en forme d'oreillette , sur lequel on observe constamment un
tres-petit tubercule arrondi, luisant comme du verre et dont la place
correspond exactement a celle qu'occupe, a 1'interieur, la dent cardinale
ante"rieure. Autour de ce petit tubercule, le bord valvaire est plus ou
moins epaissi , sans doute pour donner a la pression des dents, propor-
tionnellemcnt grandes et fortes, un point d'appui aussi solide que cela
etait possible, eu egard au peu d'epaisseur des valves. Je designerai cette
partie des valves sous le nom d'oreillette cardinale anterieure. L'angle
cardinal posterieur produit aussi, chez la plupart des especes, une saillie
marginale semicirculaire, en forme d'oreillet, constamment plus petite que
1'anterieure, mais tres-sensible en cet endroit, parce qu'immediatement
en arriere de la place qu'elle occupe, il y a une partie du bord valvaire
qui est fort mince.
Ges deux oreillettes cardinales, ainsi que les tubercules cardinaux
exterieurs, manquent totalement a toutes les especes des genres Cythe-
rella, Bairdia, Candona et Cypris, et fournissent, par consequent, comme
je 1'ai deja fait observer ailleurs 1 , un caractere certain pour reconnaitre
le genre Cythere, mme dans les cas ou il n'est pas possible d'examiner
1'interieur de la carapace ou la charniere. Je designerai sous le nom de
region dorsale, 1'espace compris, quand on examine la carapace du c6te
superieur, entre les deux oreillettes cardinales. Je pense qu'il est neces-
saire d'appliquer a cet espace un nom particulier, parce qu'il offre assez
souvent des caracteres qui ne sont pas sans importance pour la distinc-
tion des tres-nombreuses especes fossiles qui viennent se ranger dans le
genre Cythere.
Un peu en avant de la panic moyeune de chaque valve des Cytfiere,
1 Bosquet, 1847. Description det Entomostracds fossiles de la crate de Maettricht, p. 10.
S4 DESCRIPTION
et constamment dans leur axe longitudinal, on observe un autre tubercule
de forme et de grandeur assez varies. Ce tubercule , qui est bien prononce
et tres-proeminent chez quelques especes, est peu apparent, presque con-
fondu avec le reste de la surface, et alors presque imperceptible dans
d'autres. A 1'interieur des valves, au contraire, la place de ce tubercule
est toujours indiquee par un enfoncement ovale ou arrondi. Je designerai
ce tubercule, dans mes descriptions, sous le nom de tubercule sub-cen-
tral, afin de le distinguer du tubercule oculaire des Cypridina.
J'ai conserve le nom generique de Cythere aux Ostracodes fossiles dont
la carapace presente les caracteres que je viens de mentionner, parce que
je pense , avec M. Jones , que quatre des cinq especes , les deux premieres
et les deux dernieres , qui ont ete decrites et figurees par Muller * et qui
ont servi a 1'etablissement de ce genre, appartiennent aussi a cette coupe
generique. Je crois cependant ne pas pouvoir maintenir le sous-genre
Cythereis, qui a ete propose par M. Jones; parce que, non-seulement ,
tous les caracteres generaux de la carapace me paraissent les m ernes que
dans les vraies Cythere , mais qu'en outre , en examinant et en comparant
soigneusement les diverses especes qui, d'apres la caracteristique qu'en
donne 1'auteur anglais, devraient etre rapportees a 1'une et a 1'autre de
ces coupes, on trouve des passages insensibles et des formes interme-
diaires si nombreuses, qu'il devient absolument impossible de leur trouver
des limites un tant soit peu tranchees.
La Cythere Hilseana de M. Jones, qui a une charniere dorsale entiere-
ment differente de celle des vraies Cylhere, appartient evidemment a mon
genre Cytheridea. L'espece anglaise se rapproche beaucoup de la Cytheridea
Mullen.
En 1850, M. Milne Edwards crea le genre Cypridina, pour y placer
un Ostracode vivant de 1'Ocean indien, dont la carapace offre, un peu
en avant du milieu de chacune de ses deux valves, un tubercule repon-
dant a la place des yeux de Fanimal. C'est par 1'existence d'un tubercule
pareil sur chaque valve de la carapace des especes fossiles qui presentent
1 Muller, 1785. Entomostraca sen insecta testacea quae in aquis Daniae cl Norweyiae re-
peril, etc., pp. 63-67.
DES ENTOMOSTRACKS FOSS1LES. 55
les caracteres ci-dessus dnonces, que j'avais etc conduit, en 1847 *, a
considerer le tubcrcule subcentral dans ces dernieres, comme repondant
aussi a la place des organes de la vue de 1'animal , et par suite a les ranger
dans le genre qui a die etabli par le celebre naturaliste francais. Toutes
ces especes , ainsi que les Cytherella , les Hairdia et les Cythcridea e'taient
encore confonducs alors par lesauteurs, sous la denomination generique
de Cytliere, donne'e, en 1785, a quelques especes vivantes des c6les du
Danemark et de la Nonvege, par Miiller, et que Lamarck s'avisa de
changer sans motifs, en 1818, en celui de Cytkcr'ma.
L'animal des Cylhere n'a qu'un seul ceil conique ; il a deux antennes
cylindriques , composees de cinq articles setiferes , et deux antennes po'di-
formes qui , au lieu d'etre pourvues d'uu paquet de soies , comme celles
des Cypris, possedent un Qlament articule fort; il a trois paires de pattes
gr6les et cylindriques, qui paraissent toutes au dehors de la carapace, et
dont la paire posterieure est plus longue que les deux autres paires. Les
Cythere sont marines, grimpent sur le fond de la mer ou sur les fucus et
les flustres, et ne sont probablement que littorales.
Le genre Cythere, dont les naturalistes n'ont fait connaitre jusqu'a pre-
sent qu'un nombre tres-restreint d' especes vivantes, a de nombreux re-
pre'sentants fossiles. Les terrains paleozoi'ques paraissent n'en renfermer
que tres-peu d'especes ; suivant M. Jones, il n'en existe que quatre a cinq
dans le lias et dans les terrains oolitiques ; j'en connais trente dans les sys-
temes moyen et superieur du terrain cretace et environ soixante et dix
dans les divers etages du terrain tertiaire, auxquelles viennent se joindre
quarante nouvelles, que je viens de decouvrir dans les trois systemes du
d^p6t tertiaire de la France et de la Belgique. Parmi ces dernieres es-
peces, deux ont leurs identiques vivants dans nos mers actuelles.
1 Bosquet, 1847. Description den Enlamostracts fossiles de la craie de Maeslricht . pp. 9 et
suivantes.
56 DESCRIPTION
1. CYTHERE FABOIDES, nov. spec., 1850.
PI. II, fig. 8, a, ft, c, d.
Valves reniformes, arrondies en avant et obliquement tronquees en
arriere. Leur bord superieur est arque et 1'inferieur assez fortement sinue.
Leur voutedorsale, quiest fortement bombee, se rattache, par une pente
assez douce, au bord anlerieur et par une pente tres-rapide aux bords su-
perieur, inferieur et posterieur. Toute la surface est ornee de points creux
arrondis , peu profonds et disposes par series concentriques. La carapace
presente une section transversale a contour subcirculaire.
Rapports et differences. Cette Cythere, qui a presque la meme forme
que la Cypris faba , mais qui est beaucoup plus petite , se distingue faci-
lement de toutes ses congeneres, par le contour reniforme de ses valves.
Dimensions. Longueur 0,55 de millimetre , hauteur 0,55 de milli-
metre et epaisseur 0,5 de millimetre.
Gisement et localites. J'ai tr